
Faute avouée est-elle à-demi pardonnée ? Georges Pauget, président de la Fédération bancaire française, semble en tout cas prêt à admettre les fautes commises. Au nom de la profession, il fait son mea culpa dans le Journal du Dimanche. "Il faut le reconnaître : nous avons commis des erreurs", affirme celui qui préside aussi le Crédit Agricole. "Les banques françaises, comme la quasi-totalité des banques dans le monde ayant une activité de financement et d'investissement, ont été impactées par la crise des subprimes née aux Etats-Unis. Il s'agissait de produits très sophistiqués, bénéficiant d'excellentes notations dans le contexte de l'époque. Il y a eu une mauvaise évaluation du risque", poursuit-il.
Mais il tient aussi à s'expliquer sur le rôle actuel des banques et sur l'état du crédit, alors que les institutions bancaires ont été, au cours des dernières semaines, accusées d'avoir coupé les vannes, que ce soit pour les particuliers ou pour les entreprises. Georges Pauget assure pour sa part que la demande de crédits connaît une stagnation voire une baisse de la part des particuliers en France. "La baisse de la demande est très forte sur les crédits immobiliers et stagne sur les crédits à la consommation", indique-t-il. "Cela a commencé au printemps. En début d'année, les Français piochaient encore dans leur épargne pour consommer. Les ménages réagissent hyper rapidement", selon Georges Pauget. "Déjà, sur les crédits immobiliers, la décélération ralentit. Cela pourrait se stabiliser", précise-t-il toutefois. En ce qui concerne les PME, le président de la FBF propose "de publier chaque mois, à compter du 30 septembre 2008, le détail des crédits accordés".
"La question d'une nationalisation ne s'est pas posée"
Les banques affichent donc leur bonne volonté en matière de crédit. Pour autant, le retour à la normale dans le secteur bancaire ne sera que très progressif. Grâce à un dispositif de gestion de crise qu'il qualifie de "remarquable", "la situation est en train de se débloquer" en France, estime-t-il. Il souligne que "la question d'une nationalisation ne s'est pas posée" dans notre pays contrairement au Royaume-Uni ou à l'Islande. Au final, "le refinancement de l'économie aura un effet positif sur notre secteur (...) Il n'y aura pas de baisse des embauches, seulement des étalements de certains investissements".
Dans ce contexte, le groupe Crédit agricole, estime-t-il, est "particulièrement solide et armé" face à la crise. Selon lui, "avec 64 milliards de fonds capitaux propres, le groupe Crédit agricole est l'établissement bancaire le mieux capitalisé en France".
D'après agences
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