Le sauvetage de l'assureur AIG par la réserve fédérale américaine semblait avoir porté ses fruits en inversant la tendance à la baisse de l'ensemble des places boursières. Hélas, jeudi matin, les Bourses d'Asie-Pacifique recommençaient à dégringoler lourdement dans le sillage de Wall Street la veille, les investisseurs craignant de nouvelles catastrophes dans le secteur financier.
A Tokyo, qui avait connu un court répit mercredi, l'indice Nikkei des valeurs vedettes plongeait de 3,18% en milieu de séance et évoluait à son plus bas niveau en plus de trois ans, plombé par les valeurs bancaires et par celles des grands exportateurs japonais qui risquent de pâtir de la crise. Vers 2h55, l'indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong s'effondrait de 5,02%, l'indice composite de Shanghai de 4,63%, le Straits Times de Singapour de 3,56%, le Kospi de Séoul de 3,25% et le S&P/ASX200 de Sydney de 3,83%. Au même moment, Manille chutait de 3,40% et Taïpeh de 3,65%. Sous l'effet de nouvelles attaques contre les valeurs financières, Wall Street avait connu mercredi une nouvelle déroute, la nationalisation de l'assureur AIG confortant les analyses les plus pessimistes sur la gravité de la crise: le Dow Jones avait lâché 4,06% et le Nasdaq 4,94%. Les marchés européens et latino-américains avaient également connu une journée noire. Après AIG, Lehman Brothers, Freddie Mac, Fannie Mae, Bear Sterns et autres, les investisseurs se demandent quel sera le prochain géant américain de la finance à chuter, ont expliqué les opérateurs asiatiques, selon qui les marchés bruissent de rumeurs toutes plus effrayantes les unes que les autres.
"Ca fait peur"
Au Royaume-Uni, la banque britannique HBOS, dont le cours de Bourse s'est effondré depuis le début de la semaine, a été rachetée ipar sa compatriote et rivale Lloyds TSB. Et aux Etats-Unis, les rumeurs de réorganisation du système bancaire vont bon train. Le New York Times a affirmé mercredi soir que la banque d'affaires américaine Morgan Stanley, qui a perdu plus de la moitié de sa valeur en Bourse depuis une semaine, négociait une fusion avec la banque généraliste Wachovia. La chaîne financière américaine de télévision CNBC a rapporté de son côté que Morgan Stanley, dernière grande banque d'investissement indépendante de Wall Street avec Goldman Sachs, négociait avec la banque chinoise CITIC. "Ce qui est en train de se produire dépasse l'entendement, cela fait peur pour l'économie réelle pour les dix prochaines années", a commenté un analyste de Citigroup basé à Londres. "Le plus stupéfiant, c'est la vitesse avec laquelle des institutions plus que centenaires sont capables de s'écrouler. Plus de la moitié de la capitalisation de HBOS s'est évaporée en deux heures", s'est-il exclamé.
Pour tenter de calmer les marchés une nouvelle fois, la Banque du Japon (BOJ) a injecté jeudi
1500 milliards de yens (10 milliards d'euros) dans le circuit bancaire, portant à 7000 milliards de yens (46,7 milliards d'euros) les sommes allouées aux banques depuis le début de la semaine. Par ailleurs, plusieurs grandes banques centrales ont annoncé jeudi une action coordonnée destinée à améliorer la liquidité des marchés financiers, dans des communiqués. Les Banques centrales (Fed, BCE, Angleterre, Canada, Japon, Suisse) vont lancer des opérations de refinancement en dollars visant à apaiser "les pressions à court terme qui restent élevées sur le marché", indique notamment la Banque centrale européenne (BCE) dans un communiqué. Pour sa part, La Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé son intention d'apporter 180 milliards de dollars de liquidités aux marchés financiers.
(D'après agence)








