© AFP/T. SloanAlors que le camp démocrate a accusé jeudi John McCain d'avoir plongé les négociations sur le plan de sauvetage du système financier américain dans la tourmente en souscrivant à un projet alternatif, la situation sur le front bancaire ne s'améliore pas, loin s'en faut, puisque les autorités ont dû se résigner à prononcer la faillite de Washington Mutual, première caisse d'épargne des Etats-Unis.
La faillite aurait pu être évitée
JPMorgan Chase & Co a annoncé avoir repris les dépôts de l'établissement, plombé par des pertes liées aux crédits immobiliers à risques. Washington assure que l'opération sera sans conséquences pour les clients de WaMu, fondée en 1889 à Seattle. Un accord sur le plan de sauvetage aurait pu éviter cette faillite d'une ampleur sans précédent dans le secteur bancaire américain. La recherche d'un éventuel repreneur a pâti des doutes suscités par les négociations sur ce plan. Pourtant, un accord semblait imminent jusqu'à la réunion organisée à la Maison blanche en présence du candidat républicain à la présidence John McCain, de son rival démocrate Barack Obama. Des représentants républicains ont alors présenté un plan alternatif auquel McCain a apporté son soutien, selon le camp démocrate.
Exhorter les républicains
Le plan alternatif avancé par l'aile conservatrice du groupe républicain propose au gouvernement de garantir une moitié des titres liés aux crédits qui ne sont pas encore garantis et prône en outre des baisses d'impôts temporaires et invite les institutions financières parties prenantes du programme à davantage de transparence. Le secrétaire au Trésor Henry Paulson et le président de la réserve fédérale Ben Bernanke, principaux architectes du plan originel, se sont rendus en urgence au Capitole dans la soirée pour exhorter les républicains à renoncer à leur projet. "Il est essentiel que ce dispositif législatif soit adopté rapidement. Nous avons des craintes sérieuses au sujet de l'état de notre marché des crédits", a souligné un porte-parole de la Maison blanche.
Reprise des négociations vendredi
Christopher Dodd, président de la commission bancaire du Sénat, selon lequel les négociations pourraient s'étaler jusqu'au week-end, a fustigé l'attitude de McCain, qui avait pourtant suspendu sa campagne la veille pour se consacrer à la crise. "Mon inquiétude c'est que, lorsqu'on instille des enjeux politiques présidentiels dans de délicates négociations, on peut créer davantage de problèmes qu'on en résout", a quant à lui commenté Barack Obama.
Les informations faisant état de l'imminence d'un accord avait auparavant stabilisé des marchés passablement malmenés. Les Bourses européennes ont ainsi terminé en hausse de 2%, tandis qu'à Wall Street, le Dow Jones s'adjugeait 1,82%, malgré la publication d'indicateurs macro-économiques encore dégradés. Selon Barney Frank, président démocrate de la commission des services financiers de la Chambre de représentants, les négociations se poursuivront vendredi.
Le président américain George W. Bush et son homologue français Nicolas Sarkozy ont discuté vendredi des perspectives du plan de sauvetage du système financier américain, a annoncé la Maison Blanche.
(D'après agence)
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