Wall street © LCIL'espoir d'un prêt de la Fed pour sauver l'assureur américain AIG aura finalement éclipsé le statu quo inattendu de la Fed sur ses taux... Après avoir ouvert en baisse et reculé une bonne partie de la journée, la Bourse de New York a fini en hausse de 1,3% mardi, l'indice Dow Jones des 30 principales valeurs gagnant 141,75 points à 11.059,26 et le Nasdaq prenant 1,28%. Juste après l'annonce d'un recul de 70% des profits trimestriels de Goldman Sachs, la Bourse de New York s'était pourtant installée dans le rouge mardi et l'action de l'assureur AIG avait plongé de près de 60%.
Entre temps, la Réserve fédérale (qui a baissé ses taux à sept reprises depuis le début de la crise financière à l'été 2007) a annoncé qu'elle maintenait ses taux inchangés, à 2,00%, mais offert aux marchés financiers des facilités de crédit. La banque de réserve fédérale de New York, intermédiaire traditionnel entre la banque centrale américaine (Fed) et les marchés, a injecté mardi 50 milliards de dollars dans le circuit bancaire et a annoncé qu'elle était prête à faire plus si la situation l'exigeait. De quoi, visiblement rasséréner les marchés financiers, face au tumulte provoqué sur les marchés par le dépôt de bilan de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers et par les difficultés d'AIG.
"Il se dit sur le marché que la Fed pourrait intervenir pour soutenir AIG, qui du coup a limité ses pertes, a expliqué un analyste financier américain. Mais ce ne sont que des spéculations, en réalité personne ne sait". AIG, engagé dans une course contre la montre pour réunir 75 milliards de dollars nécessaires pour échapper au dépôt de bilan, a vu son titre chuter de 21,22% à 3,75 dollars, après s'être déjà effondré de 31% vendredi et 61% lundi. L'assureur "n'a plus qu'un jour pour" pour lever les fonds nécessaires à sa survie, a affirmé mardi le gouverneur de l'Etat de New York.
Lagarde s'attend à un crédit plus cher
Après un premier décrochage lundi, les principales places boursières européennes ont toutefois limité leurs pertes mardi. A Paris, le CAC 40 a clôturé en baisse de 1,96% à 4.087,40 points, au lendemain de sa 4e plus violente chute de l'année (-3,78%), et se rapprochait de son plus bas niveau en séance depuis trois ans. Il était descendu jusqu'à 4.002,87 points le 16 juillet. A Londres, la Bourse a terminé en baisse de 3,43% mardi, l'indice Footsie-100 des principales valeurs cédant 178,6 points par rapport à la clôture de lundi, à 5.025,6 points, tombant à ses niveaux depuis les attentats du 7 juillet 2005. A Francfort, première place de la zone euro, le Dax accentuait ses pertes, terminant en recul de 1,63% à 5.965,17 points, contre 6.064,16 points la veille à la clôture. A Moscou, deux Bourses, dont le principal indice RTS, ont même décidé de suspendre leurs cotations, après s'être enfoncés jusqu'à 9%.
La Banque centrale européenne (BCE) a pourtant injecté mardi 70 milliards d'euros. C'est plus du double du montant injecté la veille (30 milliards), via une opération de refinancement exceptionnelle similaire. Mais les places financières européennes n'ont fait qu'imiter leurs homologues asiatiques, qui ont toutes fermé en baisse mardi.
Les derniers développements de la crise financière aux Etats-Unis vont entraîner un renchérissement du crédit dans les semaines à venir, a estimé mardi la ministre française de l'Economie. "C'est un effet indirect immédiat mais il y en aura d'autres", a-t-elle ajouté. Christine Lagarde a toutefois souligné que les banques centrales ont assuré la liquidité sur les marchés financiers qui ont fonctionné normalement.
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