Guichet de la Caisse d'Epargne © TF1/LCINicolas Sarkozy a estimé vendredi que la perte de 600 millions d'euros annoncée quelques heures plus tôt par la Caisse d'Epargne était inacceptable et a appelé implicitement à la démission des dirigeants du groupe. Rappelant qu'il avait demandé que les dirigeants des groupes financiers assument leurs responsabilités en cas de défaillance de leur établissement, il a souligné : "Tout ceci montre des inconséquences". Pour le chef de l'Etat, le montant en jeu "est suffisant pour que les responsables sachent en tirer les conséquences".
Quant à la ministre de l'Economie Christine Lagarde, elle s'est déclarée vendredi "particulièrement frustrée et découragée" par l'annonce d'une perte de 600 millions d'euros à la Caisse d'Epargne, qui n'arrive pas "au meilleur moment". Elle s'exprimait lors de la tenue du premier conseil d'administration de la société de refinancement des banques, mise en place par le gouvernement pour les aider à emprunter. "Je suis découragée car nous sommes en train de mettre en place une déclinaison puissante du plan convenu au sein de l'Eurogroupe, sur l'initiative du président de la République" et "la constatation de cette perte n'arrive pas au meilleur moment", a-t-elle ajouté. Avant de renchérir un peu plus tard sur France 2 en se disant "vraiment vraiment en colère".
La Commission bancaire enquête
La ministre de l'Economie s'est toutefois déclaré "satisfaite" que la Commission bancaire, l'organe de contrôle des banques, se soit "mise au travail" dès vendredi matin pour "examiner ce qui s'est passé" à la Caisse d'Epargne. Interrogée pour savoir si le gouvernement demanderait la démission des dirigeants du groupe, Christine Lagarde a répondu qu'elle allait "d'abord attendre la conclusion du contrôle exercé par la Commission bancaire". "Ensuite, nous prendrons nos responsabilités et évidemment le président de la République sera le premier juge de l'ensemble de ces questions", a-t-elle ajouté.
La ministre a raconté que le gouvernement avait été "informé mercredi soir qu'il y avait une difficulté" au sein de l'Ecureuil et, jeudi soir, de "l'ampleur potentielle" de la perte subie par la banque. "Cette perte ne remet pas en cause la solidité du groupe Caisse d'Epargne", avait affirmé auparavant le ministère des Finances dans un communiqué, qui précisait que la ministre avait demandé "immédiatement" à la Commission bancaire de "diligenter une mission de contrôle" à la Caisse d'Epargne.
Des "instructions" pas respectées, selon la Caisse d'Epargne
La Caisse d'Epargne a annoncé vendredi avoir perdu "de l'ordre de 600 millions d'euros" dans un "incident" boursier pendant la semaine du 6 octobre, marquée par le début du krach des Bourses mondiales. "L'incident", décelé "dans le cadre des procédures habituelles de contrôle", selon le communiqué, s'est produit dans le cadre des activités de "dérivés actions" de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne, qui a notamment pour fonction la gestion des participations du groupe.
Selon une source proche du dossier, l'équipe en charge des dérivés actions n'a "pas respecté" certaines limites en termes de montants investis sur ce marché en dépit des "instructions" qui lui avaient été données "compte tenu des conditions de marché". La banque a été contrainte de "solder cette position" alors que les marchés étaient en pleine tourmente. Selon un proche de l'Ecureuil, la perte de 600 millions est le fait de trois traders qui ont parié sur un "rebond de la Bourse" juste avant qu'elle ne chute brutalement le 6 octobre et qui ne sont pas arrivés à se "refaire",
D'après agence
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