Nicolas Sarkozy au sommet Asie-Europe (24 octobre 2008) © TF1/LCILes chefs d'Etat et de gouvernement de 43 pays d'Europe et d'Asie se sont engagés vendredi à Pékin à coopérer pour réformer le système financier et monétaire international, à trois semaines d'un sommet des principales économies du monde aux Etats-Unis. Dans un projet de déclaration du septième sommet du Forum Europe-Asie (Asem), les 27 pays de l'Union européenne et 16 pays asiatiques, dont la Chine, le Japon et l'Inde, promettent de "prendre rapidement des initiatives appropriées" en ce sens. Ils invitent par ailleurs la communauté internationale à prendre des mesures propres à rétablir la confiance des marchés et à promouvoir la croissance économique mondiale.
Alors que l'Europe s'est mobilisée face à la crise - recapitalisations massives des banques, garanties de prêts interbancaires de centaines de milliards d'euros ou injections de liquidités sur les marchés - les pays asiatiques n'avaient pas jusqu'à présent apporté de réponse coordonnée à la tempête qui, non seulement touche déjà largement le Japon, 2e puissance économique mondiale, mais commence aussi à atteindre la Chine, la 4e économie, et l'Inde, la 10e. Mais peu avant l'ouverture du sommet, le Japon, la Chine, la Corée du Sud et les 10 membres de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (Asean) ont annoncé leur première action concertée depuis le début de la crise, avec la création d'un fonds de 80 milliards de dollars pour permettre à leurs économie de faire face à la tempête. Séoul, Tokyo et Pékin devaient contribuer à hauteur de 64 milliards de dollars, soit 80% du montant du fonds, l'Asean déboursant 16 milliards.
"L'Europe a besoin de l'Asie et l'Asie a besoin de l'Europe"
Le Premier ministre japonais Taro Aso a laissé entendre que l'économie japonaise risquait d'être très affectée par le ralentissement mondial, au moment où la Bourse de Tokyo plongeait de près de 10%. Pour la Chine, le président Hu Jintao a estimé que si "les fondamentaux de l'économie chinoise" restent inchangés, "la crise financière mondiale a notablement accru les incertitudes et les facteurs d'instabilité dans le développement économique de la Chine".
Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne, a souhaité, lors d'un entretien bilatéral avec son homologue chinois, que "soit mis à profit ce sommet de 43 pays pour préparer la réunion de Washington du 15 novembre". Lors de la cérémonie d'ouverture, le chef de l'Etat français a insisté : "la question qui nous est posée (est) comment l'Europe et l'Asie peuvent-elles ensemble répondre à ces défis considérables. Ce n'est pas un choix pour nous de travailler ensemble, c'est un devoir. L'Europe a besoin de l'Asie, de sa croissance, de son intelligence, de sa créativité et l'Asie a besoin de l'Europe, de sa technologie, de son savoir-faire, de sa stabilité (...) sur le système financier, sur le système monétaire, nous avons besoin d'élaborer des réponses communes".
D'après agence
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