Drapeau européen et drapeaux de pays membres de l'UE © Médiathèque de la Commission européenne| Pour la Banque de France, "aucune raison de penser que les bourses vont s'écrouler" |
Que faire pour juguler la fébrilité des marchés ? Lundi, toutes les Bourses mondiales ont connu une journée cauchemardesque, et la vigueur de ce choc, survenant bien longtemps après le début de la crise financière, a pris les traders eux-mêmes de court. Après avoir perdu plus de 7% en séance, le Dow Jones a reculé de 3,58% à New York en clôture, tombant à son plus bas niveau depuis quatre ans. Paris a dévissé de 9,04%, le plus fort recul en une séance depuis la création de l'indice CAC-40 en 1988. Londres a cédé 7,85%, Francfort 7,07%, Milan 8,24% et Amsterdam 9,14%. Moscou a dégringolé de 19,1%, une chute record. Face au risque de panique chez les petits épargnants, les pays européens envisagent de porter de 20.000 à jusqu'à 100.000 euros le seuil minimum de garantie bancaire par personne dans le cas d'une faillite. Selon des sources européennes, un projet en ce sens serait "sur la table des discussions" des ministres européens des Finances à Luxembourg, qui ont commencé à se réunir lundi au niveau de la seule zone euro, et poursuivront les discussions ce mardi au niveau de l'ensemble de l'UE.
Actuellement, la législation européenne oblige les pays de l'UE à garantir les dépôts pour un minimum de 20.000 euros par client. Même si de nombreux pays offrent déjà des montants plus importants, comme la France qui garantit jusqu'à concurrence de 70.000 euros. Plusieurs gouvernements européens, notamment l'Irlande, l'Allemagne, le Portugal, l'Espagne et l'Islande, ont par ailleurs annoncé des initiatives unilatérales ces derniers jours.
Des engagements rassurants, qui ne rassurent pas
Mais les grands argentiers de l'Europe auront fort à faire pour parler d'une seule voix. Ils ont multiplié lundi les engagements à prendre les mesures nécessaires, sans rassurer les marchés. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a assuré que les règles du bloc communautaire en matière de marché intérieur, d'aide d'Etat et de discipline budgétaire étaient suffisamment souples pour s'adapter à la "situation exceptionnelle" frappant les marchés et qu'elles n'avaient pas besoin d'être suspendues. Mais les ministres n'ont pu trancher sur l'opportunité d'un plan paneuropéen de secours aux banques frappées par la crise financière.
L'idée d'un tel plan européen de sauvetage, à l'image du plan Paulson aux Etats-Unis, reste défendue par certains Européens, comme l'Italie, en dépit du rejet de Paris et Berlin. Le ministre allemand de l'Economie, Peer Steinbrück, a néanmoins concédé que les opérations de sauvetage de banques au cas par cas pouvaient ne plus s'avérer suffisantes, ajoutant que Berlin devait réfléchir à une protection globale de son système financier et qu'un "plan B" était à l'étude, "mais pas sur une base européenne". Autant d'atermoiements qui attise la fébrilité des marchés et laissent planer le risque d'une contagion aux épargnants. En témoignent les propos rassurants régulièrement répétés par les pouvoirs publics comme une leçon bien apprise - même ton, même vocabulaire - le dernier en date à s'exprimer étant Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France : "L'inquiétude vient de la situation économique, il n'y aucune raison de penser que les bourses vont s'écrouler", a-t-il affirmé mardi sur Europe 1.
Les autorités américaines ont appelé pour leur part à une réaction "forte et coordonnée" à l'échelle mondiale tandis que la Réserve fédérale annonçait une nouvelle augmentation de ses injections de liquidités. Le président américain a estimé lundi qu'il faudrait du temps pour que le plan de sauvetage du secteur bancaire fasse effet sur le système financier américain. Mais au final, l'absence de réponse d'ampleur mondiale à la crise explique l'inquiétude des marchés. "Cela devient un problème de plus en plus global qui nécessite de plus en plus une réponse globale", analyse ainsi Dwyfor Evans, stratégiste chez State Street Global Markets à Hong Kong. "Les banques centrales sont maintenant considérées comme les principaux apporteurs de liquidité sur les marchés. Cela fait très mauvaise impression". Signe que la crise n'épargne plus aucune zone géographique, en Asie, la Corée du Sud a annoncé qu'elle mobiliserait une partie de ses réserves de change pour apporter des liquidités à ses banques et a proposé à la Chine et au Japon la tenue d'un sommet pour discuter de la crise.
D'après agence
| Sale temps pour les grandes banques |
La BCE a alloué mardi successivement 50 milliards de dollars, puis 250 milliards d'euros, lors d'opérations de refinancement qui ont rencontré une forte demande, preuve que la confiance tarde à revenir dans le secteur bancaire et que les grandes banques sont toujours aussi réticentes à se prêter entre elles. Pour sa part, l'Etat islandais va prendre le contrôle de la deuxième banque du pays nordique, Landsbanki, alors que le secteur menace de s'effondrer. Cette annonce est intervenue au lendemain de l'annonce par le gouvernement islandais de la mise en place d'un arsenal législatif donnant la possibilité à l'Etat de diriger tout le système bancaire du pays nordique. L'économie islandaise est largement basée sur son système financier, qui représente huit à neuf fois son PIB. S'il va mal, c'est toute l'économie qui est menacée. |
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