Nicolas Sarkozy s'exprimant sur le perron de l'Elysée à propos de la crise financière (6 octobre 2008) © TF1/LCIRassurer. Faire baisser la tension sur les marchés et apaiser la fébrilité qui, après les investisseurs, pourrait bien toucher les épargnants eux-mêmes. C'est avec toujours ce même objectif en tête que les membres du gouvernement et les représentants d'institutions financières multiplient, depuis quelques jours, les interventions publiques sur le mode : "la tempête gronde, mais il y a un pilote à bord". Ce mardi encore, après le gouverneur de la Banque de France qui s'était déjà exprimé dans la matinée, Nicolas Sarkozy a fait une déclaration en Conseil des ministres. L'Etat français, a-t-il affirmé, ne "laissera pas tomber" les banques françaises face à la "gigantesque crise de confiance" actuelle. Selon le porte-parole du gouvernement, qui a répété ses propos après la réunion, le chef de l'Etat a précisé que l'idée était de soutenir les banques françaises qui seraient en difficulté "à travers une participation au capital" de ces établissements bancaires.
Alors que les Européens peinent toujours à arrêter une position commune pour arrêter le tangage, dans les faits, ce sont les gouvernements qui interviennent les uns après les autres et dans un ordre dispersé. Avec toujours cette même volonté de rassurer... Les autorités espagnoles et portugaises ont, à leur tour, multiplié mardi les déclarations apaisantes. Au Royaume-Uni, on évoque la possibilité d'une recapitalisation des banques par l'Etat. Et la décision irlandaise de garantir, in fine, la totalité de son système bancaire pendant deux ans, très critiquée, pourrait s'avérer être la référence pour dégeler le marché interbancaire et relancer l'activité, estiment certains spécialistes. La crise de confiance est telle que les banques refusent actuellement de se prêter les unes aux autres malgré les milliards de dollars et d'euros injectés par les banques centrales de la planète pour tenter de relancer la machine.
Le précédent suédois
"Ce dont nous avons besoin est une action mondiale ciblée sur les marchés monétaires, sinon nous pourrions être confrontés à un effondrement économique et financier", affirme Neil MacKinnon, économiste chez ECU Group, un fonds spéculatif basé à Londres. "Cela pourrait passer par la garantie effective du marché interbancaire par les Etats sous une forme ou une autre, pendant un certain temps, simplement pour faire en sorte que les banques recommencent à prêter". Selon Michael Gallagher, responsable de la stratégie du G7 chez IDEAglobal à Londres, la BCE agit déjà dans les faits comme le seul agent de compensation pour le système bancaire européen, accueillant des dépôts records de banques trop effrayées pour se prêter les unes aux autres, pour ensuite abreuver le marché de liquidités en quantités astronomiques.
Dernier exemple en date, elle a alloué mardi successivement 50 milliards de dollars, puis 250 milliards d'euros, lors d'opérations de refinancement qui ont rencontré une forte demande. Peu après, six banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine, publiaient un calendrier de leurs opérations de refinancement destinées à alimenter le circuit bancaire international en dollars jusqu'à la fin de l'année.
Dublin a été critiquée pour biaiser la concurrence au niveau européen, mais son initiative a fait école. L'Allemagne, la Grèce et le Danemark ont depuis indiqué des mesures en faveur de la garantie des dépôts bancaires, tandis que le Trésor britannique se disait prêt à prendre des mesures "radicales" si nécessaire. Seulement, l'Irlande a garanti non seulement les dépôts privés, mais aussi les dépôts interbancaires. Au total, Dublin a ainsi garanti 400 milliards d'euros, soit... le double de son produit intérieur brut. Et les analystes rappellent aujourd'hui le précédent suédois. Le pays a nationalisé de fait son système bancaire dans les années 90 pour le sauver de la faillite. Le gouvernement avait garanti les dépôts bancaires et pris des participations au capital des banques. Cela a coûté à la Suède jusqu'à 4% de son PIB mais on considère que cela a été utile sur la durée.
D'après agences
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