Laurence Parisot © LCIRéunis à Paris vendredi sous la houlette de la présidente du Medef, Laurence Parisot, les représentants patronaux de cinq pays du G8 (France, Etats-Unis, Allemagne, Royaume-Uni et Italie) ont vigoureusement défendu le libre-échange et appelé les Etats à cesser leurs interventions dans l'économie une fois la crise internationale passée.
"Nous soutenons totalement et sans réserve les différents plans élaborés tant au niveau américain qu'européen pour sécuriser et soutenir les institutions financières. Ces plans étaient les meilleures solutions possibles (...) au-delà de ça, nous pensons qu'il y a un certain nombre de précautions à avoir", a dit la "patronne des patrons" français. "Nous considérons que les gouvernements ne doivent surtout pas alourdir les charges fiscales qui pèsent sur les entreprises et doivent éviter toute mesure qui pourrait provoquer des risques protectionnistes, toute approche qui considérerait qu'il faut maintenir durablement l'intervention de l'Etat dans l'économie", a-t-elle précisé. "L'intervention de l'Etat pourrait ralentir les chances de retrouver un rythme de croissance soutenu" après la crise, a ajouté Laurence Parisot.
Ils "font insulte aux contribuables"
Si le vibrant plaidoyer des grands patrons en pleine tempête financière a suscité peu de réaction, celle de Bernard Carayon, député UMP du Tarn, vaut, par sa force, un concert de reproches. Le parlementaire a en effet qualifié samedi les propos de Laurence Parisot d"'indécence inexcusable". "Ils n'ont rien compris", s'exclame même le député dans un communiqué. Leurs déclarations "font insulte aux contribuables, aux citoyens et au gouvernement". "Ceux qui ont tout fait, depuis vingt ans, pour faire reculer l'Etat, déréguler, et dénationaliser sont aujourd'hui ceux qui supplient les Etats de nationaliser, de les assister et de réguler", poursuit-il. "Il faut que les représentants du patronat soient bien inconscients et bien ingrats pour exiger qu'au lendemain de la crise, les Etats disparaissent totalement de l'économie après avoir épongé les risques inconsidérés et les erreurs de gestion des spéculateurs".
"Partout éclatent les conséquences catastrophiques d'un capitalisme sans moralité. L'indécence des propos du Medef n'en paraît que moins excusable", conclut l'élu du Tarn.
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