Nicolas Sarkozy lors de son discours à Rethel le 28 octobre 2008 © DR![]() |
| "J'essaie d'être pragmatique" |
D'abord, se justifier. Nicolas Sarkozy a bien compris que son plan massif à destination des banques faisait grincer des dents parmi les salariés français. Il a donc consacré le début de son discours à Rethel (Nord-Est) sur l'emploi à la justification d'un plan souvent perçu comme un cadeau. Le président de la République a ensuite annoncé les mesures de soutien à l'emploi déjà suggérées par le gouvernement ces dernières semaines, notamment une augmentation de 100.000 contrats aidés, et prôné plus de souplesse dans l'économie.
Le temps de se justifier
Nicolas Sarkozy a pris le temps de revenir sur les deux premières vagues d'annonces de Toulon et Annecy, ses premières réactions à la crise financière. "Il n'y aurait pas eu de plus grande erreur que de laisser le système financier s'effondrer, parce que l'argent des banques, c'est le vôtre", s'est défendu le président de la République en affirmant que "le plan voté par le parlement est fait pour les PME, pour les salariés, pour la croissance, pour l'emploi, pas pour les banques". "Préserver l'investissement, c'est capital (...) Les investissements seront à la base du rebond d'une sortie de crise", a poursuivi Nicolas Sarkozy en rappelant sa mesure d'exonération de taxe professionnelle sur les investissements et la création d'un fonds stratégique. Il a conclu cette partie de son discours en dénonçant la "démagogie" de ceux qui le critiquent et en expliquant que "c'est pour l'emploi que nous avons sauvé l'accès au crédit et que nous encourageons l'investissement".
Bilan élogieux sur l'emploi
Le temps est venu de prendre des "mesures concrètes en faveur des salariés" a prôné le chef de l'Etat tout en dressant un bilan élogieux de son action pour l'emploi. "On est passé de 8% de chômage à 7,2% (...) on a fait sauter les verrous qui entravaient l'activité des seniors" et "l'aspect rigide des 35 heures". "Plus dure que la perte d'emploi, c'est le sentiment qu'on ne pourra pas en retrouver un, (...) c'est ce sentiment que nous voulons combattre", a promis Nicolas Sarkozy en pointant que désormais "avec le RSA, nos compatriotes dans les situations les plus difficiles ont intérêt à reprendre un emploi".
Accélérer ce qui était prévu
Le chef de l'Etat a aussi réclamé une accélération de la fusion entre l'Anpe et l'Unedic, affirmant que "dès l'été prochain, il ne doit plus exister en France que des guichets uniques" pour les demandeurs d'emploi, et que "dès septembre prochain, l'entretien unique doit être généralisé". Il a encore proposé de "simplifier les filières d'indemnisations" des chômeurs, avec la mise en place d'une "filière unique" qui permettrait aux demandeurs d'emploi, après six mois de cotisations "d'accumuler progressivement des droits". "Je soutiens l'idée d'une indemnité forfaitaire de chômage pour les jeunes", a par ailleurs pointé Nicolas Sarkozy dénonçant des '"injustices"
Travail le dimanche : la fin d'un tabou
Nicolas Sarkozy a demandé aux parlementaires de se saisir "maintenant" et "sans tabou" d'une proposition de loi "qui a été préparée" sur le travail dominical. "Pourquoi continuer d'empêcher celui qui le veut de travailler le dimanche?", a lancé le chef de l'Etat. Le travail dominical, "c'est un jour de croissance en plus, c'est du pouvoir d'achat en plus, et les autres pays le font", a argumenté Nicolas Sarkozy. "Nous sommes le pays du monde qui reçoit le plus de touristes". "J'étais l'autre jour dans le Nord. Quelqu'un me disait 'M. Sarkozy, le dimanche on va tous en Belgique (...) parce que les magasins sont ouverts' Voilà qui est malin!", s'est exclamé le président de la République. "J'aime beaucoup les Belges, mais je les aime tellement que je préférerais que ça soit eux qui viennent dépenser leur argent chez nous", a-t-il lâché. "Il faut quand même penser aussi aux familles qui ont le droit, les jours où elles ne travaillent pas, d'aller faire leurs courses dans des magasins qui sont ouverts, et pas systématiquement fermés, sur la base, naturellement, du volontariat", a-t-il insisté.
Sécurité sociale professionnelle
Au chapitre des nouvelles mesures, le président de la République s'est engagé à prendre des "décisions pour la fin de l'année" afin de sécuriser l'emploi. "Pour promouvoir l'emploi d'aujourd'hui, il nous faut tout à la fois créer une véritable sécurité sociale professionnelle, en sécurisant mieux les parcours professionnels et proposer des solutions immédiates et concrètes aux situations difficiles qui vont se présenter sur le terrain", a expliqué le chef de l'Etat. "J'ai déjà dit que je souhaitais que les décisions ambitieuses soient prises avant la fin de l'année. Nous ferons donc le point avec les partenaires sociaux dans les toutes prochaines semaines sur l'avancement de leurs travaux". Nicolas Sarkozy a aussi demandé "qu'une fraction significative" des cinq milliards d'euros de la formation professionnelle gérés par les partenaires sociaux soit "destinée à la formation des demandeurs d'emplois et des salariés les moins qualifiés"."Je dis que c'est un scandale que la formation continue aille d'abord vers ceux qui n'en ont pas besoin alors qu'il faut mettre le paquet pour ceux qui en ont besoin", a-t-il affirmé.
Le coup de pouce : emplois aidés et de transition
Ils étaient attendus, c'était donc le moment fort de son discours, Nicolas Sarkozy a annoncé la mise en oeuvre de 100.000 contrats de travail aidés supplémentaires pour 2009. Le chef de l'Etat a demandé au gouvernement "d'augmenter à 330.000 le nombre d'embauches" en contrats aidés dans le budget 2009 contre 230.000 prévus précédemment. Le président de la République s'est défendu de mener la même politique que Lionel Jospin en son temps, il a d'ailleurs égratigné l'ancien Premier ministre un peu plus tard dans son discours. Le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, est chargé de préparer un plan d'action et de "veiller à ce qu'une véritable offre de services soit destinée aux bénéficiaires de contrats aidés, en cours même de contrat, pour leur donner le maximum de chances d'obtenir à la sortie un emploi dans une entreprise". Dans l'immédiat, Nicolas Sarkozy a dit qu'il veillerait "à ce que les 60.000 contrats supplémentaires récemment décidés pour 2008 soient bien au rendez-vous d'ici fin décembre".
Nicolas Sarkozy a également promis que l'expérimentation du contrat de transition professionnelle pour aider les licenciés économiques à se reclasser serait prolongée et étendue aux "bassins d'emploi qui seront les plus touchés par des difficultés économiques". "C'est cher, mais moins cher que de laisser des personnes au chômage pour une longue durée", s'est-il défendu. "On ne laissera tomber personne de ceux qui veulent s'en sortir et travailler. C'est donnant-donnant", a conclu le chef de l'Etat.
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