© AFP![]() |
La crise financière est bel et bien aux portes de l'Europe. Lundi, la Banque centrale européenne a abreuvé une nouvelle fois le marché monétaire avec 120 milliards d'euros de liquidités, alors qu'au même moment la crise menaçait le franco-belge Dexia, après la nationalisation partielle de Fortis et celle de B&B au Royaume-Uni dimanche. Leader mondial du financement des collectivités locales, le groupe franco-belge Dexia est en effet fragilisé depuis le début de la crise par les difficultés de FSA, sa filiale américaine spécialisée dans le rehaussement de crédit qui a accumulé près d'un milliard de dollars de pertes sur les trois derniers trimestres. Or, Le Figaro assure que le groupe s'apprête à lancer prochainement une augmentation de capital afin de "reconstituer ses fonds propres et rassurer les marchés". Des informations qui ont fait aussitôt chuter le titre en Bourse, lequel accusait une baisse de 24,6% à 7,59 euros vers 14h50 après être tombée jusqu'à 6,62 euros, un plus bas depuis la création du groupe à la fin des années 1990.
Dexia, qui a annoncé la semaine passée tabler sur des pertes d'environ 350 millions d'euros liées à son exposition sur Lehman Brothers, la banque d'investissement américaine qui vient de déposer son bilan, s'est refusé jusqu'à présent à tout commentaire sur ces informations du Figaro ; un porte-parole a simplement réitéré que la situation de liquidité de Dexia était "tout à fait saine" et que les événements récents autour de son concurrent Fortis n'avaient aucun impact sur celle-ci. Le groupe assure qu'il continue d'évaluer une réponse à la crise financière alors qu'un conseil d'administration extraordinaire était organisé lundi soir.
Les gouvernements montent au créneau
Pourtant, après Fortis, les gouvernements se tiennent prêts à intervenir sur le cas Dexia. Lundi soir, l'Etat fédéral et les trois régions de Belgique se sont mis d'accord pour participer à une renflouage financier du groupe. Un peu plus tôt dans la journée, la ministre française de l'Economie Christine Lagarde avait assuré que la Caisse des dépôts "prendra ses responsabilités en tant qu'actionnaire" de Dexia, rappelant en outre qu'il n'y avait "pas de risque" pour les déposants français puisque "Dexia n'a pas de déposants en France". Actuellement, les grands actionnaires de Dexia, les belges Arcofin, Holding Communal et Ethias ainsi que la Caisse des dépôts française (et sa filiale CNP) détiennent 51,9% de son capital. A elle seule, la Caisse des dépôts, considérée comme le "bras financier" de l'Etat (elle gère au total plusieurs dizaines de milliards d'euros, investis notamment dans les plus grands groupes français), détient environ 11%.
En Allemagne, c'est au secours de la banque Hypo Real Estate que le gouvernement a volé lundi, Berlin et un consortium de banques étant d'accord pour fournir des garanties de crédit à la banque, représentant 35 milliards d'euros. Depuis le début de la crise, c'est le cinquième établissement allemand à bénéficier ainsi de l'aide de l'Etat. Spécialisée dans le crédit immobilier commercial, Hypo souffre actuellement de son incapacité à se financer alors que le financement interbancaire s'est évaporé.
D'après agence
Retour MYTF1
Un ancien responsable de Goldman Sachs à la tête de la BCE ?

Chargement en cours...




