Sans-plomb: Lagarde s'interroge, les pétroliers rétorquent

Par D.H. (avec agence), le 11 septembre 2008 à 15h49 , mis à jour le 11 septembre 2008 à 23h01

Alors que le baril est repassé sous les 100 dollars, une première depuis avril, la ministre de l'Economie veut des explications sur le prix du sans plomb.

Christine Lagarde.Christine Lagarde. © TF1/LCI

Pourquoi la baisse du pétrole n'est-elle pas répercutée aussi vite sur le sans-plomb que sur le diesel ? C'est ce que compte demander Christine Lagarde aux producteurs pétroliers, alors que le baril de pétrole est tombé cette semaine sous les symboliques 100 dollars (lire notre article), après avoir atteint des sommets en juillet (près de 150 dollars). "Autant le prix du gasoil a fortement baissé, dans les mêmes proportions que le prix du baril, en revanche, sur le SP95 et SP98, la baisse est plus modérée", a souligné la ministre de l'Economie, jeudi sur France Inter. "Je veux arriver à comprendre exactement comment ils (les producteurs pétroliers) m'expliquent cette différence", a poursuivi la ministre, excluant toutefois de les convoquer à Bercy.
 
Les prix des carburants sont repartis à la baisse la semaine dernière. Le litre de gazole, carburant le plus consommé en France, s'est vendu en moyenne 1,3245 euro contre 1,3361 la semaine précédente et le litre de super sans-plomb 95 1,4255 euro contre 1,4364. Le prix du baril sur les marchés est répercuté à la pompe en France dans un délai variant de 10 à 15 jours.
 
Le pourquoi des pétroliers
 
Alors ? La réponse n'a pas tardé du côté des pétroliers, qui n'ont pas manqué d'arguments pour rejeter la balle dans le camp du gouvernement. La baisse des prix des carburants est moins importante que celle du pétrole en raison des taxes et du recul de l'euro, affirme l'Union française des industries pétrolières (Ufip), arguant qu'en euros et hors taxes, la baisse des prix à la pompe est "dans la moyenne" de la baisse des prix du brut sur les marchés mondiaux. Depuis début juillet, le prix du pétrole brut en euros a baissé de 17%, tandis que celui du gazole hors taxes a baissé de 20% et celui de l'essence hors taxes de 14%, selon l'Ufip.
 
Et l'Ufip de reprendre point par point les raisons pour lesquelles la baisse de l'essence ne reflète pas totalement la baisse du pétrole. L'euro, dit l'Ufip, a beaucoup baissé par rapport au dollar, monnaie d'échange pour le pétrole. Quand la devise européenne chute de 10% par rapport au dollar, cela limite la baisse des prix des carburants à la pompe de 8 centimes, souligne l'Ufip. Et puis, "la moitié du prix" des carburants à la pompe est composé de taxes, notamment de la fameuse taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), dont le taux est fixe et qui porte sur les volumes consommés, rappelle l'Ufip. Dernier argument avancé par l'Ufip : les prix hors taxes de l'essence ont moins baissé que ceux du gazole en raison de "phénomènes saisonniers" sur les marchés mondiaux.

Par D.H. (avec agence) le 11 septembre 2008 à 15:49
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