L'Etat français ne "laissera pas tomber" les banques

le 07 octobre 2008 à 12h47 , mis à jour le 07 octobre 2008 à 14h29

Face à la "gigantesque crise de confiance", l'Etat pourrait soutenir les banques françaises en difficulté à travers une participation à leur capital.

Nicolas Sarkozy s'exprimant sur le perron de l'Elysée à propos de la crise financière (6 octobre 2008)Nicolas Sarkozy s'exprimant sur le perron de l'Elysée à propos de la crise financière (6 octobre 2008) © TF1/LCI

Rassurer. Faire baisser la tension sur les marchés et apaiser la fébrilité qui, après les investisseurs, pourrait bien toucher les épargnants eux-mêmes. C'est avec toujours ce même objectif en tête que les membres du gouvernement et les représentants d'institutions financières multiplient, depuis quelques jours, les interventions publiques sur le mode : "la tempête gronde, mais il y a un pilote à bord". Ce mardi encore, après le gouverneur de la Banque de France qui s'était déjà exprimé dans la matinée, Nicolas Sarkozy a fait une déclaration en Conseil des ministres. L'Etat français, a-t-il affirmé, ne "laissera pas tomber" les banques françaises face à la "gigantesque crise de confiance" actuelle. Selon le porte-parole du gouvernement, qui a répété ses propos après la réunion, le chef de l'Etat a précisé que l'idée était de soutenir les banques françaises qui seraient en difficulté "à travers une participation au capital" de ces établissements bancaires.

Alors que les Européens peinent toujours à arrêter une position commune pour arrêter le tangage, dans les faits, ce sont les gouvernements qui interviennent les uns après les autres et dans un ordre dispersé. Avec toujours cette même volonté de rassurer... Les autorités espagnoles et portugaises ont, à leur tour, multiplié mardi les déclarations apaisantes. Au Royaume-Uni, on évoque la possibilité d'une recapitalisation des banques par l'Etat. Et la décision irlandaise de garantir, in fine, la totalité de son système bancaire pendant deux ans, très critiquée, pourrait s'avérer être la référence pour dégeler le marché interbancaire et relancer l'activité, estiment certains spécialistes. La crise de confiance est telle que les banques refusent actuellement de se prêter les unes aux autres malgré les milliards de dollars et d'euros injectés par les banques centrales de la planète pour tenter de relancer la machine.

Le précédent suédois

"Ce dont nous avons besoin est une action mondiale ciblée sur les marchés monétaires, sinon nous pourrions être confrontés à un effondrement économique et financier", affirme Neil MacKinnon, économiste chez ECU Group, un fonds spéculatif basé à Londres. "Cela pourrait passer par la garantie effective du marché interbancaire par les Etats sous une forme ou une autre, pendant un certain temps, simplement pour faire en sorte que les banques recommencent à prêter". Selon Michael Gallagher, responsable de la stratégie du G7 chez IDEAglobal à Londres, la BCE agit déjà dans les faits comme le seul agent de compensation pour le système bancaire européen, accueillant des dépôts records de banques trop effrayées pour se prêter les unes aux autres, pour ensuite abreuver le marché de liquidités en quantités astronomiques.

Dernier exemple en date, elle a alloué mardi successivement 50 milliards de dollars, puis 250 milliards d'euros, lors d'opérations de refinancement qui ont rencontré une forte demande. Peu après, six banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine, publiaient un calendrier de leurs opérations de refinancement destinées à alimenter le circuit bancaire international en dollars jusqu'à la fin de l'année.

Dublin a été critiquée pour biaiser la concurrence au niveau européen, mais son initiative a fait école. L'Allemagne, la Grèce et le Danemark ont depuis indiqué des mesures en faveur de la garantie des dépôts bancaires, tandis que le Trésor britannique se disait prêt à prendre des mesures "radicales" si nécessaire. Seulement, l'Irlande a garanti non seulement les dépôts privés, mais aussi les dépôts interbancaires. Au total, Dublin a ainsi garanti 400 milliards d'euros, soit... le double de son produit intérieur brut. Et les analystes rappellent aujourd'hui le précédent suédois. Le pays a nationalisé de fait son système bancaire dans les années 90 pour le sauver de la faillite. Le gouvernement avait garanti les dépôts bancaires et pris des participations au capital des banques. Cela a coûté à la Suède jusqu'à 4% de son PIB mais on considère que cela a été utile sur la durée.

D'après agences

le 07 octobre 2008 à 12:47
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15 Commentaires

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  • Simbacaum, le 07/10/2008 à 17h19

    Quelle blague connaissez vous une banque francaise en difficulté? la preuve la bnp rachète une banque étrangère.....peut être que le fait d'avoir été empéché de faire du tout llibéral comme le proné la droite et les patrons nous sauve d'une catastrophe que les pays anglo saxon vont payer au prix fort.Un juste retour de baton....

  • Jean-Marie, le 07/10/2008 à 17h16

    On ne laisse jamais tomber ses amis !!

  • Bachir, le 07/10/2008 à 17h09

    Des le debout je savais que pour gouverne la france il faux un francais et n'est pas un etranger

  • Pierrot, le 07/10/2008 à 16h53

    La honte, cet ultraliberalisme et capitalisme qui mettent les pays et les citoyens en difficulté? Aider les banques avec combien, deux, trois cent milliards d'euros, et Sarkosy ne trouve pas 8 petits milliards pour la sécurité sociale? Ah! mais c'est vrai la sécu c'est pour les pauvres gens, cela ils n'ont qu'à se "demmerder"", tant pis s'ils n'y arrivent pas , pourvus que les actionnaires des banques ou aures soient bien soignés???

  • Polo, le 07/10/2008 à 16h32

    Moi j'aimerais bien voir autre chose que la tête de Sarkozy ; ça me fait faire des cauchemars.

  • Colas, le 07/10/2008 à 16h17

    Le président peut-il le contraire...?

  • Nouchka13, le 07/10/2008 à 16h14

    L'Etat français ne laissera pas tomber les banques quel beau titre car l'Etat français a déjà laissé tomber les français lambdas.

  • Didier27, le 07/10/2008 à 16h14

    Le président dit que l'état ne laissera pas tomber les banques d'ou proviennent les fonds pour payer tous cela ??

  • Richard, le 07/10/2008 à 16h01

    La loi de l'irresponsabilité maximale appliquée à l'économie... j'ai hâte de savoir quelles seront les retombées de ces actions gouvernementales connaissant l'habileté naturelle des hommes politiques qui manoeuvrent l'économie en temps normal...

  • Niko, le 07/10/2008 à 15h50

    Cela veux donc dire que les banques peuvent jouer en bourses avec notre argent comme elles le veulent et si il y a des pertes, c'est pas grave l'état sera la ... Je vais ouvrir une banque moi, l'etat sera derriere moi, je ne ferai pas faillite !!!!!! youpi !

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