Parisot défend le libre-échange et énerve un député

Par L.D. (D'après agence), le 18 octobre 2008 à 16h36 , mis à jour le 19 octobre 2008 à 07h48

Lors d'une réunion à Paris, la présidente du Medef a appelé les Etats à cesser leurs interventions dans l'économie une fois la crise internationale passée.

TF1-LCI, Laurence ParisotLaurence Parisot © LCI

Réunis à Paris vendredi sous la houlette de la présidente du Medef, Laurence Parisot, les représentants patronaux de cinq pays du G8 (France, Etats-Unis, Allemagne, Royaume-Uni et Italie) ont vigoureusement défendu le libre-échange et appelé les Etats à cesser leurs interventions dans l'économie une fois la crise internationale passée.
 
"Nous soutenons totalement et sans réserve les différents plans élaborés tant au niveau américain qu'européen pour sécuriser et soutenir les institutions financières. Ces plans étaient les meilleures solutions possibles (...) au-delà de ça, nous pensons qu'il y a un certain nombre de précautions à avoir", a dit la "patronne des patrons" français. "Nous considérons que les gouvernements ne doivent surtout pas alourdir les charges fiscales qui pèsent sur les entreprises et doivent éviter toute mesure qui pourrait provoquer des risques protectionnistes, toute approche qui considérerait qu'il faut maintenir durablement l'intervention de l'Etat dans l'économie", a-t-elle précisé.  "L'intervention de l'Etat pourrait ralentir les chances de retrouver un rythme de croissance soutenu" après la crise, a ajouté Laurence Parisot.

Ils "font insulte aux contribuables"
 
Si le vibrant plaidoyer des grands patrons en pleine tempête financière a suscité peu de réaction, celle de Bernard Carayon, député UMP du Tarn, vaut, par sa force, un concert de reproches. Le parlementaire a en effet qualifié samedi les propos de Laurence Parisot d"'indécence inexcusable". "Ils n'ont rien compris", s'exclame même le député dans un communiqué. Leurs déclarations "font insulte aux contribuables, aux citoyens et au gouvernement". "Ceux qui ont tout fait, depuis vingt ans, pour faire reculer l'Etat, déréguler, et dénationaliser sont aujourd'hui ceux qui supplient les Etats de nationaliser, de les assister et de réguler", poursuit-il. "Il faut que les représentants du patronat soient bien inconscients et bien ingrats pour exiger qu'au lendemain de la crise, les Etats disparaissent totalement de l'économie après avoir épongé les risques inconsidérés et les erreurs de gestion des spéculateurs".
 
"Partout éclatent les conséquences catastrophiques d'un capitalisme sans moralité. L'indécence des propos du Medef n'en paraît que moins excusable", conclut l'élu du Tarn.

Par L.D. (D'après agence) le 18 octobre 2008 à 16:36
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18 Commentaires

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  • Jean Louis, le 19/10/2008 à 07h53

    Ah! ça ira, ça ira, ça ira, le medef à la lanterne. On y va, doucement mais sûrement.

  • Miloubiquet, le 19/10/2008 à 07h33

    J'adhère entièrement auxr réponsesde B Carayon. Les propos de L. Parisot sont surréalistes et d'un culot incroyable. Je pense hélas que l'attitude de L. Parisot est de la même veine que celle de la caisse d'épargne qui se fait renflouer par l'état mais ne change riende son attitude de prédateur.

  • Jo, le 19/10/2008 à 02h29

    Et il a raison!! En gros, j'ai casse mon jouet, tonton, reparre-le moi et va-t-en! Bravo les patrons!

  • Rando, le 19/10/2008 à 01h59

    Il y a peu de mois il était question , en France, d'autoriser les emprunteurs à garantir des nouveaux crédits par une hypothèque sur leur habitation. Cette proposition d'une branche du patronat était présentée comme un progrès; Pour l'instant on n'en parle plus. Qu'en pense Mme Parisot partisante d'une liberté sans freins?

  • Florent, le 19/10/2008 à 00h19

    Un seul mot : BRAVO, Monsieur le Député ! "Les profits sont pour nous, les pertes sont pour TOUS". Halte là !

  • Dan, le 18/10/2008 à 23h05

    Quel orgueuil et quel dédain, j'espère que les gouvernements se donneront la main pour réguler tout cela, une fois la crise passée.

  • Postit, le 18/10/2008 à 22h43

    Chiche qu'elle défende le libre échange et la loi de l'offre et de la demande. On supprime demain toutes les aides d'Etat et des Collectivités Locales aux entreprises. Ainsi l'intervention de l'Etat ne pourra plus ralentir les chances de retrouver un rythme de croissance soutenu. Bénie soit la remarque de ce Député à propos de l'ingratitude de nos débiteurs.

  • MajjorFatal, le 18/10/2008 à 19h51

    Je pensais que jamais je ne serais d'accord avec un député UMP. Je suis scotché. Merci Bernard...!!

  • Bankfull, le 18/10/2008 à 19h40

    Elle a entièrement raison. Le système financier avait juste besoin d'un coup de main. Maintenant que c'est fait les États doivent se retirer jusqu'à la fois prochaine que l'on fera appel à eux. Toutes les fois que les États ont aidé les contribuables et nous sommes restés muets. Nous n'allons tout de même pas revenir aux systèmes socialistes des vieux pays soviétiques. Nous voulons bien au contraire encore plus de libéralisme. Vive le capitalisme!

  • Nicoco, le 18/10/2008 à 19h32

    La morale est le meilleur support des stratégies à long terme.ADAM SMITH prof à l'université de Glasgow XVIII e siécle.

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