Nicolas Sarkozy recevait le 4 octobre 2008 à l'Elysée les dirigeants des 4 pays européens du G8 à l'Elysée © TF1-LCIAprès 3 heures de discussions, Merkel, Berlusconi, Brown et Sarkozy sont parvenus à afficher une certaine unité pour annoncer une feuille de route européenne : pas de Plan Paulson à l'européenne, mais agir de manière coordonnée pour protéger les banques européennes en difficulté et tenter de réformer l'architecture financière mondiale (lire notre article : les mesures annoncées). Mais la nouvelle doctrine, signée par les quatre membres européens du G8 (Allemagne, GB, Italie et France) avec les présidents de la Commission européenne, de l'Eurogroupe et de la BCE, réunis samedi à l'Elysée, n'en est encore qu'à l'état de déclaration unilatérale.
Encore faut-il qu'elle soit adoptée officiellement. Rien n'est gagné. Car que la crise financière a illustré les différences, à la fois dans l'approche et les moyens, entre les Etats-Unis et l'UE, et au sein même de l'UE. Première étape donc : ce catalogue de bonnes résolutions reste à l'appréciation des 27 Etats membres de l'UE. La réunion mensuelle des 15 ministres des Finances de la zone euro lundi à Luxembourg, puis celle des 27 ministres de l'UE mardi, vont être l'occasion de commencer à réfléchir aux propositions du G4.
Vexations
Cette réunion sera aussi l'occasion de connaître les positions des pays qui n'étaient pas invités à Paris, certains ayant pu s'en vexer. "Les conclusions de la réunion de quatre pays européens doivent être débattues entre tous les Etats membres", a ainsi prévenu dimanche le ministre portugais des Finances, tout comme le président du Parlement européen et l'Espagne. La n°2 du gouvernement espagnol a même rappelé à l'ordre : les "organes de décision" européens restent le conseil des ministres des Finances et le sommet des chefs d'Etat de l'UE.
Et dès lundi, la Commission de Bruxelles doit proposer aux ministres de l'Economie des 27 une série de mesures. Parmi lesquelles, une meilleure réglementation des rémunérations des dirigeants d'entreprise, notamment les parachutes dorés, récemment critiqués après les dernières nationalisations de banques. Un sommet du G8 éventuellement élargi à la Chine ou l'Inde pourrait en outre se tenir en novembre, sachant que le G4 a souhaité l'organisation d'un sommet international "le plus tôt possible" pour revoir les règles du capitalisme financier.
Différences
En attendant, tout le monde y va de son commentaire sur les résolutions du G4. C'est dire si elles sont encore sujettes à appréciation. L'essentiel des débats porte sur le degré de souplesse qui pourrait être introduit dans le pacte de stabilité européen. Adopté en 1997, assoupli en 2005, celui-ci impose aux pays de la zone euro de fortes contraintes budgétaires. En plaidant pour l'application des "circonstances exceptionnelles" prévues par ce pacte, la France prend acte de la sévérité de la crise économique qui s'annonce. Cette clause ne peut en effet s'appliquer qu'en cas de croissance négative ou de période prolongée de très faible croissance.
Mais, dès samedi, Jean-Claude Juncker, appuyé par José-Manuel Barroso tempéraient : le pacte de stabilité et de croissance doit être respecté "dans son intégralité". La maîtrise des déficits publics reste une priorité pour le gouvernement français malgré les "circonstances exceptionnelles" que traverse l'Europe, a assuré dimanche Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, au Grand Rendez-vous (voir la vidéo).
Sur le "terrain", le mini-sommet n'aura pas été suffisaant pour rétablir la confiance et rassurer les marchés. La situation des banques européennes reste critique et les conséquences économiques de la crise financière s'annoncent très lourdes. Exemple : au lendemain de ce G4, le gouvernement allemand d'Angela Merkel, qui est sortie la tête haute de ce G4 qui a consacré sa doctrine d'une prise en charge par chaque pays de ses propres banques et rejeté l'idée d'un fonds européen de soutien, est confronté à la faillite possible de la banque immobilière Hypo Real Estate (HRE). Il travaillait dimanche dans l'urgence pour lui trouver une bouée de sauvetage avant la réouverture lundi des bourses internationales (lire notre article).
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