Christine Lagarde après l'annonce des pertes de la Caisse d'Epargne (17 octobre 2008) © TF1/LCILes premières expertises réalisées par des organismes extérieurs à l'Ecureuil confirment les sombres conclusions du rapport préliminaire de l'Inspection générale de la Caisse d'Epargne : les contrôles n'ont pas fonctionné. Ce vendredi, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a commenté le rapport d'étape réalisé par la Commission bancaire sur la perte de trading de 700 millions d'euros subie par le groupe. "J'en tire la conclusion qu'il s'agissait d'opérations particulièrement complexes qui ne sont pas nécessairement au coeur du business model (modèle économique) des Caisses d'Epargne, ce qui m'amène à constater qu'il y a eu de graves lacunes dans le système de contrôle" de la banque, a expliqué la ministre lors d'une conférence de presse à Bercy.
Christine Lagarde a insisté sur le fait qu'il s'agissait d'un rapport d'étape, "qui n'a pas été conclu de manière contradictoire" et ne sera pas publié. Une enquête complète est actuellement menée en parallèle par la Commission, autorité de régulation des banques, dont les résultats devraient être rendus "rapidement", a indiqué la ministre, précisant toutefois qu'il ne s'agissait "pas de semaines mais de mois".
Une "dérive" dans la gestion des risques
Révélé par Le Nouvel Observateur, le rapport préliminaire de l'Inspection générale de la Caisse d'Epargne faisait également état d'une "dérive" dans la gestion des risques ainsi que "d'un nombre important de défaillances" au sein de la banque. Il rapportait ainsi que l'un des trois traders chargés des dérivés actions au sein de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne avait engagé à partir du 15 septembre des "montants très importants", pariant sur la hausse des marchés boursiers. Pendant près d'un mois, alors que le plongeon des Bourses mondiales aggravait la perte potentielle, la hiérarchie "ne réagissait pas".
Une situation qui s'expliquait notamment par le fait que "le responsable du compte propre, le chef direct du trader, avait négocié son départ avec la CNCE pour la fin septembre", la direction ayant décidé au printemps que cette activité serait fermée d'ici la fin de l'année, selon l'hebdomadaire. Quant au directeur financier, alerté le 10 octobre, il ne "bougeait pas non plus". Le 13 octobre, le jeune trader remettait sa démission, après avoir chiffré ses pertes à "120 millions d'euros". Et entre le 15 et le 17 octobre, jour où la perte était révélée, la Caisse d'Epargne devait se défaire de ses positions, selon le Nouvel Obs. Détaillant le mécanisme qui a conduit à ces pertes, le rapport interne ne mâchait pas ses mots, parlant d'un "nombre important de défaillances de contrôle interne", "d'alertes ignorées", d'une "dérive dans la gestion" qui "n'a pas été perçue à temps".
La révélation de ces pertes a entraîné dimanche dernier la démission de trois des principaux dirigeants de la banque dont son président Charles Milhaud et son directeur général Nicolas Mérindol. Le scandale ne devrait par contre pas remettre en cause le projet de rapprochement avec le groupe des Banques populaires, projet qui conserve le soutien du gouvernement.
D'après agences
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