François Fillon sur RTL © RTL"Je n'ai jamais pensé que la crise financière était derrière nous". François Fillon a lancé un message de prudence mercredi matin sur RTL, et justifié la mise en place le plan d'aide aux banques décidé dimanche par l'Eurogroupe : "Le système financier et bancaire et en panne. Les Etats doivent se substituer aux banques. Nous allons emprunter, prêter, et les banques nous les rendrons avec intérêt", a-t-il déclaré. "Ce qui a été fait par les Européens a été déterminant. Les Américains doivent maintenant embrayer sur un plan de la même ambition. Ensuite, il doit y avoir une coordination mondiale qui marquera la sortie de la crise. La stabilisation des marchés est à ce prix", a-t-il estimé.
Le Premier ministre est ensuite revenu sur le plan de soutien français aux banques hexagonales de 360 milliards d'euros, en assurant que "sauf accident majeur, cette opération n'aura pas de coût pour le contribuable". (Lire notre article : 360 milliards, qui va payer ?) Pour le Premier ministre, la France a été "plutôt moins concernée par les faillites que les autres pays européens". Mais, ajoute-t-il, "on n'est pas à l'abri d'un accident systémique, d'une banque ayant des produits toxiques. La mise en place du fond permettra éventuellement d'aider une banque en difficulté. Nous voulons redonner la confiance aux marchés".
"Panne de croissance"
Le chef du gouvernement a par ailleurs reconnu que la croissance n'atteindra peut-être pas l'année prochaine les 1% prévus par le projet de loi de finances. "Il y aura forcément des ajustements en cours d'année, comme il y a des ajustements sur le budget 2008, mais nous n'estimons pas qu'il soit nécessaire de le rebâtir", a-t-il ajouté, réaffirmant que le gouvernement n'augmenterait pas les impôts. "Il y aura forcément, si la situation économique est difficile en 2009 une légère augmentation du déficit par rapport aux prévisions que nous avons faites mais il n'y aura pas d'augmentation de la dépense publique", a ajouté le chef du gouvernement.
"Pour le moment, on nous fait des prévisions de croissance pour l'année 2009 qui sont de l'ordre de 0,2%, ce qui est extrêmement faible. C'est une panne de croissance avec des conséquences sur l'emploi, des conséquences sur l'activité économique, sur le pouvoir d'achat", a-t-il ajouté. "Si l'économie américaine redémarre vite, avec la vigueur du plan qu'on est en train de mettre en place en Europe, on a des chances de sortir rapidement de cette situation dans le courant de l'année 2009. Si l'économie américaine s'installe dans une récession, la situation serait très difficile", a-t-il pronostiqué.
D'après agence
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