La ministre de l'Economie Christine Lagarde, le 20 septembre 2008 © TF1/LCIAlors que le système bancaire américain subit toujours les effets désastreux de la crise des subprimes, ce qui a obligé le gouvernement Bush à mettre sur pied un plan de plusieurs centaines de milliards de dollars, toujours en attente d'approbation du Congrès, la crise financière se propage en Europe. Les Européens, qui appellent depuis des mois à renforcer leur coordination en matière de supervision financière avec des avancées seulement modestes jusqu'ici, sont confrontés pour la première fois à un cas concret avec une crise touchant un groupe transfrontalier : le bancassureur belgo-néerlandais Fortis. Une course contre la montre a été engagée au plus haut niveau politique pour le sauver, tandis qu'au Royaume-Uni, une nouvelle nationalisation bancaire se profile avec les difficultés de Bradford and Bingley.
Qu'en est-il en France ? Les banques françaises n'ont pas montré jusqu'ici de signes annonciateurs de faillite, même si elles ont toutes annoncé plusieurs milliards d'euros de pertes dans l'affaire des subprimes. Le Crédit agricole a été la plus touchée avec jusqu'ici 6,5 milliards de pertes liées à cette affaire à ce jour. Et la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, se veut optimiste. "Nos banques font à 75% des activités de dépôt et elles ont pour 25% une clientèle d'affaires (...) Leur modèle est beaucoup plus équilibré et je pense qu'avec le système de réglementation que nous avons, notre système est solide", a-t-elle assuré dimanche.
"Personne ne sait véritablement ce qui va se passer"
"Tout le monde peut s'accorder pour dire que les banques françaises sont en situation de risque moins grand qu'aux Etats-Unis ou même dans d'autres pays européens", a renchéri sur France inter Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. Il a dit fonder cet optimisme sur deux raisons. Les banques françaises se seraient moins engagées dans l'immobilier et seraient moins parties à l'aventure dans des valeurs "fragiles", les produits financiers composés à partir des risques et des dettes des crédits immobiliers à risque américains. Le bras droit de Nicolas Sarkozy a convenu toutefois qu'il existait un point d'interrogation. "Personne ne sait véritablement ce qui va se passer", a-t-il admis. Il a souligné que les produits sophistiqués mis au point par les banques et leur opérations étaient devenus tellement complexes que les opérateurs eux-mêmes ne savaient plus très bien quel était le niveau de risque.
Qu'arriverait-il si, malgré tout, une faillite se profilait pour une grande banque française ? L'Etat français interviendrait, a assuré Claude Guéant, pour garantir les dépôts qui ne le sont pas par le Fonds créé en 1999 et couvrent jusqu'à 70.000 euros. L'Etat pourrait même aller "plus loin" en préservant la capacité d'action des banques. A Toulon la semaine dernière, Nicolas Sarkozy avait parlé de la possibilité d'apport en capitaux, ce qui a été mis en doute par les spécialistes car les capacités budgétaires françaises sont très obérées par des déficits déjà très importants. Le secrétaire général de l'Elysée a prôné donc de nouveau une intervention concertée au niveau de l'Union européenne et répété que Nicolas Sarkozy ferait prochainement des propositions à ce sujet à ses partenaires.
"Quelle serait la capacité de réaction de l'Europe en cas de faillite ? L'Europe n'est pas organisée pour cela", a-t-il souligné. Il n'exclut pas d'associer le FMI dirigé par l'ancien ministre PS de l'Economie, Dominique Strauss-Kahn.
D'après agence
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