Nicolas Sarkozy et Jean-Claude Juncker à Bruxelles (16 octobre 2008) © TF1/LCILa dégringolade des Bourses a repris ce jeudi, les signes de retournement de la conjoncture continuent de se multiplier... et face à l'incendie, les 27 pays de l'Union européenne, réunis en sommet à Bruxelles, sont tombés d'accord pour prendre toutes les "mesures nécessaires pour soutenir la croissance et l'emploi", invitant la Commission européenne à leur soumettre des propositions d'ici la fin de l'année "pour préserver la compétitivité internationale de l'industrie européenne". L'urgence de mesures symboliquement fortes se fait particulièrement sentir, alors qu'en Europe, le gouvernement allemand a drastiquement révisé à la baisse sa prévision de croissance pour 2009, qui atteindrait seulement 0,2% au lieu de 1,2%. Parallèlement, aux Etats-Unis, la production industrielle, en recul de 2,8% en septembre, a enregistré son plus fort recul depuis décembre 1974, enfonçant les prévisions des analystes.
Pourtant, s'ils se disent prêts à soutenir la croissance, les 27 pays de l'UE ne sont pas encore convaincus de l'opportunité d'un véritable plan de relance européen. "Il n'y aura pas de programme de relance généralisé en Europe", a déclaré le président de l'Eurogroupe, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Tout en soulignant : "Je ne vois pas comment nous pourrions financer un grand programme de relance", alors que l'Europe vient de décider de consacrer au moins 2000 milliards d'euros au renforcement de ses banques.
"L'Europe se battra"
Désormais, la grande priorité des Européens est d'obtenir une refonte du système financier international allant dans le sens d'un plus grand contrôle. Ils reprochent aux Etats-Unis d'avoir trop longtemps refusé d'intervenir au nom du libéralisme économique, ce qui a permis aux investisseurs de réaliser des opérations toujours plus risquées et opaques. L'UE fait pression pour obtenir si possible dès novembre un sommet sur la question des huit grandes puissances du G8 (Etats-Unis, Japon, Canada, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, France et Russie) et des plus importantes économies émergentes. Un "G15" ou un "G20" est évoqué. Réticents au départ, les Etats-Unis en ont accepté mercredi le principe "dans un avenir proche". Déjà, à la fin du mois d'octobre, 43 pays d'Europe et d'Asie se réuniront à Pékin à l'occasion du sommet de l'ASEM ce qui devrait donner lieu à des "discussions très intenses" sur la crise financière, selon l'UE.
Le président Sarkozy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso doivent rencontrer samedi à Camp David le président George W. Bush pour discuter de cette refondation espérée du système financier. "L'Europe veut le sommet avant la fin de l'année, l'Europe le demande et l'Europe l'obtiendra", a martelé Nicolas Sarkozy jeudi. "L'Europe se battra pour que ce sommet se traduise par des décisions concrètes et pas simplement par des principes. Nous ne voulons pas que cela recommence, nous voulons que des conséquences soient tirées" de la crise. José Manuel Barroso et le Premier ministre britannique Gordon Brown ont également exhorté Washington à s'impliquer davantage pour améliorer la surveillance du système financier.
D'après agence
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