Sarkozy attendu au tournant

Par Olivier LEVARD avec agences, le 24 septembre 2008 à 16h37 , mis à jour le 25 septembre 2008 à 17h08

Attaqué pour son silence, le chef de l'Etat va devoir convaincre à 18h30 sur une politique économique qui laisse les Français inquiets et sceptiques.

Nicolas Sarkozy SantéImage d'archives © DR

Suivez en direct jeudi à 18 heures 30, le discours de Nicolas Sarkozy sur la politque économique

Nicolas Sarkozy aime les défis, il va être servi. Avec près de deux Français sur trois qui jugent mauvaise la politique du gouvernement (Voir notre encadré), le chef de l'Etat va devoir déployer jeudi à Toulon des trésors de conviction pour rassurer un pays gagné par la sinistrose économique. Devant 4.000 personnes, il va tenter selon son entourage de "mettre en perspective la politique économique du gouvernement". Selon plusieurs députés UMP  qu'il a reçus à midi dans une "ambiance très détendue", le chef de l'Etat devrait insister sur la nécessité pour l'Europe d'être "aussi réactive que les Etats-Unis en cas de crise de ce genre. Il faut nous doter des mêmes instruments qu'eux au niveau politique". Par ailleurs, il devrait insister sur la nécessité de revoir l'aménagement du territoire français, avec les réformes de la carte militaire, hospitalière et bientôt hospitalière.
 
La "mise en perspective" de sa politique apparaît cruciale dans un climat assombri par la crise financière et une croissance en berne et à la veille de la présentation du projet de loi de finances 2009-2011. Les grandes figures du gouvernement feront bloc. François Fillon, et le "tout Bercy" (les ministres de l'Economie Christine Lagarde et du Budget Eric Woerth, les secrétaires d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez et à l'Industrie Luc Chatel) seront aux premiers rangs pour écouter le président de la République comme Jean-Louis Borloo (Ecologie) et Xavier Bertrand (Travail).
 
Face à cet auditoire, le chef de l'Etat est pourtant à court de cartouches. Les caisses de l'Etat sont vides et  les  taxes "bonus-malus" n'ont plus le vent en poupe, Sarkozy devra donc convaincre les Français qu'il tient le cap des réformes économiques sans nécessairement faire des annonces. Il pourrait dans cet objectif décliner les grandes lignes de son discours à l'ONU sur la moralisation du capitalisme. Et en profiter pour relancer un projet de loi contre les parachutes dorés des grand patrons, une mesure qui a l'avantage de ne rien coûter.
 
L'opposition en embuscade
 
Prenant la parole mardi devant l'Assemblée générale des Nations Unies, Nicolas Sarkozy avait proposé à ses pairs de se réunir avant la fin de l'année pour "réfléchir ensemble aux leçons à tirer" de la "plus grave" crise financière depuis les années 1930. La veille, également à New York, il avait réclamé "vérité", "franchise" et "sanctions" contre les responsables du "désastre" financier.
 
Il n'en fallait pas plus pour susciter attaques et railleries de l'opposition.  Bertrand Delanoë a qualifié mercredi le discours d'"assez choquant". Le maire de Paris a poursuivi en expliquant qu'étant au pouvoir, c'est à lui "de rendre des comptes". Le président "se paie de mots", avait réagi de son côté François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste. Le parti socialiste avait demandé "un débat en urgence" sur la situation économique dès le début de la session extraordinaire du Parlement, qui a démarré lundi, et les communistes s'étaient étonnés du "silence assourdissant" du président face à la crise.
 
"Le voyage de M. Sarkozy à New York restera comme une date importante dans son histoire personnelle, celle où il est devenu le roi de la régulation de l'économie, quand à Paris il reste le chantre de la dérégulation et de l'ouverture irréfléchie des marchés", pointait de son côté Julien Dray mercredi. Et le porte-parole du PS de faire la leçon au président de la République : "Plutôt que des leçons magistrales outre-Atlantique, nous attendons de lui qu'il tire les conséquences politiques de sa prise de conscience, et qu'il mette à profit la présidence de l'Union européenne pour combattre la crise avec les moyens appropriés".

Les Français toujours sévères... mais un peu moins

La politique économique du gouvernement est toujours jugée mauvaise par une large majorité de Français mais les bonnes opinions progressent, pour la première fois depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, selon un sondage BVA pour Les Echos mercredi. D'après l'enquête, 62% des personnes interrogées désapprouvent la politique économique du gouvernement (40% la jugent "plutôt mauvaise" et 22% "très mauvaise") et 32% des sondés la soutiennent (29% la trouvent "plutôt bonne" et 3% "très bonne").

Le nombre d'avis négatifs recule de 1 point par rapport à juin, tandis que celui des appréciations favorables enregistre une hausse de 4 points par rapport au mois de juin. Selon BVA, "ce rebond, même s'il est léger est d'autant plus significatif qu'il est le premier depuis l'élection de Nicolas Sarkozy (depuis mai 2007 la courbe n'avait jamais cessé de décroître ou de stagner)". Cette amélioration s'explique par une "bonne appréciation des dernières mesures phares annoncées par le gouvernement (RSA, prime transport et bonus-malus écologique), estime l'institut de sondage.

