Mini-sommet : ce qu'ils ont décidé

Par Diane HEURTAUT (avec agences), le 04 octobre 2008 à 19h40 , mis à jour le 05 octobre 2008 à 10h53

Après 3 heures de discussions, les dirigeants des 4 pays européens du G8, réunis samedi à l'Elysée, se sont notamment engagés à soutenir les banques européennes en difficulté.

sarkozy merkel elysée berlusconi brown truichet juncker barroso mini-sommetNicolas Sarkozy recevait le 4 octobre 2008 à l'Elysée les dirigeants des 4 pays européens du G8 à l'Elysée © TF1-LCI

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> La nouvelle doctrine du G4

Le plan Paulson adopté (lire notre article), voici  la solution européenne : pas de plan de sauvetage à l'américaine, mais des engagements (plus de transparence, plus de surveillance et de la flexibilité) et un appel à un sommet international. Durant trois heures, les dirigeants des quatre pays européens du G8 se sont réunis à l'Elysée samedi, afin d'arracher une stratégie commune à des partenaires européens apparus désunis face à la crise financière internationale. Pour redonner confiance et permettre un retour à la stabilité.

Le résutat en 5 points a été livré, samedi soir, par le président français, président en exercice de l'UE, entouré par la chancelière allemande Angela Merkel, le président du conseil italien Silvio Berlusconi et le Premier ministre britannique Gordon Brown, les présidents de la Commission européenne José Manuel Barroso, de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker et de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet :

  • Premier point, a lancé Nicolas Sarkozy : France, Allemagne, GB et Italie ont pris l'"engagement solennel de soutenir les établissements financiers en difficulté, par des moyens propres mais de manière coordonnée". Une annonce faite au moment où une banque menace de faire faillite en Allemagne : la banque immobilière Hypo Real Estate (HRE) annonçait, alors que la conférence de presse se tenait à Paris, l'échec du plan de sauvetage de 35 milliards d'euros -le plus gros de l'histoire allemande- dont elle faisait l'objet.
  • "En cas de soutien public à une banque en difficulté, chaque Etat membre s'engage à ce que les dirigeants qui ont failli soient sanctionnés".
  • "Dans les circonstances exceptionnelles, la Commission européenne devra faire preuve de flexibilité en matière d'aide des Etats aux entreprises et d'application des principes du marché unique". Plusieurs banques dans différents pays européens ont du être renflouées, voire nationalisées, avec de l'argent public ce qui pourrait, en principe, constituer une entorse aux règlements européens sur la concurrence.
  • "L'application du pacte de stabilité et de croissance devrait refléter les circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous nous trouvons". Le pacte de stabilité et de croissance doit être respecté "dans son intégralité", a toutefois répondu Jean-Claude Juncker, appuyé par José-Manuel Barroso.
  • Ils "appellent à un sommet international le plus tôt possible sur la refondation du système financier". "Cette refondation s'organisera autour des principes suivants: tous les acteurs des marchés financiers devront être régulés ou surveillés et pas seulement les banques commerciales". Le mini-sommet constituait la première étape de l'hypothétique "remise à plat" du système financier international que Nicolas Sarkozy a proposée à ses pairs.

En revanche, le président français a réaffirmé qu'il n'avait jamais proposé la création d'un fonds de soutien au système bancaire de l'Union européenne. Ce catalogue de bonnes résolutions reste à l'appréciation des 27 Etats membres de l'UE. Dès lundi, la Commission de Bruxelles doit proposer aux ministres de l'Economie des 27 une série de mesures. Parmi elles, une meilleure réglementation des rémunérations des dirigeants d'entreprise, notamment les "parachutes dorés", cibles de critiques après les récentes nationalisations de banques. Un sommet du G8 éventuellement élargi à la Chine ou l'Inde pourrait se tenir en novembre.

Mais aussi...

Après Nicolas Sarkozy, chacun des dirigeants a pris la parole, pour donner des précisions sur ces engagements. Angela Merkel a affirmé que chaque pays devait "prendre ses responsabilités au niveau national" face à la crise des banques mais sans porter atteinte aux intérêts des autres Etats européens. Une allusion à initiative récente de l'Irlande.  La Commission européenne et à la BCE sont d'ailleurs invitées à discuter avec l'Irlande à propos de la garantie controversée attribuée aux dépôts de ses banques, a-t-elle dit. La chancelière allemande Angela Merkel sort la tête haute du sommet du G4 qui a consacré sa doctrine d'une prise en charge par chaque pays de ses propres banques, alors même qu'une défaillance bancaire historique menace en Allemagne, tandis que Nicolas Sarkozy a, lui, réussi à rétablir l'unité de façade des grands de l'UE.

Gordon Brown a enchaîné, affirmant que le G4 allait "demander à la Banque européenne d'investissement (BEI) de dégager 25 milliards de livres" (31,5 milliards d'euros) à destination des PME, et que "les liquidités nécessaires seraient mobilisées pour assurer la stabilité et la confiance". Jean-Claude Juncker a aussi affirmé que "le secteur privé devait participer à l'effort", ajoutant que le "G4" européen aurait "un dialogue vertueux" avec les autres Etats membres de l'UE. "La BCE est en étroite coopération avec la Fed" américaine, a assuré pour sa part Jean-Claude Trichet. "Aujourd'hui s'est exprimée avec une grande clarté et détermination la volonté de nos pays de garantir l'épargne des citoyens et de préserver la confiance des citoyens envers le système bancaire, qui doit continuer à soutenir l'économie réelle", a souligné Silvio Berlusconi.

