Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, le 10 septembre 2007 © TF1/LCINi l'idée, ni le coût ne sont confirmés qu'elle répond d'un "Nein". Dans un entretien au quotidien allemand Bild jeudi, la chancelière allemande Angela Merkel fait savoir qu'il n'est pas question de mettre en place un plan de sauvetage européen des banques menacées de faillite. Ce plan Paulson à l'européenne devrait être l'une des propositions phares que Nicolas Sarkozy devrait faire lors du mini-sommet européen sur la crise financière, samedi, à Paris.
Autour de la table : les chefs d'Etat et de gouvernement des quatre pays européens du G7, de José Manuel Barroso (président de la Commission européenne), Jean-Claude Juncker (président de l'Eurogroupe), et Jean-Claude Trichet (président de la Banque centrale européenne). Et sans doute quelques tensions autour de la légitimité d'un plan de renflouement des banques européennes comme les Etats-Unis tentent de le faire.
Le plan qui valait 300 milliards d'euros ?
Rejetée haut et fort par Berlin, cette proposition est attribuée aux Français, mais démentie par Paris. Aucune information officielle n'a été donnée jusqu'ici sur son montant. Dans une interview jeudi au quotidien allemand Handelsblatt, la ministre française de l'Economie Christine Lagarde plaide en faveur d'un fonds européen destiné à empêcher les défaillances bancaires. "Que se passerait-il, si un Etat de petite taille était confronté à la menace d'une faillite bancaire ? Peut-être n'aurait-il pas les moyens de sauver l'institut concerné. Se pose alors la question d'une solution européenne", a dit Christine Lagarde au quotidien. Elle indique que la question du financement d'un tel fonds, sur les deniers du budget européen ou directement par les Etats membres, devait encore être discutée. Le coût du plan a été estimé à 300 milliards d'euros par une source gouvernementale européenne, chiffre immédiatement "démenti catégoriquement" par le ministère français de l'Economie et des Finances.
L'Allemagne, qui juge son secteur bancaire plus solide que d'autres, plaide pour une gestion au cas par cas des crises bancaires par chaque pays concerné. Angela Merkel ne "peut pas et n'entend pas accorder de chèques en blanc aux banques", dit-elle dans un entretien au Bild. Ce plan de sauvetage "à l'américaine" pour les banques européennes a toutefois des partisans en Allemagne, comme le patron de la première banque allemande Deutsche Bank, Josef Ackermann. Il a jugé mercredi que "l'Europe devait être prête à tout." Malgré ces réticences allemandes, Nicolas Sarkozy est déterminé à organiser la riposte européenne à la crise financière. Mercredi soir, le président de la République a continué ses consultations tous azimuts. Affaire à suivre, donc.
(D'après agence)
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