Face à la crise, une solution : le crédit hypothécaire

le 09 octobre 2008 à 16h40 , mis à jour le 09 octobre 2008 à 16h47

En pleine crise issue de l'explosion des crédits hypothécaires à risque américains, un rapport propose un moyen de faciliter l'accession à la propriété qui risque de faire polémique.

Immobilier vente appartement location © LCI

Voilà une proposition qui ne devrait pas manquer de susciter les commentaires en pleine tourmente financière. Dans un rapport paru jeudi, le Conseil d'analyse économique, qui conseille le Premier ministre sur sa politique économique, recommande de "développer le recours à l'hypothèque" pour "loger les classes moyennes". Rédigé par l'économiste Jacques Mistral, directeur des études économiques à l'Ifri (Institut français des relations internationales) et membre du Cercle des Economistes, et Valérie Plagnol, directrice de la stratégie chez CM-CIC Securities, il note que l'hypothèque est largement sous-utilisée en France où la majorité des prêts immobiliers sont garantis par une caution financière.

Pour compenser cette "sous-utilisation", écrivent les auteurs du rapport, "il ne s'agirait pas d'adapter un système hypothécaire pur, dont les carences sont aujourd'hui bien visibles, mais d'opter pour un modèle de crédit immobilier hybride, dans lequel seraient prises en compte la solvabilité de l'emprunteur mais aussi la valeur du bien acquis mis en gage". Des précautions de langage compréhensibles, dans la mesure où c'est précisément une crise des crédits hypothécaires qui a lancé aux Etats-Unis la spirale dont pâtissent aujourd'hui de nombreuses grandes banques et toutes les places boursières de la planète, et qui a privé de leur maison des milliers de ménages américains surendettés... Les pertes abyssales creusées dans les comptes des banques par cette crise des "subprimes" ou crédits à risque, à l'heure qu'il est, n'ont pu être entièrement évaluées.

Ne pas "répéter les erreurs" commises aux Etats-Unis

A l'heure qu'il est, argumentent les auteurs du rapport, de nombreux particuliers souhaitant accéder à la propriété, et solvables, peinent à obtenir un crédit des banques. "Le relèvement des taux d'intérêt et la crise de l'été 2007 ont sonné la fin des conditions de crédit très accommodantes proposées ces dernières années aux emprunteurs et la remise en cause de la titrisation bancaire", soulignent Jacques Mistral et Valérie Plagnol. "Une évolution est souhaitable". D'où cette suggestion d'un recours au crédit hypothécaire. Sans pour autant "répéter les erreurs" commises aux Etats-Unis. Mais, pour le CAE, s'engager dans cette nouvelle voie "impliquerait de réduire les coûts liés à la prise d'hypothèque, pour y encourager les emprunteurs à y recourir".

Estimant qu'en France les coûts de transaction pour l'acquisition d'un logement sont plus élevés que dans les autres pays de l'OCDE, le CAE recommande également "d'alléger voire supprimer les droits de mutation et d'agir sur les marges des intermédiaires (en l'occurrence, les agents immobiliers et les notaires) en les rendant plus lisibles pour les vendeurs". Enfin, le CAE préconise la sortie "de la résidence principale de l'impôt sur la fortune et, en contrepartie, de majorer les droits de succession".

Avec agence

le 09 octobre 2008 à 16:40
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1 Commentaires

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  • Alain, le 09/10/2008 à 17h23

    La vraie question, c'est la solvabilité des emprunteurs. On peut toujours avaoir recours au credit hypothécaire, mais si l'emprunteur ne peut pas rembourser, c'est pas la peine !

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