La présidente du Medef Laurence Parisot, le 27 août 2008 © TF1/LCIFace à l'ultimatum brandi par l'Elysée, Laurence Parisot doit annoncer aujourd'hui ses propositions sur l'un des points les plus controversés des rémunérations des grands dirigeants d'entreprise : les parachutes dorés. Le délai est serré pour la patronne des patrons. Faute de propositions du patronat, c'est la loi qui tranchera. Après avoir agité cette menace dès mercredi, Nicolas Sarkozy a souligné une nouvelle fois vendredi matin sa volonté de "mieux encadrer les modes de rémunération des dirigeants, de manière à éviter à l'avenir de nouveaux abus, encore plus inexcusables dans le contexte actuel". Il a également indiqué qu'il ne voulait pas que les dirigeants puissent prétendre à un parachute doré "lorsqu'ils ont commis des fautes ou mis leur entreprise en difficulté". Et emboîtant le pas au gouvernement français, les ministres européens des Finances se préparent à adopter plusieurs recommandations sur cette pratique.
Une urgence qui s'explique par la remise au goût du jour de la polémique lors du sauvetage de Dexia. Le patron de la banque, Axel Miller, a dû renoncer à une indemnité de départ de 3,7 millions d'euros, sous la pression du gouvernement qui a menacé de ne pas débloquer l'argent nécessaire pour renflouer la banque franco-belge, face au tollé suscité par cette "retraite" plus que confortable.
Pas d'indemnité de départ en cas d'échec
La présidente du Medef, le président de l'Association française des entreprises privées (Afep) Jean-Martin Folz, et les membres du comité éthique du Medef doivent donc se retrouver dans la matinée pour une conférence de presse au cours de laquelle ils présenteront leurs propositions. Elles viendront compléter les recommandations faites début 2007. A l'époque, le Medef et l'Afep avaient notamment préconisé qu'aucun dirigeant mandataire social ne figure au sein du comité de rémunération.
Laurence Parisot, restée rétive à toute loi encadrant les rémunérations des patrons, s'est déjà prononcée contre un parachute doré "pour un dirigeant qui a échoué ou pour un dirigeant qui est en situation d'échec". Auparavant, elle avait annoncé que le comité éthique du Medef recommanderait leur suppression pure et simple. Le Medef devrait aussi préconiser une refonte du statut du chef d'entreprise et empêcher ainsi le cumul d'un poste de mandataire social (direction) avec les protections sociales afférant à leur contrat de travail en cas de limogeage comme un simple salarié.
"Si on veut éviter la loi, il faudra beaucoup plus que des consignes légères", juge Sophie de Menton, présidente du mouvement patronal Ethic et également membre de ce comité. Elle prône l'utilisation d'un logiciel qui évaluerait les performances des entreprises et des dirigeants. "Les parachutes dorés ne doivent pas concerner seulement quelques happy few, ni les bonus être indexés sur des cours de Bourse qui ne reflètent pas la performance d'une entreprise", estime pour sa part Thomas Chaudron, ex-président du Centre des Jeunes Dirigeants, et membre du comité éthique du Medef.
D'après agence
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