Les banques britanniques placées sous perfusion

le 08 octobre 2008 à 09h00 , mis à jour le 08 octobre 2008 à 22h26

Mercredi matin, le gouvernement britannique a annoncé la nationalisation partielle de son système bancaire, sans empêcher le plongeon de la Bourse de Londres.

Le ministre britannique des Finances, Alistair Darling (8 octobre 2008)Le ministre britannique des Finances, Alistair Darling (8 octobre 2008) © TF1/LCI

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Face à l'incendie de son système bancaire, le gouvernement britannique joue les pompiers. Et réclame des mesures drastiques à l'échelle européenne, sur le modèle du plan Paulson. Gordon Brown a ainsi affirmé mercredi avoir "invité" les autres pays de l'UE à adopter un "plan européen de financement" du système bancaire, peu après l'annonce un plan radical concernant les plus grandes banques du pays - plan qui n'a pourtant pas empêché un nouvel effondrement de la Bourse de Londres. Les autorités vont prendre une participation dans les huit plus importantes institutions bancaires, pour un montant pouvant aller au total jusqu'à 50 milliards de livres (65 milliards d'euros). Cette mesure, qui équivaut à une nationalisation partielle, sera accompagnée du déblocage d'une ligne de crédit de 200 milliards de livres (260 milliards d'euros), destinée à soulager le manque de liquidités.

Le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, a assuré que l'intérêt des Britanniques avait été protégé. "Soyons clairs : en retour de tout cela, le contribuable doit y voir un certain avantage", a-t-il dit, promettant que le gouvernement se verra notamment attribuer des "dividendes" pour les actions qu'il prend dans les banques. Les huit institutions concernées sont Abbey - qui appartient à l'espagnol Santander -, Barclays, HBOS - qui est en train d'être rachetée par Lloyds TSB -, HSBC, Lloyds TSB, Nationwide Building Society, la plus grosse banque non cotée du pays, Royal Bank of Scotland et Standard Chartered. Toutes ont confirmé leur participation au plan de recapitalisation.

Les vannes du crédit ouvertes

Cette mesure de soutien britannique, spectaculaire, n'est pourtant que la dernière en date parmi les efforts consentis par tous les Etats européens pour sauver leurs banques du gouffre. Ce même mercredi, en Autriche, le chancelier sortant Alfred Gusenbauer a annoncé que son pays assurerait une garantie illimitée des dépôts bancaires. En Islande, la première banque du pays, Kaupthing, a reçu un prêt d'urgence de 5 milliards de couronnes (513 millions d'euros) et l'Etat a pris officiellement le  contrôle de la banque Glitnir. La veille, le gouvernement espagnol avait annoncé la création d'un fonds de soutien au système financier de 30 milliards d'euros. Et la quête de liquidités se poursuit aussi outre-Atlantique.

Mardi, la Réserve fédérale américaine a annoncé une nouvelle mesure de soutien avec l'achat de billets de trésorerie, instruments financiers qui permettent aux entreprises de faire face à leurs besoins imprévus de liquidités, espérant ainsi empêcher la contagion de la crise du crédit à l'économie réelle. En vain. Wall Street est tombée dans la foulée à son plus bas niveau depuis cinq ans après une chute de 5,11% du Dow Jones et de 5,80% du Nasdaq, contaminant ensuite les marchés asiatiques. Le président de la Fed Ben Bernanke a évoqué une prochaine baisse des taux en soulignant que "les perspectives de croissance économique se sont dégradées" et que "les risques pesant sur la croissance ont augmenté".

D'après agence

le 08 octobre 2008 à 09:00
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