La rechute

le 15 octobre 2008 à 06h33 , mis à jour le 15 octobre 2008 à 23h29

Après deux journées d'euphorie, le CAC 40 a perdu mercredi près de 7% à la Bourse de Paris. A Wall Street, le Dow Jones a fini en baisse de 7,87%.

[Expiré] [Expiré] Les traders désemparés face au yo-yo des Bourses mondiales. Ici, à Francfort devant l'évolution de l'indice Dax le 7 octobre 2008. © AFP PHOTO DDP/THOMAS LOHNES

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Les cours de la Bourse en direct

Les Bourses renouent avec la panique. Après deux journées d'euphorie, Paris a bouclé en forte baisse mercredi lâchant près de 7% dans un marché plombé par les craintes de récession après de mauvais indicateurs  aux Etats-Unis. Le CAC 40 a cédé exactement 6,82% à 3.381,07 points et les 40 valeurs le composant ont fini dans le rouge. 

L'indice vedette Dax de la Bourse  de Francfort est lui repassé en dessous des 5.000 points, cédant 6,49%. Même chose à la Bourse de Londres (-7,08%) qui a plongé après l'ouverture en baisse de Wall Street. La Bourse de New York elle a clôturé en très forte baisse, le Dow Jones perdant 7,87% et le Nasdaq 8,47%.

Aux Etats-Unis, les risques de récession se précisent après la publication d'indicateurs défavorables. Les ventes de détail américaines s'affichaient notamment en recul de 1,2% sur un mois en septembre, alors que les analystes attendaient un repli plus modeste de 0,7%. "On a un déplacement de la crise financière vers l'économie réelle, a relevé un vendeur d'actions à Paris. Il y a un mouvement de balancier, quand on semble avoir réglé un problème bancaire, le marché se reporte sur l'impact sur les entreprises et les ménages". Ces craintes sur la première économie mondiale, éclipsées depuis quelques  semaines par la crise financière, avaient été relancées mardi soir par les propos de  Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale de San Francisco, constatant que "l'économie américaine semble en récession".

Pas d'optimisme "exagéré" 

Comme les autres Bourses européennes, le CAC 40 avait  enchaîné deux fortes hausses lundi et mardi, regagnant 14,23% au total après  avoir subi, la semaine dernière, la plus lourde chute hebdomadaire de son  histoire (-22,16%). "Après un rebond lié aux annonces de plusieurs gouvernements pour soutenir  le système bancaire, les regards des investisseurs vont se reporter sur le  risque de récession aux Etats-Unis", estimaient les économistes du courtier Aurel. "Il n'y a pas de raison de déclarer la fin de la crise financière et de verser dans l'optimisme exagéré", avait  averti Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe. La crise affecte déjà d'autres secteurs de l'économie, comme l'automobile et  l'agroalimentaire : l'allemand Daimler a annoncé mardi 3.500 suppressions  d'emplois en Amérique du Nord, et l'américain Pepsico 3.300.

La Banque centrale européenne  (BCE) a encore prêté plus de 270 milliards de dollars aux banques commerciales via deux  appels d'offres, toujours dans l'objectif d'aplanir les tensions sur un marché  monétaire au bord de l'asphyxie. Dans le cadre de son appel d'offres quotidien, elle a alloué 100 milliards,  soit la totalité du volume prévu. Ces injections massives sur le circuit monétaire visent à alimenter les  banques en liquidités. Elles sont quasiment la seule source de refinancement à  leur disposition, car les établissements de crédits, dont la confiance est au  plus bas, ont pratiquement cessé de se prêter de l'argent entre eux.

Le plan européen élargi aux 27

Alors que les craintes d'une contagion de la crise financière à l'économie réelle se confirment, la concrétisation du plan Paulson a bien dopé les marchés boursiers européens mardi. Soucieux d'envoyer un nouveau message fort au secteur financier, le secrétaire américain au Trésor a donc musclé mardi son plan, en annonçant l'entrée de l'Etat fédéral américain au capital de plusieurs banques. Neuf des plus grandes se sont déjà portées candidates et doivent absorber la moitié du plan. Parmi elles figurent les plus grands noms de Wall Street comme Citigroup, JP Morgan Chase, Bank of America, Goldman Sachs, Morgan Stanley et Merrill Lynch.

L'argent nécessaire sera prélevé sur l'enveloppe de 700 milliards de dollars  approuvé début octobre par le Congrès pour le plan de sauvetage des banques. Au départ farouchement opposé à une entrée de l'Etat dans le capital des  banques, Paulson s'y était résolu vendredi à l'occasion de la rencontre des  ministres des Finances du G7 à Washington. Les Européens doivent aussi peaufiner leur plan de sauvetage. Un sommet européen, mercredi et jeudi à Bruxelles, doit étudier l'élargissement aux 27 Etats de l'Union européenne (UE) des mesures de soutien adoptées par les grands  pays de la zone euro et le Royaume-Uni (lire notre article).

