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Trop beau pour être vrai... Après avoir laissé croire à un rebond la plus grande partie de la journée de jeudi, le CAC 40 s'était stabilisé dans l'après-midi avant de dévisser dans les derniers échanges. L'indice a finalement perdu 1,55%, à 3.442,70 points, son plus bas depuis le 27 novembre 2003. Depuis le début de la semaine, le CAC a perdu 15,64%.
Un calme tendu régnait également jeudi sur les autres Bourses de la planète après l'appel au calme des responsables internationaux et à la veille de grands rendez-vous financiers à Washington. Le Footsie-100, l'indice vedette de la Bourse de Londres, est passé dans le rouge à une heure de la clôture, cédant 1,21%, alors qu'à Francfort, le Dax a perdu 2,53%. Dans ce contexte, l'entrée en Bourse prévue le 27 octobre de la compagnie allemande de chemins de fer Deutsche Bahn, dernier grand monopole public du pays, a été repoussée "au moins de quelques semaines".
A New York, la Bourse a également fini sur un plongeon. Le Dow Jones a clôturé en baisse de 7,33%, sous la barre symbolique des 9000 points pour la première fois depuis juin 2003. Le Nasdaq a lui perdu 5,47%. Ce nouveau plongeon intervient précisément un an après le dernier record absolu atteint par le Dow Jones à 14,164,53 points. Depuis, l'indice vedette de la Bourse de New York a perdu près de 40% de sa valeur.
"Reprenez vos esprits"
"C'est une catastrophe. Les titres des assureurs et des banques mutualistes dévissent aux Etats-Unis, ce qui entraîne toute la cote ici. Il n'y a même plus besoin d'avoir des annonces pour voir les cours plonger", a expliqué à l'AFP un vendeur d'actions parisien. Selon lui, ce décrochage pourrait s'expliquer par la reprise des ventes à découvert sur les valeurs financières à la Bourse de New York, alors qu'elles étaient interdites depuis le 19 septembre. Ce mécanisme, pratiqué par de nombreux spéculateurs, consiste à emprunter une action dont on pense que le prix va baisser et à la vendre aussitôt, avec l'espoir d'empocher une forte plus-value au moment où il faudra la racheter pour la rendre au prêteur.
"Reprenez vos esprits", avait pourtant imploré mercredi le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, en direction des marchés financiers. "Le pessimisme excessif est très mauvais conseiller", avait-il dit après la dégringolade des marchés mercredi, qui avaient également souffert des sombres perspectives du Fonds monétaire international pour l'économie mondiale, qui annonçait un coup d'arrêt brutal à la croissance.
Le Trésor américain pessimiste
Mais jusqu'à ira la crise ? Les analystes jugent que la baisse de taux décidée par la Réserve fédérale mercredi est insuffisante. Le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson a même annoncé que d'autres faillites d'institutions financières étaient à prévoir aux Etats-Unis, et ce, malgré le plan de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars. Comme pour lui donner raison, la Fed a annoncé dans la foulée qu'elle allait fournir à l'assureur AIG, qui avait été nationalisé à la mi-septembre, 37,8 milliards de dollars de liquidités supplémentaires, après que ce dernier eût consommé une grande partie du prêt de 85 milliards déjà accordé.
En plus des banques centrales, les gouvernements restent également mobilisés pour renforcer le système bancaire et éviter un assèchement complet du crédit. Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a affirmé jeudi que toute action non coordonnée au sein de l'Union européenne contre la crise financière devait "être évitée, voire condamnée". Alors que les annonces tous azimuts de plans de sauvetage se poursuivent, une réforme de la régulation du système financier, proposée par Londres, devrait en tout cas figurer au menu de la réunion vendredi à Washington des ministres des Finances et banquiers centraux des pays du G7, qui regroupe l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni.
A Bagdad, tout va bien |
Alors que les marchés boursiers du monde entier sont plongés dans la tourmente, la Bourse de Bagdad a gagné plus de 5% au cours des dix derniers jours. Cette hausse poursuit le même rythme depuis la mi-septembre, alors que la crise financière née aux Etats-Unis a gagné rapidement l'ensemble des places boursières d'Europe, d'Asie et du Moyen-Orient. Les échanges bancaires constituent les deux tiers des échanges. Plus de 391 millions d'actions ont été échangées lors de la dernière séance le 7 octobre, représentant un volume de 609 millions de dinars irakiens, soit 520.000 dollars. Ouverte trois jours seulement de la semaine, la Bourse de Bagdad a développé ses activités ces derniers mois, dans le sillage de l'amélioration significative de la sécurité dans la capitale et en Irak. Située dans Karrada, un quartier commerçant du centre de Bagdad, "la Bourse d'Irak" a ouvert en 2004, un an après l'invasion américaine de mars 2003, prenant la succession de la "Bourse de Bagdad", selon sa dénomination officielle sous la dictature de Saddam Hussein. |
D'après agence
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