"Il faut qu'il soit indiqué aux marchés" que les pays européens ne vont pas agir "chacun pour soi", avait pour sa part estimé Dominique Strauss-Kahn, président du FMI, reçu à l'Elysée juste avant le mini-sommet. Il s'est aussi montré pessimiste sur les conséquences de la crise, annonçant que le FMI allait publier des prévisions de croissance en baisse, car la situation économique mondiale est "très préoccupante", les pertes des banques sont "plus importantes que ce que nous avions mesuré". "Le FMI pense que le problème est global et qu'il faut une réponse globale", a-t-il souligné. (Voir la vidéo).

Par Diane HEURTAUT (avec agences) le 04 octobre 2008 à 19:40
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10 Commentaires

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  • Indien, le 05/10/2008 à 11h58

    Des discours inutiles et sans suite.Des mensonges pour calmer les esprits. mais aucune suite concréte. Continuer à enrichir les riches au détriment des salariés qui travaillent pour des salaires dérisoires. A quand les sanctions pour les grands banquiers qui partent aves des millions d'euros après avoir mis l'Ets bancaire en faillite. c'est tout simplement honteux. Laissez-moi rire avec le slogan de Sarko " travailler plus pour gagner plus" ironie amère ! . La solution facile est de trouver de nouvelles taxes pour combler le déficit commis par des gens irresponsables. Je ne crois plus aux politiques sans scrupules !

  • DANIEL, le 05/10/2008 à 10h37

    J-2....

  • TIENOU, le 05/10/2008 à 09h28

    La crise financiere ne date pas d'hier mais quand on se voile la face pour ne rien voir, comme la recession , voila se qui arrive, c'est encore nous qui allons trinquer Mais on en a marre de payer, pour les betises des autres. Peut etre qu'un jour cela changera.

  • Kim, le 04/10/2008 à 22h50

    C est honteux ce g 4 encore des sous par la fenetre il faudrait mieux aider ceux qui on perdu leurs maisons dsk presidents

  • TONY, le 04/10/2008 à 22h23

    C'est facile de trouver "LA TUNE" qu'il faut pour aider en fait c'est pauvres riches qui ne pourrons plus s'acheter leur YAUTHS ou PORSCHES favoris pendant que ,NOUS, les pas riches, seront foutous à la porte sans mouchoirs ni trompettes....

  • Vicky, le 04/10/2008 à 22h23

    En bref il faut donner plus de fric a ceux qui se gavent déjà avec le notre.Plutôt que de soutenir un système qui a montre ses limites,pourquoi ne pas en profiter pour un changement radical?On sait que le moteur principal est la consommation,mais comment consommer lorsque d'autres s'accaparent le fruit du travail des gens?

  • Lisou, le 04/10/2008 à 21h30

    Bien bien bien, voilà une excellente initiative avec je l'espère d'excellents résultats. La position de DSK est une formidable réaction. Voilà un homme capable de reconnaître dans l'autre camp les initiatives positives lorsqu'elles arrivent et là notre président n' a pas démérité, loin s'en faut. D'ailleurs DSK approuve voilà enfin un homme honnète et intelligent, et à mon avis capable de prendre la relève si un jour elle arrive. Les autres sont des rigolos à coté de lui. J'en connais plus d'un dans l'opposition qui ce soir doivent l'avoir "coincé" dans la gorge. Allez parions (on risque rien) que le parti socialiste aura envie demain de "virer" DSK.! je me marre! Allez à plus.

  • GILBERT, le 04/10/2008 à 21h30

    Comme c'était prévisible et déjà annoncé par N.SARKOZY rien de bien concret. Des paroles qui ne veulent pas dire grand chose face à des décisions qu'il faudra s'en doute prendre mais dont on ne connait pas encore ni l'ampleur ni l'origine : (Ceci en ce qui concerne les surprises qui pourraient surgir chez les banques Européennes suite aux effets de dominos). Donc des idées mais pas de décision face à des risques qui, pour l'heure, ne sont que potentiels. Un consensus semble toutefois se dégager et actuellement c'est déjà beaucoup. Donc affaire à suivre. L'aide de DSK sera très importante pour N. SARKOZY. D'ailleurs qui continue à critiquer Mr Bernard KOUCHNER d'être dans un gouvernement de droite : il y fait du bon travail et curieusement se trouve dans le peloton de tête dans l'estime des Français. Affaire à suivre.

  • Bernard, le 04/10/2008 à 21h02

    Encore une fois, les Irlandais ont fait le mauvais choix. Le nationalisme ne sert plus à rien.

  • Konrad, le 04/10/2008 à 20h27

    Une manière élégante de camoufler le " chacun pour soi " ! Si une banque française plonge, ce seront des Euro français qui devront la secourir...... La "coordination " consistera à prévenir les " autres " de ce que nous faisons et de les remercier pour leurs probables encouragements ! C'est un minimum ! Il n'y aura donc malheureusement pas de fond de secours commun et 3 heures pour parvenir à ces conclusions, cela fait très peu productif ! PS: Je me moque complètement d'être publié ou non ! Je compose ces lignes simplement pour ne pas perdre la main en matière d'expression écrite... Un retraité.

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