Le "nouveau plan Paulson" s'inspire du Vieux continent

le 14 octobre 2008 à 16h18 , mis à jour le 14 octobre 2008 à 16h45

Pour rassurer les marchés, guère convaincus par les efforts du gouvernement américain, les Etats-Unis se dotent d'un plan proche de ceux adoptés par les Européens.

George W. Bush annonçant un nouveau train de mesures pour les banques (14 octobre 2008)George W. Bush annonçant un nouveau train de mesures pour les banques (14 octobre 2008) © TF1/LCI

Le gouvernement américain a annoncé mardi son intention de dépenser 250 milliards de dollars (soit 182 milliards d'euros) pour entrer au capital de banques et d'établissements financiers, une mesure qui vise à endiguer la crise du crédit qui menace l'économie d'une grave récession. Le Trésor devrait prendre des participations dans des acteurs majeurs du système bancaire des Etats-Unis, pour un montant qui ne dépassera pas 25 milliards de dollars par entreprise ou 3% des actifs. Les banques ont jusqu'au 14 novembre pour manifester leur intérêt. Neuf des principales institutions financières devraient être concernées et d'ores et déjà, le Trésor américain a fait savoir qu'elles absorberaient en tout 125 milliards.

Simultanément, la Federal Deposit Insurance Corp, l'organisme de garantie des dépôts bancaires aux Etats-Unis, a annoncé qu'elle garantirait à titre temporaire les "dettes seniors" (à savoir les dettes bénéficiant de garanties spécifiques et dont le remboursement est prioritaire par rapport aux autres dettes, dites "subordonnées") de l'ensemble des établissements bénéficiant déjà de la garantie des dépôts. Complétant ce plan, la Réserve fédérale a présenté les modalités de son mécanisme de rachats de billets de trésorerie ("commercial paper"), destiné à relancer ce marché aujourd'hui menacé de paralysie alors qu'il constitue une source de financement à court terme indispensable à de nombreuses entreprises, pas seulement financières. Les rachats de billets de trésorerie débuteront le 27 octobre.

Les conditions de l'aide gouvernementale

Ce plan en trois volets, très proche de ceux dévoilés ces derniers jours par le Royaume-Uni puis par plusieurs autres pays européens, dont la France et l'Allemagne, a été salué par les marchés financiers : Wall Street s'annonçait en nette hausse après un bond de plus de 11% la veille tandis le dollar montait face au yen et que les emprunts d'Etat, valeurs refuges traditionnelles, cédaient du terrain.

Quelques minutes avant la présentation du plan du Trésor, de la Fed et de la FDIC, le président George W. Bush avait déclaré que l'objectif de la Maison blanche était triple : le dégel des marchés du crédit, la création d'emplois et le soutien à la croissance. Il avait aussi souligné que "le plan a été conçu avec soin pour encourager les banques à racheter les actions (acquises par l'Etat) lorsque les marchés se seront stabilisés et qu'elles pourront lever des capitaux auprès d'investisseurs privés".

De son côté, le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, a expliqué que les banques dans lesquelles l'Etat investirait devraient se plier à un certain nombre de règles en matière de stratégie et de gestion. Ainsi, les "parachutes dorés" des dirigeants seront bannis. Paulson, qui dirigeait encore il y a moins de deux ans Goldman Sachs, la première banque d'investissement du pays, a admis que ce plan pouvait être jugé contestable par la plupart des Américains mais qu'il était nécessaire. De fait, cette recapitalisation massive du système bancaire concrétise un changement de stratégie forcé pour l'administration Bush : récemment encore, Paulson avait jugé qu'une telle mesure serait un aveu d'échec.

D'après agence

le 14 octobre 2008 à 16:18
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