François Fillon © DREric Woerth avait commencé le travail de reprise en main du dossier dès jeudi, à l'ouverture des journées parlementaires de l'UMP à Antibes (lire notre article). François Fillon a à son tour décidé de reprendre la main vendredi, alors que la veille le conseiller spécial de l'Elysée Henri Guaino avait semé le trouble dans les rangs de l'UMP en déclarant que, dans un contexte de crise financière, les critères d'appartenance à l'euro, qui interdisent un déficit supérieur à 3% du PIB, n'étaient "temporairement" pas "la priorité des priorités". Et Stéphane Le Foll, directeur de cabinet du premier secrétaire du PS François Hollande, n'a pas tardé a dénoncer la "cacophonie" et les propos "inconsidérés" d'Henri Guaino, tandis que Ségolène Royal critiquait le retard pris par l'UE pour élaborer un plan d'urgence face à la crise financière, évoquant la décision unilatérale de l'Irlande de protéger ses banques.
Le Premier ministre a donc remis vendredi les pendules à l'heure sur l'assainissement budgétaire, affirmant que l'objectif était d'avoir un déficit public "proche de zéro" en 2012, malgré une conjoncture qui "n'est pas favorable", pour "ne pas trahir les engagements européens" de la France. Les critères de Maastricht prévoient notamment un déficit public contenu sous la barre des 3% du PIB.
Larcher : "Le respect des critères de Maastricht, c'est un principe"
"Nous tenons la dépense publique", a-t-il assuré lors du discours de clôture des journées d'Antibes, après avoir estimé que le monde était "au bord du gouffre" par la faute d'un système financier international qu'il a qualifié d'"irresponsable". Justifiant ainsi la tenue samedi à Paris d'un mini-sommet européen autour de Nicolas Sarkozy. Ce dernier, a afirmé François Fillon, "rappellera qu'il n'y aura de sortie à cette crise que collective". "Il proposera à l'Europe de sécuriser ses systèmes bancaires, de dégeler le crédit et de coordonner sa stratégie économique et monétaire", a-t-il ajouté, réaffirmant que l'Etat interviendra "à chaque fois que ce sera nécessaire" pour sécuriser le système bancaire.
D'autres ténors de l'UMP ont aussi soutenu, vendredi à Antibes, l'idée d'une réponse européenne "coordonnée" à la crise, dans le respect des engagements de Maastricht, remis en question par Henri Guaino. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a soutenu "sans réserve l'idée d'une réponse coordonnée avec les grand Européens du G8 à la crise". Et "le respect des critères de Maastricht, c'est un principe, a-t-il ajouté. S'ils devaient être modifiés, ce serait ensemble". Il a aussi proposé la création d'un "groupe d'unité parlementaire" pour "réfléchir aux voies et moyens" pour surmonter la crise financière.
Pour Pierre Lellouche, "la réponse à cette grave crise c'est pas d'indiquer qu'on va tout laisser filer (les déficits,ndlr) aux quatre vents". "Il serait déraisonnable de répondre à la crise en disant qu'il faut accroître la douleur pour les générations suivantes, en envoyant aux autres Européens que c'est chacun pour sa peau", a ajouté le député de Paris. "Que certains, ceux qui étaient contre Maastricht, profitent de cette crise sévère, profonde, et incertaine, pour voir une victoire posthume sur le dos d'emplois perdus, c'est pour le moins irresponsable", a estimé pour sa part le député et ancien ministre chiraquien, François Baroin.
Sarkozy annule son discours devant les jeunes apprentis à Paris |
Nicolas Sarkozy a annulé le discours qu'il devait prononcer vendredi matin sur l'apprentissage lors des premières Rencontres européennes des jeunes apprentis à Paris pour préparer le mini-sommet européen de samedi, a annoncé le secrétaire d'Etat au Commerce Hervé Novelli. "Le président de la République m'a dit qu'il était en communications téléphoniques répétées avec un certain nombre de chefs d'Etat et de gouvernement pour préparer très soigneusement la réunion" des quatre pays européens du G8 samedi après-midi sur la crise financière, a déclaré à la presse M. Novelli. "Il ne peut donc pas s'extraire" de ces préparatifs, a-t-il ajouté. Le chef de l'Etat devait prononcer à 10H30 un discours sur l'apprentissage. Quand sa venue a été annoncée aux jeunes - plus de 12.000 selon les organisateurs - rassemblés au Palais omnisports de Paris-Bercy (POPB), son nom a été copieusement hué par une bonne partie de la salle, a constaté une journaliste de l'AFP. Le secrétaire d'Etat au Commerce s'est refusé à faire le lien entre ces huées et l'annulation de la venue du président. "Vous connaissez les jeunes", a-t-il déclaré. |
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