© TF1-LCILe pétrole reculait lundi en début d'échanges européens, le baril de brent de la mer du Nord coté à Londres étant passé sous 60 dollars, en raison de craintes d'une chute de la demande sur fond de risque de récession et sous la pression d'une appréciation continue du dollar.
Le cours du Brent a chuté jusqu'à 59,02 dollars vers 9h45 lundi matin, redescendant ainsi à ses plus bas niveaux en séance depuis février 2007. Au même moment, le cours du baril de "light sweet crude" sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) tombait à 61,30 dollars, son plus bas niveau depuis mai 2007. Vers midi, le baril de Brent de la mer du Nord remontait à 60,25 dollars. Pendant ce temps, le baril de "light sweet crude" passait à 62,28 dollars.
Depuis leurs records du mois de juillet, où ils s'étaient hissés à plus de 147 dollars à Londres comme à New York, les cours du pétrole ont fondu en raison de craintes d'une chute de la demande sur fond de risque de récession entraînée par la crise financière internationale, et sous l'impact d'une forte appréciation du dollar. Lundi, le billet vert est remonté à des niveaux plus atteints depuis plus de deux ans face à l'euro, vers 1,23 dollar pour un euro, encourageant les investisseurs à s'éloigner encore davantage des matières premières, libellées en dollars, vers lesquelles ils s'étaient précipités en début d'année. Les mouvements de retrait des matières premières depuis le début de la crise financière, en août, s'expliquent aussi par le désir des investisseurs de revenir vers les valeurs les plus résistantes (dollar, yen, bons du Trésor américain), et par le besoin de liquidités découlant des tensions persistantes sur le marché du crédit.
L'or noir miné par la récession
Du côté de la demande de pétrole, les perspectives moroses sur la croissance mondiale font craindre aux investisseurs qu'elle ne flanche fortement, non seulement dans les pays développés mais également dans les économies émergentes. Vendredi, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a décidé de réduire nettement son offre de 1,5 million de barils par jour (mbj), pour tenter d'enrayer la chute des prix pétroliers en pleine crise financière internationale. Les 11 pays membres de l'Opep soumis au système des quotas (l'Irak en est exclu) vont donc réduire leur cible de production commune de 28,8 mbj actuellement à 27,3 mbj. Mais selon des spécialistes, la baisse de production décidée par l'Opep vendredi risque à court terme de ne pas être en mesure d'arrêter la chute des prix de l'or noir, minés par les craintes liées à la récession économique.
(D'après agence)
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