L'UE veut faire front commun face à la crise

le 13 septembre 2008 à 16h13 , mis à jour le 13 septembre 2008 à 16h17

L'Union européenne a défini samedi une stratégie commune pour répondre au ralentissement économique.

Lagarde Bruxelles BercyChristine Lagarde © Abacapress

Les membres de l'Union européenne sont parvenus samedi à un diagnostic commun sur le ralentissement économique et se sont entendus sur les réponses à y apporter, en admettant une certaine tolérance budgétaire sans laisser filer les déficits. Les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis en cette fin de semaine à Nice au moment où, après un bon premier trimestre, le produit intérieur brut de la zone a reculé de 0,2% en avril-juin, sa première contraction en dix ans d'existence de la monnaie unique. La Commission européenne ne prévoit désormais qu'une croissance de 1,3% sur l'ensemble de 2008.

"Nous avons ensemble des moyens de répondre à la situation économique", a déclaré Christine Lagarde après la réunion informelle à Nice. "Notre stratégie repose sur quatre piliers : le premier d'entre eux est le pilier de la politique budgétaire dans le cadre du respect du pacte de stabilité et de croissance", a ajouté la ministre française de l'Economie lors d'une conférence de presse. "Deuxième pilier : refuser l'immobilisme ou l'attentisme et poursuivre les réformes structurelles", a-t-elle poursuivi. Les troisièmes et quatrièmes piliers énoncés par Christine Lagarde concernent le financement de l'économie et la réponse apportée aux causes de la crise financière.

"Tout le monde ou presque a été surpris"

A la demande des Etats membres, la Banque européenne d'investissement mobilisera ainsi 30 milliards d'euros sur la période 2009-2012 pour soutenir la croissance. Les Vingt-Sept ont également posé les bases d'un système unifié de supervision financière à l'échelle européenne.

La veille, Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, avait reconnu que "le ralentissement de la zone euro est plus prononcé que ce que nous ne l'envisagions avant l'été", et que "tout le monde ou presque a été surpris par la contraction de l'activité depuis le début de l'été". Reprenant le vocabulaire cher à la présidence française, il avait souligné que "face à un choc commun, il convient d'adopter des réponses communes", évoquant déjà la possibilité de laisser jouer les "stabilisateurs automatiques". Ils supposent, par exemple, qu'un pays qui perd de la recette budgétaire à cause du ralentissement économique - puisqu'il perçoit moins d'impôts - ne soit pas tenu de compenser cette perte, à condition qu'il maintienne son effort en matière de dépense. Les pays qui disposent de marges de manoeuvre budgétaires peuvent, eux, faire de la dépense pour soutenir de manière ciblée leur activité comme l'Espagne en a déjà pris l'initiative avec un plan de relance de 20 milliards d'euros.

D'après agence

le 13 septembre 2008 à 16:13
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