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Les efforts des gouvernements européens pour sauver les grandes banques qui vacillent sous le choc de la crise de ce côté-ci de l'Atlantique ne rassurent pas les bourses. Lundi, les grandes places européennes ont toutes replongé, avant même que le plan américain de sauvetage du système bancaire ne soit rejeté par la chambre des représentants (lire notre article).
A Paris, le CAC 40 a enfoncé la barre des 4000 points lundi, terminant sur une perte de 5,04% à 3953,48 points. Le marché parisien s'inquiète tout particulièrement des défaillances en cascade du secteur financier européen, après la nationalisation partielle du belgo-néerlandais Fortis et le démantèlement de la banque britannique Bradford & Bingley. Le volume de transactions a été relativement limité avec un total de 7,58 milliards d'euros, dont 5,77 milliards d'euros sur les seules valeurs de l'indice CAC. Les autres grandes places européennes ont également abandonné 4% à 5% dans la journée : la Bourse de Londres a perdu 4,97% et celle de Francfort 4,23%. Du côté des indices paneuropéens, l'EuroStoxx 50 a abandonné 4,29% et l'EuroFirst 300 a chuté de 4,95%. A Moscou, l'indice boursier Micex a plongé de 5,50% et le RTS, coté en dollars, de 7,11%. La plus forte baisse revenant à la Bourse d'Amsterdam, qui a clôturé en baisse de 8,75%.
Les établissements réticents à prêter de l'argent
Autre signe d'angoisse des marchés : le taux interbancaire à trois mois offert à Londres et exprimé en dollars (Libor), est monté lundi à 3,8825% contre 3,7618% vendredi, accentuant sa violente hausse de la semaine dernière. Cette forte hausse trahit la réticence des établissements financiers à se prêter de l'argent et renchérit d'autant l'accès au crédit des banques qui ont besoin de liquidités. Face à cette contraction, les banques centrales ont de nouveau intensifié leurs opérations pour apporter des liquidités sur le marché et soulager les banques. La Réserve fédérale américaine a annoncé lundi qu'elle augmentait de 330 milliards de dollars les lignes de crédit qu'elle accorde aux autres banques centrales pour leur permettre de faire des prêts en dollars, pour les porter au total à 620 milliards de dollars. Ces accords de "swap" concernent la Banque centrale européenne (BCE), la Banque d'Angleterre, la Banque du Canada, la Banque du Japon, ainsi que les banques centrales de la Suisse, de la Norvège, de la Suède, du Danemark et de l'Australie.
L'Euribor à trois mois, l'un des principaux taux de référence du marché monétaire de la zone euro, a aussi nettement augmenté à 5,237% contre 5,142%. Signe du niveau exceptionnel de stress sur ce marché, il n'avait pas dépassé les 5% entre la fin 2000 et la mi-septembre 2008. Les bons du Trésor américain, traditionnel refuge pour les investisseurs en quête de placements sûrs, continuaient de leur côté à profiter de cette crise de confiance: leur niveau à trois mois reculait à 0,66%, contre 0,84% vendredi. Ces rendements évoluent à l'inverse du prix.
D'après agence
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