Brown et Barroso mettent la pression sur les USA

Le président de la Commission européenne et le Premier ministre britannique ont exhorté les Etats-Unis à une plus grande coopération internationale pour surveiller le système financier après la crise, Gordon Brown parlant d'une "reconstruction" nécessaire du FMI. "L'Europe mène la réponse mondiale" face à la crise financière avec les  plans massifs d'aides aux banques annoncés cette semaine, "nous devons continuer  à le faire" pour tirer les leçons de la tempête, a déclaré José Manuel Barroso  devant la presse, peu avant l'ouverture du sommet des dirigeants de l'UE. "Une priorité urgente est de renforcer la coordination au niveau  international et particulièrement avec les Etats-Unis", a ajouté Manuel Barroso, qui  doit s'entretenir de ces sujets samedi à Camp David avec le président américain  George W. Bush. Il sera accompagné du chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, dont le pays  préside actuellement l'UE.

D'après agence

le 15 octobre 2008 à 06:33
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16 Commentaires

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  • Blip, le 15/10/2008 à 18h00

    @ HAUSSMANN, PARIS Certes la vraie vie c'est pas la bourse, mais la vraie vie ce n'est pas aussi consommer à tout va. Une société ne s'évalue pas qu'a son pouvoir d'achat.

  • MEPHYSTO, le 15/10/2008 à 17h52

    Le dernier trimestre de 2008 ne va pas etre facile, je pense que toutes les banques n'ont pas encore declaré leurs pertes. J'ai bien peur que le pire reste à venir.

  • Gascon, le 15/10/2008 à 17h50

    "qui accumule les richesses a beaucoup à perdre" (lao tseu)

  • Did92, le 15/10/2008 à 17h47

    La vrai question la rechute aujourd'hui est elle de meme nature que les jours précédent ou est ce la prediction d'une profonde recession economique qui va toucher les sociétés....dans ce cas la le probleme est très différent....

  • John, le 15/10/2008 à 17h46

    Qui s'en étonne ? Personne !!

  • Feanorsam, le 15/10/2008 à 16h53

    Cela montre encore une fois l'incompétence des politiques, ils n'ont strictement aucunes influences sur la bourse, il faut surveiller les indices US. cela fait un an que le cac40 est en chute de 6100 points été 2007 et 3400 points maintenant, alors oui ça c'est accélérer, sur le long terme les indices mondiaux sont baissiers, rien ne présage quelconques retournements du points de vue de l'analyse graphique sur le moyen terme.C'était fin 2007 ou il fallait anticiper une crise, depuis quelques années déjà on entendait que jamais les banques n'avaient eu autant d'argent dehors.

  • Dominique, le 15/10/2008 à 16h11

    Quelle évidence!!! Plus personne ne fait-il preuve de bon sens ? Serait-il possible d'évaporer une crise financière avec les répercussions évidentes sur l'économie en quelques jours ? Combien de crises faudra t'il endurer pour comprendre qu'il faut définitivement cesser de penser à très court terme mais agir pour le long terme en faisant preuve de patience et en modérant les appêtits financiers des moins scrupuleux de cette planète.

  • Cazeaux, le 15/10/2008 à 14h01

    L'Europe n'a pas de leçons à donner en matière de libéralisme , elle qui prône un modèle, social, étatique, capitalistique donc non libéral et concentré ds quelques mains,.....bref, on coninue de réver. L'euro est le seul responsable de cette crise.Ce sont les choix européens en matière d'économie, plus particulièrement le choix d'une monnaie technique et contraignante sur le dollar qui a fait imploser le système du crédit aux Etats-Unis. Avec l'euro, c'est la fin d'une économie "bon marché" et profitable pour le plus grand nombre en matière d'investissement mais plutot l'avènement de concentrations de capitaux(Etat-grands groupes-ordre mondial du commerce avec monnaie unique)qui vont étouffer toute initiative libérale à titre individuel ou de petits groupes. La marque de la bête arrive bientôt, et l'Europe en sera la tête !!!! quelle catastrophe pour le monde et les libertés, surtout pour le monde anglo-saxon d'inspiration protestante.Rome et son empire reviennent....au secours.D'ailleurs, on prêche la justice sociale en Europe, l'HUMANISME!!!!, le piège magnifique!!!! beaucoup vont se laisser charmer par ses beaux discours édictés par des LOUPS DEGUISES EN AGNEAUX...il n'y a qu'a voir le visage de mépris de Barosso sur le 1er ministre irlandais qd son peuple à dit non...au dragon que forme le continent européen(sauf l'angleterre qui est détachée et qui n'aura jamais l'euro, donc sous un JOUG).

  • Poluxe82, le 15/10/2008 à 13h54

    On a peur, les indices chutent, on réinjecte. Les indices remontent brusquement puis rechutent, on réinjecte...et ansi de suite. Et quand il n'y aura plus rien a injecter, vous allez faire comment ???

  • Pat, le 15/10/2008 à 13h51

    Je crois que vous n'allez pas avoir beaucoup de difficultés a trouver des titres pour vos articles des 3 prochains mois: - le rebond ? - la rechute ? bref... le systeme est loin d'etre guérri, puisque pour le moment, on n'injecte pas de "vaccin" mais uniquement des "vitamines" pour tenir le coup...

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