Trader déconfit quittant la Bourse de New York (19 septembre 2008) © www.abacapress.com![]() |
Un vent de panique a soufflé ce lundi sur les places boursières. Dans le sillage de la dégringolade des places asiatiques, la Bourse de Tokyo ayant clôturé en baisse de 4,25%, celle de Hong Kong en chute de 5% et celle de Shanghai en plongeon de 5,23%, toutes les bourses européennes ont clôturé en forte baisse. A Paris, le CAC 40 a perdu 9,04%, du jamais vu depuis sa création en 1988. Avant la création du CAC, le marché parisien avait chuté de 9,64% le 19 octobre 1987. La Bourse de Francfort a de son côté terminé en baisse de 7,07%, celle de Londres de 7,85% et celle d'Amsterdam de 9,14%. Les deux Bourses de Moscou ont elle dû fermer à deux reprises et l'indice RTS a clôturé sur une chute record de 19,1%. De son côté, Wall Street a limité les dégâts. Après plus de 7% de perte dans l'après-midi, le Dow Jones a clôturé en baisse de 3,58% et le Nasdaq de 4,34%. Pour la première fois depuis octobre 2004, le Dow Jones a fini sous la barre des 10.000 points.
L'adoption du plan Paulson vendredi par la chambre des représentants américaine n'a visiblement pas suffi à rassurer les investisseurs, affolés par les nouveaux développements de la crise financière en Europe. A Francfort, le Dax a ainsi particulièrement souffert de la débâcle des valeurs du secteur bancaire, les principales victimes étant la banque immobilière en difficultés Hypo Real Estate et la grande banque de détail Commerzbank. "On ne répétera jamais assez que, si la mise en place effective de l'ensemble des mesures du plan Paulson marquera très probablement une inflexion dans la crise actuelle, elle n'en signifiera pas la fin", commentait lundi matin Eric Vergnaud, économiste de BNP Paribas, en évoquant "de nouvelles dépréciations".
La crise plombe les valeurs pétrolières
Autre signe que les investisseurs voient l'avenir économique en sombre : les cours pétroliers sont en baisse lundi pour la quatrième séance de suite, du fait des inquiétudes sur les conséquences de la crise financière pour la demande d'or noir. A New York, le baril de "light sweet crude" pour livraison en novembre a fini à 87,81 dollars, en baisse de 6,07 dollars par rapport à la clôture de vendredi. C'est la première fois depuis le mois de février qu'il passe sous la barre des 90 dollars. La demande pétrolière est notamment en repli aux Etats-Unis sous l'effet de l'accélération de la flambée des prix de ces derniers mois, mais aussi au Japon et en Europe, où les plans de sauvetage des banques se multiplient. Dans ce contexte tendu, la fermeté du dollar constitue une pression supplémentaire sur les cours. Quant à l'euro, il est passé sous 1,35 dollar lundi, un niveau plus atteint depuis le 22 août 2007.
Et d'autres nuages s'amoncellent en provenance des Etats-Unis, où la semaine dernière a déjà été la pire pour Wall Street au cours de ces sept dernières années. Non seulement les investisseurs se demandent si le plan Paulson sera suffisant pour "dégeler" les marchés du crédit et éviter la récession, mais la nouvelle "saison" de résultats qui s'annonce risque d'être difficile pour les marchés. L'aluminier Alcoa sera, comme de coutume, le premier à annoncer mardi ses résultats du troisième trimestre. Si la semaine ne sera pas très riche en indicateurs économiques, après les très mauvais chiffres de l'emploi publiés vendredi, toute donnée inférieure aux prévisions pourrait être interprétée comme un signe de récession ou quasi-récession. Et faire un peu plus chuter les cours.
D'après agence
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