Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse au Conseil européen (16 octobre 2008) © TF1/LCIFace à la crise, Nicolas Sarkozy aura-t-il les moyens de tenir jeudi un de ces discours "d'action" qu'il affectionne ? En s'appuyant sur quelles mesures ? Selon l'Elysée, le président de la République présentera en Haute-Savoie une série de mesures de soutien à l'économie, notamment en faveur des PME, incluant des dispositions destinées à amortir les effets de la crise financière sur la situation de l'emploi, il "n'annoncera pas de plan emploi en tant que tel", tempère l'Elysée. Le chef de l'Etat devrait en effet s'exprimer de nouveau sur le thème de l'emploi mardi prochain à Rethel (Ardennes).
Lors de son déplacement de jeudi à Annecy-le-Vieux, Nicolas Sarkozy doit notamment détailler, à l'occasion d'une visite d'entreprise puis d'une table ronde, son plan de soutien de 22 milliards d'euros présenté début octobre afin de prévenir les risques d'assèchement du crédit des entreprises. A cette occasion, il détaillera également quelques mesures destinées à soutenir l'emploi, dont la situation s'est fortement dégradée depuis le mois d'août. Selon Les Echos, l'exécutif planche sur des mesures pour venir en aide aux secteurs les plus touchés, comme l'automobile et le bâtiment. Et selon Le Figaro, Nicolas Sarkozy pourrait annoncer la création d'une "sorte de fonds souverain" pour soutenir les entreprises en difficultés. "L'une des pistes envisagées, la plus spectaculaire, serait d'opérer un rapprochement entre la Caisse des dépôts et l'Agence de participations de l'Etat", pour alimenter ce fonds souverain, poursuit le quotidien ."Cela donnerait un fonds d'investissement de près de 200 milliards de réserve. De quoi rivaliser avec les vrais fonds souverains étrangers", précise le quotidien.
Contrats aidés, reformes accélérées
Nicolas Sarkozy reviendra une nouvelle fois sur le thème de l'emploi mardi à Rethel en évoquant la fusion ANPE-Unedic. Le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi Laurent Wauquiez avait évoqué la semaine dernière la préparation d'un "plan d'action sur le front de l'emploi". Il avait précisé que ce "plan" insisterait sur la poursuite des réformes de structures (formation professionnelle, Pôle emploi), la détection des "emplois de demain" (numérique, services à la personne ou emplois verts) et le recours accru à des outils existants tels que les contrats de transition professionnelle (CTP) et les contrats aidés.
Le Premier ministre François Fillon a lui-même récemment indiqué que le nombre de ces contrats aidés, peu utilisés par son gouvernement, augmenterait "sans doute un peu" en 2009 pour servir d'"amortisseur" à la crise, tout en précisant qu'ils ne constituaient "pas une solution au problème du chômage". En baisse régulière depuis 2006, le nombre de demandeurs d'emploi a amorcé une forte remontée en août qui devrait, selon l'Unedic, rapprocher en fin d'année le nombre des chômeurs de la barre symbolique des 2 millions.
"La crise financière que nous traversons ne doit en rien retarder les réformes. Elle doit au contraire les accélérer", a prêché mercredi Nicolas Sarkozy lors d'une allocution à l'Elysée devant les membres de la commission présidée par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur. "Plus que jamais, nous devons moderniser notre pays. Nous avons besoin de réponses ambitieuses et novatrices. Je veux croire que le pays y est prêt. Je suis convaincu que l'évolution des esprits, tant dans l'opinion que parmi les élus, quelle que soit d'ailleurs la famille politique à laquelle ils appartiennent, peut nous y aider", a-t-il ajouté.
Sarkozy soutient l'Espagne, l'Allemagne le tacle
Au chapitre du règlement international de la crise, Nicolas Sarkozy a "salué" jeudi "l'annonce par la Maison-Blanche de la tenue, le 15 novembre à Washington, d'un sommet des principaux pays et institutions concernés" (Voir notre article). Il a aussi assuré mardi au chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, qu'il soutenait la participation de l'Espagne aux prochains sommets.
L'Allemagne a de son côté renvoyé dans les cordes le président français et sa proposition de créer des fonds souverains nationaux pour protéger les industries européennes, un refus ancré à la fois dans une opposition sur le fond et une défiance à l'égard de l'activisme du président français. Le ministre de l'Economie, le conservateur Michael Glos, a opposé une fin de non recevoir à l'idée quelques heures après que Nicolas Sarkozy l'eût lancée au Parlement européen mardi. Cela "contredit tous les principes d'une politique économique couronnée de succès", a-t-il dit.
A partir de 11 heures 50, suivez le discours de Nicolas Sarkozy en direct sur LCI.fr. |
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