Les 27 accordent enfin leurs violons

le 07 octobre 2008 à 16h01 , mis à jour le 07 octobre 2008 à 18h50

Après la cacophonie de ces derniers jours, les 27 coordonnent leur réponse à la crise financière en relevant le montant de garantie des épargnants.

Christine Lagarde s'exprimant sur la crise financière depuis le Luxembourg (7 octobre 2008)Image d'archives © TF1/LCI

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Fillon : "Il n'y aura pas de faillite de banque en France"
 

Les pays de l'UE ont décidé mardi de plus que doubler, de 20.000 à au moins 50.000 euros, le montant minimum de garantie bancaire des particuliers en cas de faillite, prenant ainsi leur première mesure concrète commune face à la crise financière mondiale. Le texte de la déclaration commune adoptée par les ministres des Finances des 27 à l'issue de leur réunion à Luxembourg évoque, pour la durée de cette mesure, "une période initiale d'au moins un an". Il souligne toutefois que "de nombreux Etats" de l'Union européenne souhaitent aller plus loin, en relevant le seuil minimum "à au moins 100.000 euros". C'est d'ailleurs ce qui a été annoncé par l'Espagne, l'Autriche, les Pays-Bas, la Belgique et la Grèce dans la foulée.

Les 27 se sont également arrogés le droit de changer la direction des banques auxquelles ils apportent leur soutien, de supprimer les "parachutes dorés" et d'intervenir dans la détermination des plus hauts salaires. Ces principes pourraient faire l'objet d'une proposition de loi présentée dans les prochains jours par la Commission européenne. Celle-ci devrait aussi proposer de réduire fortement, à quelques jours au lieu de jusqu'à trois mois actuellement, les délais de remboursement des déposants, en cas de faillites de leurs banques.

L'Irlande critiquée

L'accord trouvé à Luxembourg est moins ambitieux que l'objectif initial qui était de porter le seuil minimal à 100.000 euros pour tous. Mais plusieurs pays de l'UE, notamment de nouveaux Etats membres d'Europe de l'Est, ainsi que le Danemark ou la Finlande, ont fait valoir qu'un tel montant aurait été trop lourd à assumer budgétairement pour eux. L'objectif des pays européens est d'abord de rassurer les épargnants pour éviter une crise de défiance prolongée à l'égard des banques qui pourrait entraîner des retraits massifs des comptes. Les 27 veulent aussi afficher un front commun après les stratégies du chacun pour soi suivies jusqu'ici par les pays pour sauver leurs banques ou rassurer les petits déposants.

A ce sujet, la déclaration commune réaffirme la volonté des 27 "de se coordonner étroitement dans leurs actions et de prendre en compte les effets transfrontaliers potentiels de décisions nationales". Une critique implicite adressée à l'Irlande, qui a décidé la semaine dernière de garantir de manière illimitée non seulement les dépôts des particuliers, mais aussi les dettes de six grandes banques du pays. Cette décision lui a valu de nombreuses critiques en Europe, en particulier du Royaume-Uni. Londres y voit des avantages déloyaux accordés aux institutions financières irlandaises, avec le risque de fuite de capitaux. De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a qualifié d'"inacceptable" la statégie suivie unilatéralement par l'Irlande.

70.000 euros garantis en France

Pour un certain nombre de pays, la décision prise mardi ne changera toutefois rien dans l'immédiat. La France, par exemple, offre déjà une garantie à hauteur de 70.000 euros pour les dépôts et pour les titres. En outre, François Fillon a réaffirmé mardi que l'Etat empêcherait toute faillite d'établissement bancaire en France, quitte "à en prendre le contrôle, à démettre les dirigeants qui n'ont pas réussi et à les remplacer", solution selon lui "préférable à celle d'une garantie générale des déposants". Mais un nombre important de pays, notamment parmi ceux entrés dans l'UE lors de la dernière vague d'adhésion de 2004, offrent encore à ce jour une protection de 20.000 euros.

Par ailleurs, pour tenter de rassurer les marchés financiers, les ministres ont affirmé mardi qu'ils soutiendraient tous leurs grands groupes financiers en cas de difficulté. "Nous nous sommes mis d'accord pour soutenir les institutions financières systémiques", c'est-à-dire les grandes banques ou compagnies d'assurance, dont les difficultés auraient un impact sur le système dans son ensemble. C'est déjà de fait la stratégie suivie au cas par cas par les gouvernements de l'UE, qui ont volé au secours de groupes comme Fortis, Dexia, Hypo real Estate ou Bradford & Bingley au Royaume-Uni.

