Image d'archives © DRSuivez en direct jeudi à 18 heures 30, le discours de Nicolas Sarkozy sur la politque économique
Nicolas Sarkozy aime les défis, il va être servi. Avec près de deux Français sur trois qui jugent mauvaise la politique du gouvernement (Voir notre encadré), le chef de l'Etat va devoir déployer jeudi à Toulon des trésors de conviction pour rassurer un pays gagné par la sinistrose économique. Devant 4.000 personnes, il va tenter selon son entourage de "mettre en perspective la politique économique du gouvernement". Selon plusieurs députés UMP qu'il a reçus à midi dans une "ambiance très détendue", le chef de l'Etat devrait insister sur la nécessité pour l'Europe d'être "aussi réactive que les Etats-Unis en cas de crise de ce genre. Il faut nous doter des mêmes instruments qu'eux au niveau politique". Par ailleurs, il devrait insister sur la nécessité de revoir l'aménagement du territoire français, avec les réformes de la carte militaire, hospitalière et bientôt hospitalière.
La "mise en perspective" de sa politique apparaît cruciale dans un climat assombri par la crise financière et une croissance en berne et à la veille de la présentation du projet de loi de finances 2009-2011. Les grandes figures du gouvernement feront bloc. François Fillon, et le "tout Bercy" (les ministres de l'Economie Christine Lagarde et du Budget Eric Woerth, les secrétaires d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez et à l'Industrie Luc Chatel) seront aux premiers rangs pour écouter le président de la République comme Jean-Louis Borloo (Ecologie) et Xavier Bertrand (Travail).
Face à cet auditoire, le chef de l'Etat est pourtant à court de cartouches. Les caisses de l'Etat sont vides et les taxes "bonus-malus" n'ont plus le vent en poupe, Sarkozy devra donc convaincre les Français qu'il tient le cap des réformes économiques sans nécessairement faire des annonces. Il pourrait dans cet objectif décliner les grandes lignes de son discours à l'ONU sur la moralisation du capitalisme. Et en profiter pour relancer un projet de loi contre les parachutes dorés des grand patrons, une mesure qui a l'avantage de ne rien coûter.
L'opposition en embuscade
Prenant la parole mardi devant l'Assemblée générale des Nations Unies, Nicolas Sarkozy avait proposé à ses pairs de se réunir avant la fin de l'année pour "réfléchir ensemble aux leçons à tirer" de la "plus grave" crise financière depuis les années 1930. La veille, également à New York, il avait réclamé "vérité", "franchise" et "sanctions" contre les responsables du "désastre" financier.
Il n'en fallait pas plus pour susciter attaques et railleries de l'opposition. Bertrand Delanoë a qualifié mercredi le discours d'"assez choquant". Le maire de Paris a poursuivi en expliquant qu'étant au pouvoir, c'est à lui "de rendre des comptes". Le président "se paie de mots", avait réagi de son côté François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste. Le parti socialiste avait demandé "un débat en urgence" sur la situation économique dès le début de la session extraordinaire du Parlement, qui a démarré lundi, et les communistes s'étaient étonnés du "silence assourdissant" du président face à la crise.
"Le voyage de M. Sarkozy à New York restera comme une date importante dans son histoire personnelle, celle où il est devenu le roi de la régulation de l'économie, quand à Paris il reste le chantre de la dérégulation et de l'ouverture irréfléchie des marchés", pointait de son côté Julien Dray mercredi. Et le porte-parole du PS de faire la leçon au président de la République : "Plutôt que des leçons magistrales outre-Atlantique, nous attendons de lui qu'il tire les conséquences politiques de sa prise de conscience, et qu'il mette à profit la présidence de l'Union européenne pour combattre la crise avec les moyens appropriés".
| Les Français toujours sévères... mais un peu moins |
La politique économique du gouvernement est toujours jugée mauvaise par une large majorité de Français mais les bonnes opinions progressent, pour la première fois depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, selon un sondage BVA pour Les Echos mercredi. D'après l'enquête, 62% des personnes interrogées désapprouvent la politique économique du gouvernement (40% la jugent "plutôt mauvaise" et 22% "très mauvaise") et 32% des sondés la soutiennent (29% la trouvent "plutôt bonne" et 3% "très bonne"). Le nombre d'avis négatifs recule de 1 point par rapport à juin, tandis que celui des appréciations favorables enregistre une hausse de 4 points par rapport au mois de juin. Selon BVA, "ce rebond, même s'il est léger est d'autant plus significatif qu'il est le premier depuis l'élection de Nicolas Sarkozy (depuis mai 2007 la courbe n'avait jamais cessé de décroître ou de stagner)". Cette amélioration s'explique par une "bonne appréciation des dernières mesures phares annoncées par le gouvernement (RSA, prime transport et bonus-malus écologique), estime l'institut de sondage. Sur le front du moral, celui des industriels français a poursuivi sa chute en septembre, s'effondrant à 92 points, son plus bas niveau depuis août 2003, a annoncé mercredi l'Insee, selon qui l'activité devrait continuer à ralentir au cours des prochains mois. |
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