Guichet de la Caisse d'Epargne © TF1/LCINicolas Mérindol, directeur général des Caisses d'Epargne, a appelé samedi à ne "pas faire de comparaison avec d'autres affaires médiatiques", après l'annonce de la perte de 600 millions d'euros en raison de risques pris en plein krach boursier, dans un entretien à l'AFP. Dans son premier entretien avec la presse depuis la révélation de l'affaire qui secoue l'Ecureuil, Nicolas Mérindol a insisté sur le fait qu'il n'y avait dans ce cas "pas de dissimulation, ni introduction dans les systèmes, ni fraude de la part des responsables", contrairement à ce qui s'est passé dans d'autres établissements bancaires.
Depuis l'annonce de cette perte de l'Ecureuil, la comparaison a été faite avec l'affaire Kerviel, du nom du trader de la Société générale qui a fait perdre 5 milliards d'euros à sa banque à la suite de spéculations sur les marchés. Dans le cas des Caisses d'Epargne, "il ne s'agit pas de sanctionner des gens payés pour faire de la spéculation ou des arbitrages sur les marchés", a-t-il indiqué, "mais qui géraient en extinction un portefeuille boursier".
"Une procédure est lancée"
"Ils ont été pris par la crise", a-t-il reconnu en affirmant que "nous sommes à l'opposé d'autres affaires médiatiques". Répondant à de nombreuses critiques dont la presse s'est fait l'écho, Nicolas Mérindol a jugé "intolérable de considérer (les responsables de cette perte, ndlr) comme des traders fous." "Une procédure est lancée", a-t-il ajouté, mais "la loi et les délais doivent être respectés et nous prendrons les décisions dans la sérénité et non sous le choc des événements, c'est ainsi que tout le monde souhaite que cette affaire soient gérée".
Vendredi, une source proche de l'Ecureuil avait indiqué à l'AFP que cinq personnes avaient été mises à pied, les trois traders à l'origine de cette perte et leur responsable, ainsi que le directeur financier de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne (CNCE), organe central du groupe mutualiste. Depuis le Québec, où il était en déplacement, le président Nicolas Sarkozy a demandé vendredi soir que les responsables de cette affaire "en tirent les conséquences". Chacun doit "prendre ses responsabilités quel que soit son niveau et quelles que soient ses responsabilités", a-t-il insisté.
Le directeur financier du groupe visé ?
"Bien sûr, il faut des sanctions", a confié à l'AFP une autre source proche du dossier. A partir des conclusions des rapports demandés sur cette affaire, "ce seront bien des dirigeants ayant une longue expérience dans le groupe et non des lampistes qui seront sanctionnés", a assuré cette source. Les décisions à prendre "ne sont pas faciles" a-t-elle reconnu et les sanctions seront "responsables et proportionnées". Sans donner plus de précisions sur les destinataires de ces procédures de sanction, cette source proche précise que le directeur financier du groupe, ancien du Trésor et des Caisses d'Epargne, serait visé. Alors que les Caisses d'Epargne ont engagé un processus de mariage avec les Banques Populaires, le groupe a indiqué que les discussions continuaient, même si cette perte "sera prise en compte dans les évaluations".
François Hollande, premier secrétaire du PS, a pour sa part estimé samedi sur son blog que des sanctions "doivent tomber", après l'annonce de la perte des 600 millions d'euros. Rappelant que Nicolas Sarkozy a demandé une nouvelle fois la tête des responsables, il ajoute : "on jugera non pas des paroles de Monsieur Sarkozy, mais les actes qui suivront".
Autre perte annoncé : la Matmut devrait perdre au maximum 20 millions d'euros dans la fermeture de cinq fonds de la société de gestion financière ADI, a déclaré samedi Arnaud Chneiweiss, directeur général adjoint de cette célèbre mutuelle d'assurance.
| Une "irresponsabilité coupable" selon l'Afub |
La perte de 600 millions d'euros avouée vendredi par la Caisse d'Epargne est "une irresponsabilité coupable", estime l'Association française des usagers des banques (Afub) dans un communiqué samedi. "L'Afub constate que la Caisse d'Epargne n'a pas retenue la leçon de la crise financière et préfère des spéculations hasardeuses au lieu de financer l'économie réelle, celle des PMI/PME, celle des artisans et commerçants", indique le communiqué. L'Afub, qui revendique 46.000 adhérents, s'interroge "après la Caisse d'Epargne à qui le tour ?". |
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