Sarkozy ne veut pas laisser l'emploi en plan

Par O. L., d'après agences, le 27 octobre 2008 à 17h21 , mis à jour le 28 octobre 2008 à 11h11

Tout en réfutant l'appellation de "plan emploi", l'Elysée confirme que Nicolas Sarkozy va évoquer mardi en Alsace le "traitement social du chômage" face à la crise.

Nicolas Sarkozy à Annecy (23 octobre 2008)Nicolas Sarkozy à Annecy (23 octobre 2008) © TF1/LCI

Alors que les signes d'une contamination de l'économie "réelle" se multiplient, Nicolas Sarkozy doit présenter mardi dans les Ardennes une panoplie de mesures destinées à amortir les effets de la crise financière mondiale sur l'emploi.
 
Anticipés par le chef de l'Etat dans son discours de Toulon fin septembre, les stigmates de la récession se sont depuis largement matérialisés. En baisse régulière depuis 2006, le nombre de demandeurs d'emploi a amorcé une forte remontée en août qui devrait, selon l'Unedic, le rapprocher en fin d'année de la barre symbolique des 2 millions. Après avoir détaillé jeudi en Haute-Savoie son ordonnance pour soutenir la compétitivité des entreprises, avec en point d'orgue la création d'un fonds souverain à la française, Nicolas Sarkozy doit faire de même mardi à Rethel pour tenter de limiter cette hausse annoncée du chômage.
 
Programmé il y a deux semaines, ce déplacement dans les Ardennes a été reporté par des contraintes d'actualité qui ont "forcé le président à aménager son emploi du temps", a indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, "mais ce plan emploi reste une priorité". Même si son entourage réfute le terme de "plan emploi", l'Elysée confirme que Nicolas Sarkozy devrait notamment évoquer mardi, lors d'une "table ronde" le "traitement social du chômage" ou la "sécurité sociale professionnelle". Le secrétaire d'Etat à l'Emploi avait défloré il y a deux semaines devant la presse quelques unes des pistes retenues par le gouvernement pour son "plan d'action".
 
Services à la personne
 
Premier point, ce "plan" devrait d'abord insister sur la poursuite des "réformes de structure", selon Laurent Wauquiez qui a cité la fusion de l'ANPE et de l'Unedic en un "pôle emploi" et la réforme de la formation professionnelle, négociée par les partenaires sociaux sous la pression du gouvernement qui souhaite déposer un projet de loi avant la fin de l'année. Autre piste, le gouvernement veut développer la détection de ce que le secrétaire d'Etat à l'Emploi a qualifié d'"emplois de demain", notamment dans le secteur du numérique, des services à la personne ou des emplois dits "verts" en relation avec le Grenelle de l'environnement. Enfin, le chef de l'Etat devrait annoncer un recours accru à des outils comme les contrats de transition professionnelle (CTP) (Lire l'encadré en fin d'article), promis aux salariés de l'usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime), ou les contrats aidés.
 
Le retour de ces contrats largement financés par l'argent public, que le gouvernement jugeait jusque-là peu efficaces, devrait permettre, selon le mot du Premier ministre François Fillon, de servir d'"amortisseurs" à la crise. Leur "coût budgétaire incontestable" sera inclus "dans une loi de finances rectificative", a d'ores et déjà fait savoir l'Elysée. Bien avant sa présentation, le premier secrétaire du PS François Hollande a déjà voué à l'échec le plan du gouvernement, estimant que la hausse du chômage n'était pas imputable à la crise mais plutôt à sa politique qui "affaiblit la croissance", au recul des emplois aidés et à son dispositif en faveur des heures supplémentaires.
 
 L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a lui aussi jugé "très compromise" la promesse de campagne du candidat Nicolas Sarkozy de faire reculer le taux de chômage à 5% à la fin de son mandat. Et s'il s'est catégoriquement refusé à enterrer cet objectif, Laurent Wauquiez lui-même n'a pas caché la gravité de la situation en anticipant une phase "difficile" et des mauvais chiffres de l'emploi pour "au minimum un an". Les syndicats, qui réclament depuis des semaines des mesures pour les salariés face à la crise, attendent sans grande illusion les annonces du président Sarkozy sur l'emploi mardi, car elles ne remettront selon eux pas en cause une politique gouvernementale défavorable aux salariés.

