Trader déconfit quittant la Bourse de New York (19 septembre 2008) © www.abacapress.com
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La chute est générale : après les Bourses asiatiques (-9,60% à la clôture à Tokyo), ce sont les places européennes qui ont sévèrement trébuché vendredi, en raison de craintes sur une récession profonde et durable, avec des pertes de 3,54% à Paris, 5% à Londres et de 4,96% à Francfort. Pendant qu'à New York, Wall Street emboîtait le pas : en fin d'après-midi (à l'heure française) le Dow Jones dévissait de 4,81%. La Bourse de New York a toutefois limité les dégâts en fin de séance, malgré la panique qui s'était emparée plus tôt des places financières asiatiques et européennes : à la clôture, le Dow Jones avait perdu 3,59% et le Nasdaq 2,28%.
Les Bourses d'Europe de l'Est n'ont pas été épargnées, forcées parfois d'interrompre les transactions pour limiter la casse, comme à Moscou ou Bucarest. Prague a notamment dégringolé de 11,77%, touchant un plus bas depuis mai 2004. Les Bourses nordiques ont suivi la tendance, Oslo accusant la plus forte chute (-9,24%). L'Eurostoxx 50, qui regroupe les poids lourds boursiers de la zone euro, a finalement reculé de 5%.
"Une capitulation"
"Ce n'est même plus de panique qu'il s'agit, mais d'une capitulation : les marchés baissent les bras face au spectre de la récession", a commenté Robert Halver, stratège actions de la Baader Bank. "Tout le monde n'a plus qu'une idée en tête: se débarrasser de tous les actifs à risque, comme les actions, et mettre l'argent qu'il reste en lieu sûr". Christine Lagarde a expliqué de son côté la débâcle par "un mouvement profond de deleveraging", c'est-à-dire de ventes de titres par des acteurs contraints de se désendetter en urgence.
L'annonce vendredi d'une baisse de production de l'Opep, le cartel des pays producteurs de pétrole, n'a rien fait pour dérider les investisseurs. Puis, très vite, une série de mauvaises nouvelles sont venues confirmer que la crise financière avait bien commencé à empoisonner l'économie réelle. Le Royaume-Uni a annoncé son premier recul de l'activité économique depuis 1992, avec une baisse de 0,5% de son produit intérieur brut au troisième trimestre. Les indicateurs macroéconomiques montrent "que la dynamique des profits va continuer de s'infléchir et que les sources d'impulsion sur l'activité, en provenance des pays émergents, vont se tarir au fur et à mesure alors qu'elles jouent un rôle essentiel depuis 2006", confirme Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis.
Les secteurs qui souffrent : automobile, transport aérien, banques
Le secteur le plus emblématique de cette contagion de la crise financière aux chaînes de montage vendredi était l'automobile : tour à tour les Français PSA Peugeot Citroën et Renault ont annoncé des arrêts de production, tandis que les suédois Volvo et Scania avouaient connaître la baisse de régime "la plus brutale jamais vue". Du coup les actions du secteur ont été très fortement sanctionnées en Bourse: Renault a affiché la plus grande perte du CAC 40 à Paris, chutant de 12,55% après avoir dévissé de plus de 16% en début d'après-midi. Volkswagen ou Daimler ont finalement reculé respectivement de 7,93% et 5,92% tandis que Fiat, dont l'action a été un moment suspendue à Milan pour freiner son plongeon, a au final dégringolé de plus de 8%.
Autre secteur touché : le transport aérien, avec un déclin pour la première fois depuis cinq ans du trafic passagers international et la pire chute du cargo depuis sept ans. Air France-KLM a également dévissé en Bourse après avoir émis un avertissement sur résultats. Et sur toutes les places européennes, les bancaires ont continué de souffrir : en Italie, les titres d'Unicredit et d'Intesa SanPaolo ont dû être suspendus après des plongeons de plus de 10%.
D'après agence
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