La ministre de l'Economie Christine Lagarde, le 20 septembre 2008 © TF1/LCI
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L'irruption de la crise financière en France, avec le sauvetage par l'Etat de la banque Dexia, met à mal la confiance dans le système bancaire affichée par le gouvernement, les banquiers et les assureurs, estiment ce mercredi les éditorialistes de la presse française. "On est loin désormais des déclarations lénifiantes de Mme Lagarde qui assurait que la France serait protégée des désordres économiques, à la manière des bons apôtres qui prétendaient que le nuage de Tchernobyl s'arrêterait à nos frontières", écrit Patrick Apel-Muller dans L'Humanité. François Ernenwein, dans La Croix, est sur la même longueur d'onde : "Quand bien même notre pays serait mieux armé face à la crise financière, inutile d'essayer de faire croire que - si la situation s'aggrave -, les nuages s'arrêteront aux frontières de l'Hexagone".
C'est pourtant ce qu'ont fait mardi les patrons de la finance française, estime Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne : "Pas de souci, ont répondu en choeur, hier à L'Elysée, banquiers et assureurs. (...) Mais à vouloir trop rassurer on finit par générer du scepticisme". Une posture que Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées, assimile à "la bonne vieille méthode Coué" et contre laquelle s'insurge Daniel Ruiz (La Montagne) : "Il est temps d'avoir le courage de reconnaître qu'au-delà de la crise financière qui secoue le monde, nous assistons à la faillite des mécanismes qui fondent nos sociétés depuis l'après-guerre".
"Cette crise est essentiellement une crise de confiance"
Hervé Favre, dans les colonnes de La Voix du Nord, affirme lui aussi qu'il est "plus que temps en effet de remettre de l'ordre au royaume du capitalisme". Mais pour Laurent Joffrin, dans Libération, le problème est ailleurs : "la vérité est que l'irresponsabilité des financiers a ruiné leur principal actif, la confiance", écrit-il. Et Philippe Mabille d'ajouter en écho, dans La Tribune : "Quand on voit qu'une banque refuse aujourd'hui de faire confiance à une autre banque, pourtant comparable en réputation, comment faire confiance à sa propre banque ?"
Pour Hervé Cannet aussi (La Nouvelle République du Centre Ouest), "cette crise est essentiellement une crise de confiance. Chaque pays européen la gère, pour l'heure, individuellement". Et pour Le Monde, c'est bien là le problème. "Concrètement, l'Union européenne est incapable d'élaborer un plan de sauvetage comparable au plan Paulson. (...) Dans ce contexte, appeler à un 'nouveau Bretton Woods', comme l'a fait M. Sarkozy, est une bonne idée, mais donner à l'Europe le pouvoir d'y parler d'une seule voix en serait une encore meilleure".
D'après agence
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