D'après agence

le 07 octobre 2008 à 16:01
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10 Commentaires

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  • Raton, le 07/10/2008 à 18h20

    Les violons sont accordés. très bien. Mais quand les altos et contrebasses seront ils accordés?

  • Bernard, le 07/10/2008 à 18h16

    Il ne faut pas confondre le déficit et les dettes de l'état avec les actifs dont il dispose. Ces actifs (foncier, infrastructure) représentent des sommes monumentales et servent à garantir les emprunts d'état. Or l'état Français emprunte à des taux bas, c'est donc qu'il apparait comme étant solvable. Ce que nos dirigeants veulent éviter, c'est une course aux guichets de banque pour retirer des fonds dans un mouvement de panique. Comme justement tout le monde n'a pas 70000 euros, le 'rush' ne se produira pas, au pire quelques gros épargnants risques d'ouvrir plusieurs comptes dans plusieurs banques pour répartir leurs risques. Dans les faits, il ne se passe donc rien :). Enfin il faut faire preuve d'empathie (dans une certaine mesure!) avec les banquiers: quand ils pretent 100, ils vont faire une marge de quelques pourcent. Mais si l'emprunteur ne rembourse pas, la banque doit 100 à "quelqu'un". Or il y a toujours des fonds disponibles, mais plus la confiance pour les prêter à qui que ce soit! Les banques placent donc leur argent auprès des états ou des banques centrales, qui doivent alors servir de relais puisque ce sont les seuls dont on est certain qu'ils sont solvables quoi qu'il arrive (et s'ils ne le sont plus on revient au moyen age, mais on en est bien loin). Comme d'habitude, quand ca va bien tout le monde pense que ca ira forcément bien pour l'éternité, et quand ca va mal, tout le monde s'imagine que c'est la fin du monde. En ce moment on est dans une phase de pessimisme aussi décorélée de la réalité que l'était la bulle Internet dans l'autre sens en 2000: ca va passer...

  • Bugs, le 07/10/2008 à 18h01

    Moi aussi j'ai des fins de mois difficiles surtout les 30 derniers jours

  • Louis, le 07/10/2008 à 17h11

    Comment l'état français pourrait couvrir les avoirs des déposants des banques française en faillite alors que lui même et au bord de la faillite?.

  • Konrad, le 07/10/2008 à 17h01

    Les bonnes intentions ne suffisent pas toujours car la réalité est souvent plus cruelle et incontournable qu'on ne le voudrait... Un écroulement global des banques et assurances impliquerait que l'Etat doive rembourser des centaines de milliards aux déposants. Je vois mal comment il le pourrait car les caisses sont vides. Les besoins non planifiés de l'Etat sont couverts par des emprunts auprès des particuliers qui souscrivent toujours massivement . Très bien, mais cela suppose que les particuliers ont des liquidités .......or c'est précisément ces liquidités que l'Etat doit leur rembourser ! On se mord la queue et à mon humble avis cela ne peut pas fonctionner ! Reste à prier pour que nos banques soient effectivement solides et "encaissent" le choc ...

  • Kiki, le 07/10/2008 à 17h01

    Toujours pas de récession chez lagarde,juste une activité en baisse

  • Tintoretto, le 07/10/2008 à 16h58

    100 000 euros sur un compte. Beaucoup de nos concitoyens sont loin de posséder une telle somme. De toute façon l'état ne possède pas assez de fond pour garantir l'ensemble des patrimoines français. On préfèrerait plutôt le voir lutter contre le chômage, et le pouvoir d'achat. Nombreux sont ceux qui ont des peines a boucler leur fins de mois qui commencent pour certains dès la première semaine.

  • Picsou, le 07/10/2008 à 16h47

    A quoi sert d'augmenter le montant minimum de garantie bancaire des particuliers en cas de faillite, dans la mesure ou l'État s'engage justement à empêcher toute faillite ? C'est la panique ou quoi ?

  • Vincent, le 07/10/2008 à 16h34

    Ah ah ! et la couleur de cet argent, où peut-on la voir ? Ou comment brosser le quidam dans le sens du poil pour lui faire passer (difficilement quand même) le poing qu'on est en train de lui enfoncer dans le c*l

  • Aldo, le 07/10/2008 à 16h27

    À quand une vrai décisions commune en EU ! L'union fait la force.

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