"Dire la vérité aux Français, a expliqué le chef de l'Etat jeudi à Toulon, c'est leur dire que la crise n'est pas finie" © DRL'exécutif veut montrer qu'il ira au bout. Après avoir fait céder le patron démissionnaire de Dexia, Axel Miller, qui a finalement renoncé vendredi matin à son parachute doré de 3,7 millions d'euros sous la pression de Bercy (lire notre article), l'Elysée ressert l'étau autour des organisations patronales... et le planning.
A l'issue d'une réunion vendredi matin avec les ministres de l'Economie Christine Lagarde et du Travail Xavier Bertrand, Nicolas Sarkozy leur a demandé de "présenter publiquement leurs propositions" sur l'encadrement des rémunérations des patrons "avant le mardi 7 octobre afin que le gouvernement puisse en tirer les conséquences lors du Conseil des ministres qui se réunira à cette date", a annoncé l'Elysée.
Branle-bas de combat
Avant le communiqué de l'Elysée, le Medef avait déjà dit qu'il présenterait lundi ses propositions sur la rémunération des dirigeants. De leur côté les ministres européens des Finances se préparent également à adopter plusieurs recommandations sur cette pratique. En obtenant d'Axel Miller qu'il renonce à son parachute doré, le gouvernement français a pris de court le comité des rémunérations de Dexia qui devait décider lundi d'attribuer ou non cette indemnité à Axel Miller.
Lors de son discours de Toulon, le président avait demandé à ces organisations de lui présenter des propositions avant la fin de l'année, faute de quoi le gouvernement serait amené à légiférer (lire notre article). Mais mercredi, au coeur de la polémique provoquée par les indemnités de départ de la banque franco-belge Dexia sauvée de la faillite par une intervention de Paris, Bruxelles et Luxembourg, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel avait indiqué que le gouvernement présenterait "dans les prochaines semaines" un texte à ce sujet, sans attendre les propositions patronales.
Les volontés de Sarkozy
Au cours de la réunion de vendredi matin, Nicolas Sarkozy a rappelé sa volonté de "mieux encadrer les modes de rémunération des dirigeants, de manière à éviter à l'avenir de nouveaux abus, encore plus inexcusables dans le contexte actuel", selon l'Elysée. Le chef de l'Etat a souhaité que "les dirigeants qui ont le statut de mandataire social ne bénéficient pas en même temps des garanties liées à un contrat de travail, qu'ils ne reçoivent pas d'actions gratuites (et) que leur rémunération soit indexée sur les performances économiques réelles de l'entreprise", indique le communiqué.
Il a également indiqué qu'il ne voulait pas que les dirigeants puissent prétendre à un parachute doré "lorsqu'ils ont commis des fautes ou mis leur entreprise en difficulté et qu'en tout état de cause les conditions d'attribution des indemnités de départ soient précisées et limitées". Il s'est enfin prononcé en faveur de la généralisation de l'intéressement et de la distribution des stocks-options à tous les salariés d'une entreprise lorsque ses dirigeants en sont bénéficiaires.
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