Où trouver l'argent pour sauvegarder les banques ?

Par F.L., le 01 octobre 2008 à 08h10 , mis à jour le 01 octobre 2008 à 13h48

Rumeurs d'utilisation de l'argent destiné à la rénovation des campus, recours au Livret A : le gouvernement tente à la fois de trouver des fonds et de désamorcer les risques de polémique.

euros billet argent monnaie devisesImage d'archives © Sxc Lusi

 

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Après les chocs en série subis par le système bancaire américain, la crise financière s'est invitée en Europe. Les gouvernements ont dû intervenir pour sauver Fortis, fournir une bouée à Dexia - et voilà l'Etat français contraint de mettre la main à la poche. Avec un objectif impérieux : empêcher toute faillite de grande banque.

"Les Etats doivent assumer leurs responsabilités afin de garantir la sécurité des déposants et le fonctionnement de l'économie", a ainsi expliqué François Fillon, après le feu vert de Nicolas Sarkozy au plan de sauvetage de Dexia, concocté dans l'urgence avec les autorités belges et luxembourgeoises. Effectuée à travers une augmentation de capital, cette aide passera par une nationalisation de fait. Mais où trouver les 3 milliards nécessaires ?

Les recettes de privatisations

L'une des solutions seraient de privatiser quelques bijoux de l'Etat. Mais le marché ne se prête pas à ce genre d'opération. Heureusement, les dernières privatisations ne sont pas lointaines et il reste quelques euros dans les caisses. Au terme d'une audition à huis clos avec la ministre de l'Économie Christine Lagarde, Jean Arthuis, président de la commission des Finances, a évoqué, comme "une possibilité parmi plusieurs", l'utilisation des recettes de privatisation d'EDF. Or, ces recettes issues de la cession d'une partie des parts de l'Etat sont censées financer la rénovation des terrains universitaires. Mais, a souligné le sénateur UMP Philippe Marini, "en situation d'urgence, la décision peut changer".

L'emprunt à long terme

Déshabiller les universités pour voler au secours des banques ? Dès mardi soir, le gouvernement a décidé de couper court au risque de polémique. "L'argent des université, c'est pour les universités", a martelé Eric Woerth, lors du Grand Journal de Canal+.

Le ministre du Budget a semblé plaider pour un emprunt. "Vous pouvez emprunter sur les marchés à long terme un milliard d'euros, ça ne joue pas dans les déficits publics", a-t-il expliqué, "parce qu'en face de ce milliard, il y a évidemment une participation dans un établissement. Ce n'est pas de l'argent comme ça, qui est donné pour rien (...) ça peut d'ailleurs être un bon placement", a-t-il tenté de convaincre.

Le Livret A

Mais au-delà de Dexia, il faudra sans doute beaucoup plus pour faire face à la crise. Pour l'heure, a souligné François Fillon dans Les Echos, l'Etat entend concentrer son action sur le secteur bancaire - car "rien ne laisse à penser que les assurances soient vulnérables" - et "rassurer" durablement les Français. Pour cela pas de mystère, il faut injecter des fonds. Et il envisage notamment de toucher au "bas de laine" le plus emblématique pour beaucoup de Français que constitue le Livret A.

Précisément, les fonds déposés sur Livret A s'élevaient fin juillet à 128,1 milliards d'euros, en hausse de 9,8% en un an. La collecte a fortement augmenté ces derniers mois, conséquence de la hausse du taux de rémunération du Livret (porté à 4% en août) et de la chute des marchés boursiers. François Fillon relève donc qu'il y a des "excédents de la collecte par rapport aux besoins du logement social", auxquels ils sont traditionnellement destinés, et "qu'ils doivent pouvoir être réaffectés" au financement de l'économie. Une piste confirmée par le porte-parole du gouvernement Luc Chatel. Selon le directeur général de la Caisse des dépôts, Augustin de Romanet, ces excédents sont de l'ordre de 20 à 30 milliards d'euros.

Certes, pour faire face "à une crise de crédits majeure", "il faut trouver des ressources" mais sans "perdre de vue que tout cela doit être sécurisé", plaide pour sa part le patron des députés UMP, Jean-François Copé. Aussi suggère-t-il pour cela "une garantie de l'Etat" ou "de la Caisse des dépôts". Sans pour autant convaincre le PCF qui déjà dénonce mercredi le "cynisme" du gouvernement et juge que  "l'épargne des Français ne doit pas servir de bouche-trou à la spéculation  financière".

Avec agences

Par F.L. le 01 octobre 2008 à 08:10
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14 Commentaires

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  • Gaby, le 01/10/2008 à 14h08

    Moi ej suis pour qu'on prête aux banques...mais qu'elles remboursent quand elles commencent à faire des bénéfices!!!

