A la recherche d'un emploi à l'ANPE © TF1Les chiffres officiels dévoilés jeudi soir ont confirmé la tendance : au cours du mois de septembre, le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE en catégorie 1, qui sert de baromètre officiel de la situation de l'emploi en France, a enregistré une hausse de 0,4%. Cela représente 8000 chômeurs en plus. Sur un an, la tendance à la baisse du chômage observée depuis 2005 s'est renversée : le nombre de demandeurs d'emploi est en hausse de 0,8% par rapport à septembre 2007. Et la barre symbolique des 2 millions de chômeurs se rapproche, à 1.957.600.
La hausse "contenue" de septembre est "moins alarmante que les chiffres du mois d'août" qui étaient "vraiment mauvais" (+2,2% à +41.300 chômeurs), a néanmoins commenté la ministre de l'Economie et de l'Emploi, Christine Lagarde. "Cela justifie pleinement l'ensemble des mesures que le président de la République a annoncées dans les Ardennes, que ce soit l'accélération de la fusion (ANPE-Assedic) au sein de Pôle emploi", ou la mise en place de la "sécurité sociale professionnelle", afin que les chômeurs puissent "aller le plus vite possible vers l'emploi", a-t-elle dit.
Les mauvais indicateurs se multiplient
Estimant que "45.000 personnes au sein de Pôle emploi étaient en mobilisation complète avec des périodes de formation qui ont commencé et vont se développer à marche accélérée", Christine Lagarde a évoqué un "branle-bas de combat sur la réduction des premiers temps de chômage". Selon elle, il s'agit de "prendre en charge les demandeurs d'emploi dès leur inscription et de les remettre sur les rails de la formation et du développement de la confiance le plus vite possible". Sur le "redressement plus net du chômage des jeunes à +1,4%" en septembre, la ministre a estimé qu'il était "sans doute dû à une fin de période estivale". Elle y voit également "le signe de fins de CDD, de fins de mission d'intérim et de licenciements". Selon elle, "ce sont les plus récemment entrés qui sont les premiers à sortir".
En raison de la crise, "on s'attend à avoir des chiffres qui ne seront pas bons pendant des mois et des mois", a jugé pour sa part, au cours de la même journée, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, sur RMC/BFM-TV. Il est vrai que, si le nombre mensuel de demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE est considéré par les experts comme un indicateur moins fiable que le taux trimestriel du chômage au sens du BIT (à 7,2% au second trimestre, plus bas depuis 25 ans), la hausse du mois de septembre n'en est pas moins inquiétante. D'autres indicateurs vont d'ailleurs dans ce sens. Les prévisions de l'Unedic s'assombrissent (+46.000 chômeurs en 2008), l'Insee table sur un taux de chômage de 7,4% à la fin de l'année, plusieurs plans de réduction d'effectifs sont annoncés et des entreprises comme Renault, PSA ou ArcelorMittal procèdent à des arrêts temporaires de production. Et Nicolas Sarkozy a reconnu jeudi qu'on ne pourrait "pas éviter qu'il y ait des licenciements".
D'après agence
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