François Fillon, le 13 octobre 2008 au 20h de TF1 © TF1-LCI"On a passé un tournant décisif (...) C'est une réponse considérable : rien que pour la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, c'est déja le double de ce que mettent les Américains mettent dans leur plan de sauvetage" (700 milliards de dollars), et c'est "sans compter l'Italie et l'Europe du Nord !". Invité lundi du 20h de TF1, le Premier ministre François Fillon a mis en avant les avantages du plan de 360 milliards d'aide au système financier détaillé en début d'après-midi par Nicolas Sarkozy (lire notre article). "On a réalisé quelque chose que je me permets de qualifier d'exceptionnel. C'est un exploit, je crois que ça ne s'est jamais produit dans l'histoire de la République. Ce qu'on fait est sans précédent et l'audace qui a été celle du gouvernement français mais aussi des gouvernements européens est la meilleure façon de répondre à cette crise."
"Il n'y a pas de risque pour les contribuables" car "il n'y a pas d'argent frais mis au budget de l'Etat". Et il n'y aura donc "aucune hausse d'impôts" et "aucune hausse des contributions", a-t-il assuré. Au contraire, "si les choses se passent normalement, l'Etat français peut gagner de l'argent dans cette crise", a-t-il même avancé. Car, a rappelé le chef du gouvernement, "le choix qu'on a fait est d'apporter des garanties (...) qui seront rémunérées". Pour mieux illustrer son propos, François Fillon a comparé le principe de garantie des prêts interbancaires au système de caution des baux locatifs : "les cautions ne sont pas mises en jeu systématiquement, elles le sont même assez rarement, et ces garanties seront rémunérées. L'Etat va gagner de l'argent sur les prêts qu'il fera et sur les garanties qu'il apportera aux entreprises". Deuxième volet : les prises de participation en capital dans les banques en difficulté. "Notre objectif, ce n'est pas de les garder éternellement, mais de les revendre dès que l'économie ira mieux", a-t-il insisté.
De possibles nouveaux contrats aidés d'ici à la fin de l'année
Il a donc appelé à "l'unité nationale", comme il l'avait fait fin septembre au début de la crise, cette fois pour que le projet de loi de finances rectificative soit adopté mardi à l'Assemblée nationale et mercredi au Sénat. "Si l'opposition vote ce texte, ça renforcera beaucoup le plan de sauvetage", a-t-il estimé. François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont déjà laissé entendre que les députés PS n'envisageaient pas de voter contre. "Plus on va vite dans la solution à la crise financière, plus on a l'espoir que la croissance reprenne dans le courant de l'année 2009", a plaidé François Fillon.
"Comme la situation est difficile et pour faire face aux conséquences de cette crise", le Premier ministre a aussi annoncé que le gouvernement "prépare des mesures complémentaires en matière d'emploi" qui seront "annoncées dans quelques jours". Dans le champ des possibles : augmenter le nombre de contrats aidés "si le taux de chômage remonte en raison des difficultés conjoncturelles". "Nous avons décidé que nous ne nous interdirions aucune mesure pour faire face à ce qui est notre priorité, c'est-à-dire le retour du plein emploi", a-t-il ajouté.
Des conditions précises pour que les banques bénéficient de l'aide
Dernier point important, François Fillon a précisé que "les aides que nous apporterons aux banques seront subordonnées à des obligations, des contreparties, en matière de comportement éthique, moral déjà (salaires des dirigeants, ndlr). Et surtout nous veillerons par contrat à ce que les sommes qui vont être apportées aux banques aillent bien PME, aux entreprises, aux particuliers, aux collectivités locales".
Quant à l'éventualité d'un remaniement gouvernemental, en vue de la formation d'un cabinet de "crise", François Fillon a jugé que "ce serait le moment le plus mal choisi". "Ce dont on a besoin en ce moment, c'est d'un gouvernement solidaire, uni derrière le président de la République et qui travaille".
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