  • Philippe, le 01/10/2008 à 14h05

    "A force d'accepter l'innacceptable on va finir par tolerer l'intolerable" dixit M le president..Aprés le livret A on va nous faire les poches?..

  • Olivier, le 01/10/2008 à 13h56

    Entièrement d'accord avec Josée de Grenoble : il faut absolument que le Gouvernement explique extrêmement vite la situation ! Je sens un vent de panique là, c'est impressionnant !

  • Marcel, le 01/10/2008 à 13h32

    Pourquoi les con....tribuables devraient-ils payer pour réparer les fautes des dirigeants et décisionnaires bancaires. Ces fautifs devraient avant tout être sévèrement sanctionnés et déchargés de tout poste à responsabilité. Ceci serait un miinimum. La situation actuelle n'incombe ni aux états ni aux emprunteurs. Elle est le résutat de la cupidité des banques qui cherchaient à faire du fric sur le dos de personnes dont elles savaient pertinement qu'elles seraient incapables de faire face à leur dette.

  • Gaellic, le 01/10/2008 à 13h02

    Je suis consternée de voir des réactions suite à la crise financière majeure qui s'abat sur nous: En voici quelques unes: - Les parachutes dorés: bien sûr il y a des abus surtout dans les cas de gestion calamiteuse. Mais il y a aussi des patrons très performants et si la France veut les conserver créer les conditions pour cela. ceci représente peu de chose dans le cas présent. - le bouclier fiscal: Beaucoup oublient que le bouclier fiscal ne touche qu'une infime minorité de contribuables. Malheureusement... sa suppression ne reglerait en rien le problème pire cela inciterait encore plus l'évasion fiscale - les français ont les hommes politiques qu'ils méritent. - Après avoir largement profité des largesses de l'Etat (c'est à dire eux-même) les Français vont devoir affronter la réalité: dépenses sans compter et déficit budgétaire. Un jour il faut bien passer à la caisse! Ce sera un vrai épreuve longue et douloureuse pour tout le monde. Il faut lucidement l'accepter et retrousser ses manches! cette crise ne fait que précipiter les choses.

  • Rouanitos Gomech, le 01/10/2008 à 11h53

    On capitalise les gains, on nationalise les pertes ! AKA une extrême minorité accumule les gains liés à la spéculation mais c'est toute la société qui éponge leur dettes !!! Mais de qui se moque t-on ? L?Agence américaine de développement international (USAID) estime que le coût annuel pour éradiquer la fin dans le monde est de à 2,6 milliards de dollars par an. 0,002 % de ce que va couter le plan de sauvetage !!! C'est une honte. R.G.

  • Marc, le 01/10/2008 à 09h57

    Je suis gérant de ma Société, lorsque j'ai demandé un prêt pour augmenter mon activité avec à la clé embauche de plusieurs personne etc .. il a fallu que je me porte garant sur mes biens personnelles, alors ils n'ont qu' a faire pareil. Une autre réflexion : Le système capitaliste est contre le principe de solidarité, sauf bien sur quand leurs intérêts sont en jeux. Une autre réflexion : Lorsque des petits actionnaires style action eurotunnel ou autres ont pratiquement perdu leur placement tant pis pour eux !! mais quand ça touche les gros alors là il faut aider !!!

  • GRIL, le 01/10/2008 à 09h51

    Le gouvernement a de l'argent en reserve pour les imprevus pr faire face à cette situalition exceptionnelle ou un nouvel emprunt est fait qui augmentera la dette déja tres importante , c'est tres grave, pour l'avenir de la France, nous avons des hommes politiques qui ne se privent de rien , sachant ce qui se passe encore mieux que nous, la question posee m'angoisse , j'ai des petits -enfants .

  • Josée, le 01/10/2008 à 09h48

    Des dizaines d'internautes sur le site du figaro prêts à retirer leur argent du livret A; il serait judicieux d'expliquer TRES VITE, si les épargants auront la garantie de retrouver leurs économies, ne faisant pas particulièrement confiance, ni aux entreprises, ni aux banques pour cela. Attention si on touche au livret A, il y aura panique à bord!!! Il serait peut-être plus sage ld'annoncer la suppression pure et simple des parachutes dorés, 2 patrons qui laissent une entreprise en difficultés, en ce moment ne seraient qu'en partie privés de ces libéralités !!!

  • Cindy, le 01/10/2008 à 09h35

    Les taxes sur le carburant n'ont-elles pas rapporté un petit pactole au moment ou le baril était au plus haut ??

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