Sur le front du moral, celui des industriels français a poursuivi sa chute en septembre, s'effondrant à 92 points, son plus bas niveau depuis août 2003, a annoncé mercredi l'Insee, selon qui l'activité devrait continuer à ralentir au cours des prochains mois.

Par Olivier LEVARD avec agences le 24 septembre 2008 à 16:37
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14 Commentaires

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  • Imbécile, le 25/09/2008 à 14h14

    Fonctionnaire, mon employeur ne me propose pas d'heures supplémentaires, acheteur d'une maisonen 1999 je suis en avance pour avior la ristourne de 5 ans d'intérêts, pas assez riche je n'ai pas besion d'être couvert par le bouclier fiscal. Par contre, diabétique, je suis solidaire du plan bidon Alzheimer, adhérent d'une mutuelle, ma cotisation va augmenter de la nouvelle taxe sur ces organismes, sans parler du poisson, du RSA (j'ai un peu d'assurance-vie) du téléphone (pour compenser la publicité télévisée car je serais bien surpris que pon opérateur oublie d eme la facturer à son tour), du pique-nique.... (il y en a une nouvelle chaque mois). Plus le président s'agitera à mon convaincre, moins je le trouverais crédible

  • Françoise, le 25/09/2008 à 11h31

    A part "être en embuscade" je me demande ce que l'opposition sait faire ! Il ne faut pas tout mettre sur le dos de Nicolas Sarkosy. La France n'est pas un ilot qui s'autogère, elle doit également faire face à une crise mondiale. Le seul reproche que l'on peut lui faire est d'avoir été élu à ce moment là. Je ne vois pas très bien ce que l'opposition aurait pu faire de mieux face à une telle situation.

  • Michèle, le 25/09/2008 à 10h33

    Un grand nombre de Français et, bien entendu, ces Messieurs de l'opposition, attendent de notre Président qu'il change la situation économique mondiale ! Aux premiers, je dis "soyez réalistes" et aux seconds, "soyez honnêtes". Aucune mesure ne changera la spirale dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Nous pouvons juste tomber un peu plus bas et, lorsque nous serons couchés, nous relever. Quant à vous, Messieurs les financiers, il est grand temps d'arrêter de tricher... l'enfer vous attend !

  • TARTIFLETTE, le 25/09/2008 à 10h09

    La plupart des gens n'ont aucune idée de ce qu'est l'économie, ces sondages ne servent à rien il y a trop de manipulation de l'opinion et pas assez d'unité dans ce pays.

  • Alain, le 25/09/2008 à 09h37

    Bj,ancien socialiste demande à la gauche de laisser faire M Sarkozy,c'est facile de critiqué quand on n'est pas au gouvernement

  • Jean Louis, le 25/09/2008 à 06h58

    Pour tous les gouvernements de ces 15 dernières années, "ailleurs", c'est toujours mieux. Et on a copié sur "ailleurs". La preuve aujourd'hui que c'est faux. Chaque pays a son identité, ses valeurs, son propre fonctionnement. Alors, pourquoi vouloir toujours faire comme les autres, celà ne marche jamais. Améliorons nos façons de faire, mais dans notre identité Nationale.

  • Jean Bonnot, le 25/09/2008 à 01h48

    Le Président Sarkozy devrait demander au Parti Socialiste, par le truchement d'un débat parlementaire, quelle est la solution à la crise financière mondiale. On observerait d'abord un immense silence gêné puis une multitude de solutions bancales émergerait (autant que de chefs de l'armée mexico-socialiste).

  • Emeuric, le 24/09/2008 à 22h20

    Parce si c'était le PS, l'économie marcherait mieux?

  • Françoise, le 24/09/2008 à 21h31

    Que Nicolas SARKOZY prenne ses responsabilités et réponde honnêtement aux Français, plutôt que de prendre l'avion pour s'inquiéter de l'Europe et des bonnes relations entre les pays membres. Que de promesses non tenues, que les gens ne disent pas qu'il n'est pas seul a avoir créer ce désastre. TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER MOINS....! ça c'est une réalité (1 an de Prud'hommes pour récupérer un dû, les heures supplémentaires), annonçé une baisse du chômage alors qu'il augmente tous les jours. Annonçé des aides pour les créateurs d'entreprises, sans annonçé honnêtement le couperet qu'ils ont derrière la tête....ça c'est encore une réalité....!!! mais qu'importe, sa première mesure était son salaire, ça c'est fait.....pour le reste on verra bien....!!!! pauvre FRANCE, notre cher GENERAL DE GAULLE doit se retourner dans sa tombe.....!!!!! Et les parachutes dorés des grands patrons ? ça c'est encore une bonne question....Et les plus de 45ans au chômage ? encore une, où sont les offres des séniors ???? INEXISTANTES.....!!!!!!!!

  • Mimi, le 24/09/2008 à 20h45

    J'espère que cet fois le discours de M. SARKOZY sera convaincant, qu'il ne choissira pas toujours les mêmes phrases. Nous attendons avec impatiente sont discours, mais sans trop réver quand même, j'espère qui dira la vérité, c'est son rôle, même si quelquefois la vérité n'est pas toujours bonne a entendre. De plus nous attendrons après ses actions pour pouvoir le juger.

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