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La chute s'est enrayée jeudi pour les marchés financiers en Europe - à l'exception de l'Allemagne. Les Bourses de Paris et Londres ont terminé en hausse, portées par les pétrolières qui ont profité de la remontée des cours du pétrole comme à Wall Street tandis que Francfort a fini en baisse, plombée par la chute de Siemens et de Volkswagen. Le CAC 40 a clôturé sur un gain de 0,38% à 3310,87 points, les principaux contributeurs à la hausse ayant été Total (+1,47%) et GDF SUEZ (+4,37%). Londres a gagné 0,82% et Francfort a perdu 1,1%. Mais avant ce rebond de fin d'après-midi, plombés par les risques de récession planétaire, les marchés semblaient avoir perdu toute confiance, malgré l'annonce d'un sommet mondial sur la crise financière pour le 15 novembre. Cette incertitude qui plane toujours sur les marchés s'est aussi manifestée à la clôture de la Bourse de New York : Wall Street a terminé sans direction claire une séance très volatile, le Dow Jones gagnant 2,18% tandis que le Nasdaq perdait 0,63%.
Ce premier sommet mondial annoncé, dont Nicolas Sarkozy attend une refondation du système financier, qui aura lieu à Washington, visera à discuter des causes de la crise financière et identifier les principes de réformes pour éviter qu'elle ne se reproduise. Mais le nouvel ordre mondial qui pourrait sortir du sommet reste flou : l'UE veut une réforme profonde du système, une sorte de Bretton Woods bis, du nom des accords de 1944 qui avaient jeté les bases du système financier, avec une supervision mondiale des marchés confiée au Fonds monétaire international. Mais, réticent à toute refonte globale, George Bush a lui souligné à plusieurs reprises son attachement à la "liberté des marchés".
Contagion à l'économie "réelle"
Les Européens ont eux écarté toute idée de plan de relance généralisée, bien que le mot "récession" ne soit désormais plus tabou. Le Premier ministre britannique Gordon Brown a reconnu s'attendre à "une récession en Amérique, en France, en Italie, en Allemagne, au Japon, et, parce qu'aucun pays n'est immunisé, en Grande-Bretagne aussi".
Les derniers résultats d'entreprises ont confirmé la contagion de la crise financière à l'économie "réelle", avec des conséquences lourdes pour l'emploi. Sur les 90 sociétés américaines qui ont fourni entre lundi et mercredi des prévisions de résultats, 42% étaient négatives et seulement 6% positives, selon un recensement du site d'informations financières Briefing.com. Et le marasme économique risque de se transformer en crise sociale. Selon une responsable des Nations Unies chargée du programme pour l'habitat, la crise pourrait déclencher des émeutes au sein de la population urbaine grandissante dans le monde, alors que des habitants n'arrivent plus à payer leur loyer.
Paulson : "Lehman Brothers ne pouvait pas être sauvé" |
Le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a défendu mercredi sa décision controversée de laisser Lehman Brothers faire faillite, estimant que la banque d'affaires ne pouvait pas être sauvée. "Nous n'avions pas les pouvoirs" nécessaires, a-t-il souligné dans une longue interview au New York Times. De par la loi, la banque centrale américaine ne pouvait renflouer Lehman Brothers que si celle-ci disposait d'assez d'actifs à apporter en garantie lors de l'octroi d'un prêt, ce qui n'était pas le cas, a-t-il fait valoir. Plusieurs responsables européens, en premier lieu la ministre française de l'Economie Christine Lagarde, ont fait remarquer que l'intensification récente de la crise financière avait coïncidé avec la chute de la troisième banque d'affaires de Wall Street. Henri Paulson affirme avoir donné instruction aux dirigeants de Lehman de rechercher "avec détermination" un repreneur. Mais des banquiers anonymes cités par le New York Times soulignent ne pas avoir le souvenir qu'Henri Paulson ait évoqué devant eux le problème de la mauvaise qualité des actifs détenus par Lehman Brothers. |
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