Retrouvez mardi à 11 heures 30 le discours de Nicolas Sarkozy en direct sur LCI.fr 

Le CTP : une idée coûteuse... et temporaire ?

Le contrat de transition professionnelle (CTP), que le gouvernement veut étendre afin d'aider les licenciés économiques à se reclasser, est expérimenté depuis 2006 dans sept régions, avec des résultats mitigés, et son déploiement coûterait cher, soulignent les syndicats. Alors que la crise accélère les plans sociaux, le CTP, qui semblait en voie de disparition, connaît un regain d'intérêt auprès du gouvernement qui entend revoir l'ensemble des dispositifs de reclassement dans le cadre d'une "sécurité sociale professionnelle" protégeant les salariés face aux aléas de l'emploi.
 
Le CTP qui bénéficiait à 1.143 personnes fin septembre, assure un revenu de remplacement de 80% du salaire brut pendant 12 mois maximum et des mesures d'accompagnement renforcé (formation, aide à la recherche d'emploi, etc.). L'expérimentation dans les bassins d'emploi de Charleville-Mézières, Montbéliard, Morlaix, Saint-Dié, Toulon, Valenciennes, Vitré, qui devait s'achever au printemps 2007, a été repoussée à fin 2008, avec des fins de contrat échelonnées jusqu'à fin 2009.
 
Le retour de ces contrats largement financés par l'argent public, que le gouvernement jugeait jusque-là peu efficaces, devrait être "temporaire", selon la porte-parole de l'UMP Chantal Brunel, "parce que nous espérons que le chômage va baisser et que les emplois aidés ne seront plus utiles".


 

Par O. L., d'après agences le 27 octobre 2008 à 17:21
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9 Commentaires

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  • Gaëlle, le 28/10/2008 à 11h01

    C'est quand même pas compliqué de comprendre qua la seule relance possible est l'augmentation des salaires. Comment voulez-vous acheter une voiture à 15 000 ? quand vous gagnez 1 500 ? par mois (salaire médian)? Recours au crédit, on voit ce que ça a donné. Les gens ne peuvent même plus se nourrir correctement. On doit pouvoir vivre correctement quand on travaille or aujourd'hui on travaille pour le SMIC ou à peine plus, ce n'est pas posisble. Répartissons mieux les richesses et ça ira.

  • Christophe, le 28/10/2008 à 10h37

    Quel opportuniste ce sarko je pense qu'il est contre la reprise economique à mon avis, en effet il ne pourrait plus faire le "sauveur"!

  • Tardmo88, le 28/10/2008 à 10h37

    Parler de formation ok,enore faut il donner les moyens.Etant chomeur mon CACES étant perimé ,il m'a été refusé la formation pour reconduir ce Caces .Pourtant il m'est utile pour mon emploi étant chauffeur PL , pour le chargement des camions. Donc pas de CACES , des chances en moins pour retrouver du travail.

  • Sarko, le 28/10/2008 à 10h24

    C'est vraiment comment dire tres envahissant de voir sarko partout non stop il en profite bien de la crise celui là un peu comme W profita du 11 septembre!

  • Daniel, le 28/10/2008 à 10h05

    Et encore un discours quotidien qui ne servira à rien.

  • Dudu, le 28/10/2008 à 10h03

    Ou sont ses prommesses du travail le chomage augmente les personnes sont dans la miseres dehors se gouvrnement de riches

  • Sebreims, le 28/10/2008 à 09h43

    Rectification d'info : ce n'est pas Réthel mais Rethel ! Merci de diffuser

  • PATIN Didier, le 28/10/2008 à 09h28

    Rethel se trouve dans le (08) les Ardennes et non en Alsace (67) ou (68).

  • Bruno, le 28/10/2008 à 09h20

    Mais enfin Monsieur Sarkozy, le travailler plus pour gagner plus devait tout résoudre !

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