
Berlin, Vienne et Copenhague ont annoncé dimanche des garanties exceptionnelles pour les dépôts des particuliers, à la veille d'une réunion des argentiers de l'UE destinée à refaire leur unité face à la crise. Parallèlement, l'Allemagne a adopté un plan de sauvetage pour la quatrième banque du pays au bord de la faillite, pendant que la banque française BNP-Paribas va prendre le contrôle du bancassureur en difficulté Fortis en Belgique et au Luxembourg.
"Nous disons aux épargnants que leurs placements sont sûrs. Le gouvernement s'en porte garant", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, dans la foulée de l'annonce d'une garantie illimitée des comptes bancaires des particuliers, une mesure sans précédent en Allemagne, considérée par Bruxelles comme conforme aux règles européennes de la concurrence. Mais d'ores et déjà, le gouvernement allemand se dit conscient des limites d'une stratégie consistant à trouver "des solutions au cas par cas", et le ministre allemand des Finances a assuré lundi avoir "un plan B dans les tiroirs"... sans toutefois en dévoiler les détails. Le gouvernement autrichien a pour sa part emboîté le pas à Berlin dès dimanche, en annonçant pour mercredi une augmentation de la garantie de l'Etat pour les dépôts bancaires et les produits d'épargne des particuliers. Le ministre autrichien des Finances, Wilhelm Molterer, a expliqué l'initiative par la nécessité "d'éviter une fuite des épargnants" autrichiens vers d'autres pays, notamment l'Allemagne.
Fébrilité des gouvernements européens
Dimanche soir, le gouvernement danois et les banques ont à leur tour convenu d'un paquet d'aide pour assurer sans plafond les dépôts bancaires de la clientèle, selon la chaîne TV2 News, via un fonds alimenté dans les deux années à venir par au moins 30 milliards de couronnes danoises (4 milliards d'euros) versés par les instituts financiers. Au Royaume Uni, les Libéraux Démocrates (opposition) ont appelé le gouvernement à suivre le mouvement. Et ce lundi, le Financial Times croit savoir que le gouvernement britannique est prêt à son tour à adopter des mesures d'ordre général pour soutenir le secteur bancaire et à recapitaliser les établissements financiers via des prises de participation. Une telle recapitalisation n'a pas été exclue lundi par le ministre britannique des Finances, Alistair Darling. Le gouvernement suédois a annoncé pour sa part en ce début de semaine qu'il allait garantir les épargnes bancaires jusqu'à hauteur de 500.000 couronnes (51.110 euros) par personne, soit un doublement du plafond habituel. Enfin, le gouvernement espagnol dit ne pas exclure de garantir les dépôts des clients des banques qui souffriraient de la crise au cas où il n'y aurait pas de prise de position commune de l'Union européenne.
Ces gestes hautement symboliques interviennent dans la foulée des mesures adoptées en cavalier seul le 30 septembre par Dublin qui avait garanti les dépôts de six principales banques du pays, soit une somme d'au moins 400 milliards d'euros. Berlin, dont l'économie - la plus grosse de la zone euro - est touchée de plein fouet par la crise financière, a parallèlement annoncé avoir, après de dures négociations nocturnes, obtenu que le secteur bancaire et des assurances accorde une ligne de crédit supplémentaire de 15 milliards d'euros à Hypo Real Estate, la quatrième banque du pays par son total d'actifs (400 milliards d'euros fin 2007), qui est au bord de la faillite. La plus grande banque française, BNP-Paribas, va pour sa part reprendre pour un montant global de 14,7 milliards d'euros les activités en Belgique et au Luxembourg d'un autre groupe menacé, le bancassureur Fortis.
Après avoir réagi en ordre dispersé face à la crise financière, les ministres européens des Finances vont tenter d'afficher un front commun lundi et mardi, dans le sillage du sommet des quatre pays de l'UE membres du G8 (France, Italie, Allemagne, Royaume-Uni) tenu samedi à Paris. La réunion mensuelle des 15 ministres des Finances de la zone euro lundi à Luxembourg, puis celle des 27 ministres de l'UE mardi, pourraient être l'occasion de concrétiser l'engagement proclamé par les quatre plus grands pays de l'UE d'agir avec plus de cohérence face à la crise. Les ministres veulent essayer d'avancer sur l'amélioration de la régulation financière, en coordonnant mieux le travail des superviseurs nationaux dans l'assurance.
D'après agence
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