Nouveau trou d'air pour le CAC 40

le 15 septembre 2008 à 14h01 , mis à jour le 15 septembre 2008 à 23h03

L'indice de la Bourse de Paris a perdu lundi 3,78%, sa plus forte chute depuis février dernier, en raison de la crise financière et bancaire aux Etats-Unis.

Salle des marchés Salle des marchés © TF1/LCI

Le rebond de la semaine dernière est déjà oublié : la Bourse de Paris a plongé ce lundi. Elle a même subi sa quatrième plus violente chute de l'année, le CAC 40 plongeant de 3,78% après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, dans un marché inquiet du sort de plusieurs autres acteurs majeurs de la finance. L'indice vedette a lâché 163,69 points à 4168,97 points, dans un volume d'échanges très élevé de 8,7 milliards d'euros. Convaincus vendredi d'un sauvetage imminent de Lehman Brothers, les investisseurs ont été "douchés par sa faillite, qui montre que les autorités américaines ne sont pas prêtes à sortir le carnet de chèques au moindre pépin", explique Guillaume Garabédian, gérant chez Meeschaert. Cette annonce s'est accompagnée d'une série de rumeurs défavorables sur la banque Washington Mutual et l'assureur américain AIG, entretenant "une crise de confiance sans précédent, qui a envoyé les valeurs financières par le fond", selon un vendeur d'actions parisien.

Les banques françaises n'annonçant pas leurs résultats avant un mois, leurs titres ont été sanctionnés sans distinction à Paris, BNP Paribas finissant en  baisse de 7,16% à 59,92 euros, Crédit Agricole de 9,19% à 12,74 euros, Dexia de 9,24% à 9,52 euros et Société Générale de 9,64% à 58,74 euros. Axa a souffert dans les mêmes proportions, lâchant 8,52% à 20,35 euros, victime notamment des déboires de son concurrent américain AIG, contraint de lever des fonds pour survivre.

Quel impact pour les banques françaises ?

Les "répercussions" de la faillite de Lehman Brothers sur les banques françaises devraient être "limitées", a assuré lundi Christine Lagarde. Sur la même ligne, la directrice générale de la Fédération bancaire française, Ariane Obolensky, avait déjà publié une déclaration se voulant rassurante sur le système bancaire français. "Les banques françaises sont solides et assurent le financement de l'économie dans des conditions normales", avait-elle assuré. "Le dispositif adopté aux Etats-Unis correspond à une situation de crise qui n'a pas d'équivalent en France". Mais pour l'heure, les grandes banques françaises n'ont pas chiffré le montant de leur exposition à un risque de défaillance de Lehman, à l'exception de la  franco-belge Dexia qui l'a estimée à 500 millions d'euros.

Signe de la fébrilité sur les marchés internationaux, les principales places boursières européennes ont également fortement reculé lundi. La Bourse de Francfort s'affichait à la cloche de clôture en recul de 2,74%, celle de Londres de 3,92%. Jean-Claude Trichet, président de la BCE, a refusé de s'exprimer directement sur le regain de tensions sur les marchés. Son institution a injecté 30 milliards sur le marché monétaire, où les banques se prêtent de l'argent entre elles, par le biais d'une opération de refinancement rapide. Une bouffée d'oxygène pour les établissements de crédit, qui pourrait ne pas être suffisante, selon des experts.

Fébrilité sur les Bourses américaines

Sur le continent américain, la Bourse de New York a terminé en fort repli, le Dow Jones perdant 4,42% et le Nasdaq 3,60%, tandis que la Bourse de Sao Paulo, première place financière d'Amérique du sud, a clôturé en chute de 7,59%.

Aux Etats-Unis même, d'où est partie la crise, les candidats tant républicain que démocrate soulignent la nécessité de revoir et moderniser le système financier américain. Côté républicain, John McCain a estimé lundi que la crise des marchés financiers avait "un coût énorme" pour l'économie et promis, s'il est élu président, de rebâtir "la  confiance" pour que les Etats-Unis demeurent "le marché financier prééminent dans le monde". Côté démocrate, Barack Obama, qui réclame depuis longtemps un réexamen des procédures de régulation du système financier, en estimant que la crise des crédits immobiliers trouve en partie son origine dans le manque de transparence et de responsabilisation du système financier, a évoqué "une grande menace pour notre économie, pour sa capacité à créer des emplois bien rémunérés et à continuer d'aider les Américains à payer leurs factures, à épargner pour leur avenir et à rembourser leurs emprunts immobiliers".

D'après agence

le 15 septembre 2008 à 14:01
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4 Commentaires

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  • YVES, le 15/09/2008 à 15h45

    Voila ou conduit la course effrénée aux profits,à la spéculation et à la rentabilité immédiate des actionnaires. Je vais finir par croire qu'il y a une morale en politique.

  • Agatts, le 15/09/2008 à 15h40

    FInalement, après des mois de langues de bois, on pourrait pas appeler ça une vraie crise économique ? La troisième depuis la dernière guerre. Probablement la plus durable, tout-à-fait comparable à celle de 1929. Peut-être le déclic qui modifiera enfin nos comportements et surtout ceux des nantis ?

  • Eric, le 15/09/2008 à 15h17

    Qui va encore payer les pots cassés? Belle inflation en perspective!

  • Michel, le 15/09/2008 à 14h59

    Ah ! nos financiers si sûrs d'eux, avec leurs théories complexes : ils n'ont rien vu venir - mais où est passé c'est argent ?

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