Sarkozy appelle l'UE à tirer les leçons de la crise

le 15 octobre 2008 à 16h37 , mis à jour le 15 octobre 2008 à 23h35

Le chef de l'Etat français a annoncé mercredi soir, à Bruxelles, que les 27 ont approuvé le plan d'aide au secteur financier annoncé dimanche par les dirigeants de la zone euro.

sarkozyNicolas Sarkozy à Bruxelles, le 15 octobre 2008 © TF1/LCI

Les dirigeants européens se sont réunis mercredi sur fond de rechute des Bourses pour reprendre à leur compte la stratégie adoptée par les pays de la zone euro et par le Royaume-Uni face à la crise financière internationale. Objectif principal : rallier l'ensemble des membres de l'UE au plan de sauvetage des banques de 2000 milliards d'euros décidé dimanche lors d'un sommet à Paris. 

Mission accomplie. Nicolas Sarkozy a en effet annoncé mercredi soir que les 27 pays ont approuvé le plan d'aide au secteur financier. "Je le dis avec prudence", a néanmoins précisé le président français, les Européens n'ayant pas encore atteint un accord définitif sur le texte qui avalisera ces mesures, en raison de quelques réserves des Tchèques. Le chef de l'Etat français a également assuré que tous les pays européens demandaient la tenue d'un sommet mondial d'ici la fin de l'année pour réformer le système financier. "Nous pensons que le mieux c'est novembre", a-t-il déclaré. Un sommet auquel le président George W. Bush devrait participer, a indiqué mercredi un porte-parole de la Maison Blanche. "Nous voulons tous pouvoir nous assurer que nous réussirons à traverser cette période, mais nous voulons adresser un signal clair au monde, pour faire comprendre que nous comptons bien nous attaquer à ces problèmes à l'avenir", a déclaré Tony Fratto.

Une refondation "globale"

Alors que la crise financière n'est pas "achevée", avait souligné un peu plus tôt Nicolas Sarkozy lors de l'ouverture du sommet de Bruxelles, la "refondation doit être globale", et aucune institution financière ne doit échapper désormais à la régulation et à la surveillance, de façon notamment à veiller à éviter l'apparition de nouvelles bulles spéculatives. "Nous devons aussi oeuvrer pour éliminer les zones d'ombre qui compromettent nos efforts de coordination, en l'occurence les centres off-shore", avait ajouté le président français.

Les dernières modifications à ce texte préparé par la présidence française de l'UE sur la réponse à apporter à la crise financière devraient être avalisées jeudi matin. Le projet de déclaration finale reprend notamment la proposition, défendue par la France, présidente en exercice de l'UE, d'une "cellule de crise financière" au niveau de l'Union. Ce dispositif d'alerte, d'échange d'informations et d'évaluation "pourra être saisi à tout moment par un Etat membre", veillera à la coordination des acteurs concernés et suggèrera, le cas échéant, une réaction commune. Les Vingt-Sept reprennent également l'appel lancé le 4 octobre à Paris par les quatre pays européens du G8 - France, Allemagne, Italie et Royaume-Uni - en faveur d'une application plus souple des règles communautaires relatives aux aides d'Etat aux entreprises et des critères de Maastricht sur les déficits.

La République tchèque et la Hongrie réservées

Seule la République tchèque et la Hongrie ont fait part de réticences à ce plan, parce qu'elles considèrent qu'il s'agit d'un chèque en blanc pour les banques. Tchèques et Hongrois ne devraient cependant pas bloquer l'adoption de la déclaration finale, alors que la quasi totalité des Etats membres se sont prononcés en faveur de cette stratégie et que les marchés financiers, au moins dans un premier temps, y ont réagi positivement.

Mais au-delà de la seule crise financière, les signes de récession qui se multiplient sur le Vieux continent sont aussi au menu du sommet. L'Irlande est déjà frappée et l'économie allemande, la première d'Europe, est "au bord de la récession", selon les instituts allemands de conjoncture. Les sommes colossales débloquées par les Européens et les Américains pour soutenir leur secteur bancaire ont certes éloigné, momentanément, la crainte d'un effondrement du système financier mondial, mais n'ont pas réussi à dissiper les inquiétudes des investisseurs.

D'après agence

L'écologie, grande perdante de la crise financière ?

La crise financière complique les négociations en cours sur le  plan d'action européen contre le réchauffement climatique, autre grand sujet du  sommet de Bruxelles. La France veut obtenir de ses partenaires un engagement confirmé à les  boucler d'ici la fin de l'année, alors que plusieurs pays demandent un  assouplissement des contraintes imposées à leurs industries en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

le 15 octobre 2008 à 16:37
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