Une plateforme d'exploration pétrolière offshore. © CNRS ImagesRéunis mardi à Vienne, les 13 pays membres de l'Opep devraient, selon toute vraisemblance, laisser leur production officielle inchangée mais pourraient officieusement baisser l'offre réelle. "Il n'y a pas de recommandation", a déclaré le ministre iranien du pétrole Gholam Hossein Nozari, en sortant de la réunion du Comité de politique de l'Opep -- l'instance sensée indiquer la conduite à tenir avant la réunion.
Ces propos reflètent les divisions au sein du cartel pétrolier dans un contexte d'inquiétudes grandissantes face à la dégringolade des prix. Montés jusqu'à 147,50 dollars en juillet, les cours sont tombés sous 103 dollars lundi.
D'un côté, les pays du Golfe semblent favorables à un maintien à l'identique de la production - 32,8 millions de barils par jour, soit 40% environ de l'offre mondiale; de l'autre les tenants d'une ligne dure, comme l'Iran, le Venezuela, la Libye ou l'Algérie, sont pressés d'enrayer la chute des prix. Ils font valoir que l'Opep produit trop et craignent un engorgement du marché. "Tout le monde est d'accord sur le fait qu'il y aura un problème de surproduction de 500.000 à 1 million (de barils par jour) d'ici l'année prochaine", a ainsi affirmé l'algérien Chakib Khelil, actuel président de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).
Ryad aura le dernier mot
Si une baisse des niveaux officiels de production semble écartée, les "faucons" du cartel militent en faveur d'une réduction officieuse : une manière politiquement correcte de réduire l'offre réelle du cartel pétrolier, qui dépasse d'un million de barils par jour les objectifs affichés.
Les pays qui, à l'instar de l'Iran, appellent à plus de discipline vis à vis des quotas visent en première ligne l'Arabie saoudite : Ryad pompe à des niveaux record, autour de 9,6 mbj en juillet, alors que son quota n'est que de 8,94 mbj. Au printemps, le royaume wahhabite avait unilatéralement décidé d'augmenter de 500.000 barils par jour son offre pour donner un gage de bonne volonté aux pays consommateurs et tenter d'enrayer la flambée des prix pétroliers.
Leader de facto du cartel pétrolier, Ryad aura le dernier mot. Elle n'a pas encore fait connaître sa position. Elle pourrait maintenir cette cadence ou ramener peu à peu sa production plus près de ses niveaux du début de l'année.
(D'après agence)
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