Sarkozy se justifie. Et riposte...

Par O. L. avec agences, le 28 octobre 2008 à 13h02 , mis à jour le 28 octobre 2008 à 14h32

Le chef de l'Etat a répondu aux critiques sur son plan de soutien aux banques et annoncé une extension des emplois aidés et de transition professionnelle

Nicolas Sarkozy emploi conjonctureNicolas Sarkozy lors de son discours à Rethel le 28 octobre 2008 © DR

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"J'essaie d'être pragmatique"
 

D'abord, se justifier. Nicolas Sarkozy a bien compris que son plan massif à destination des banques faisait grincer des dents parmi les salariés français. Il a donc consacré le début de son discours à Rethel (Nord-Est) sur l'emploi à la justification d'un plan souvent perçu comme un cadeau. Le président de la République a ensuite annoncé les mesures de soutien à l'emploi déjà suggérées par le gouvernement ces dernières semaines, notamment une augmentation de 100.000 contrats aidés, et prôné plus de souplesse dans l'économie.
 
Le temps de se justifier
 
Nicolas Sarkozy a pris le temps de revenir sur les deux premières vagues d'annonces de Toulon et Annecy, ses premières réactions à la crise financière. "Il n'y aurait pas eu de plus grande erreur que de laisser le système financier s'effondrer, parce que l'argent des banques, c'est le vôtre", s'est défendu le président de la République en affirmant que  "le plan voté par le parlement est fait pour les PME, pour les salariés, pour la croissance, pour l'emploi, pas pour les banques". "Préserver l'investissement, c'est capital (...) Les investissements seront à la base du rebond d'une sortie de crise", a poursuivi Nicolas Sarkozy en rappelant sa mesure d'exonération de taxe professionnelle sur les investissements et la création d'un fonds stratégique. Il a conclu cette partie de son discours en dénonçant la "démagogie" de ceux qui le critiquent et en expliquant que "c'est pour l'emploi que nous avons sauvé l'accès au crédit et que nous encourageons l'investissement".
 
Bilan élogieux sur l'emploi
 
Le temps est venu de prendre des  "mesures concrètes en faveur des salariés" a prôné le chef de l'Etat tout en dressant un bilan élogieux de son action pour l'emploi. "On est passé de 8% de chômage à 7,2% (...) on a fait sauter les verrous qui entravaient l'activité des seniors" et "l'aspect rigide des 35 heures". "Plus dure que la perte d'emploi, c'est le sentiment qu'on ne pourra pas en retrouver un, (...) c'est ce sentiment que nous voulons combattre", a promis Nicolas Sarkozy en pointant que désormais "avec le RSA, nos compatriotes dans les situations les plus difficiles ont intérêt à reprendre un emploi".
 
Accélérer ce qui était prévu
 
Le chef de l'Etat a aussi réclamé une accélération de la fusion entre l'Anpe et l'Unedic, affirmant que "dès l'été prochain, il ne doit plus exister en France que des guichets uniques" pour les demandeurs d'emploi, et que "dès septembre prochain, l'entretien unique doit être généralisé". Il a encore proposé de "simplifier les filières d'indemnisations" des chômeurs, avec la mise en place d'une "filière unique" qui permettrait aux demandeurs d'emploi, après six mois de cotisations "d'accumuler progressivement des droits". "Je soutiens l'idée d'une indemnité forfaitaire de chômage pour les jeunes", a par ailleurs pointé Nicolas Sarkozy dénonçant des '"injustices"

Travail le dimanche : la fin d'un tabou

Nicolas Sarkozy a demandé aux  parlementaires de se saisir "maintenant" et "sans tabou" d'une proposition de  loi "qui a été préparée" sur le travail dominical. "Pourquoi continuer d'empêcher celui qui le veut de travailler le  dimanche?", a lancé le chef de l'Etat. Le travail dominical, "c'est un jour de croissance en plus, c'est du pouvoir  d'achat en plus, et les autres pays le font", a argumenté Nicolas Sarkozy. "Nous sommes le pays du monde qui reçoit le plus de touristes". "J'étais l'autre jour dans le Nord. Quelqu'un me disait 'M. Sarkozy, le  dimanche on va tous en Belgique (...) parce que les magasins sont ouverts'  Voilà qui est malin!", s'est exclamé le président de la République. "J'aime beaucoup les Belges, mais je les aime tellement que je préférerais que ça soit eux qui viennent dépenser leur argent chez nous", a-t-il lâché. "Il faut quand même penser aussi aux familles qui ont le droit, les jours où  elles ne travaillent pas, d'aller faire leurs courses dans des magasins qui sont  ouverts, et pas systématiquement fermés, sur la base, naturellement, du  volontariat", a-t-il insisté.

 
Sécurité sociale professionnelle
 
Au chapitre des nouvelles mesures, le président de la République s'est engagé à prendre des "décisions pour la fin de l'année" afin de sécuriser l'emploi.  "Pour promouvoir l'emploi d'aujourd'hui, il nous faut tout à la fois créer une véritable sécurité sociale professionnelle, en sécurisant mieux les parcours professionnels et proposer des solutions immédiates et concrètes aux situations difficiles qui vont se présenter sur le terrain", a expliqué  le chef de l'Etat. "J'ai déjà dit que je souhaitais que les décisions ambitieuses soient prises avant la fin de l'année. Nous ferons donc le point avec les partenaires sociaux dans les toutes prochaines semaines sur l'avancement de leurs travaux". Nicolas Sarkozy a aussi demandé "qu'une fraction significative" des cinq milliards d'euros de la formation professionnelle gérés par les partenaires sociaux soit "destinée à la formation des demandeurs d'emplois et des salariés les moins qualifiés"."Je dis que c'est un scandale que la formation continue aille d'abord vers ceux qui n'en ont pas besoin alors qu'il faut mettre le paquet pour ceux qui en ont besoin", a-t-il affirmé.

 
Le coup de pouce : emplois aidés et de transition
 
Ils étaient attendus, c'était donc le moment fort de son discours, Nicolas Sarkozy a annoncé la mise en oeuvre de 100.000 contrats de travail aidés supplémentaires pour 2009.  Le chef de l'Etat a demandé au gouvernement "d'augmenter à 330.000 le nombre d'embauches" en contrats aidés dans le budget 2009 contre 230.000 prévus précédemment. Le président de la République s'est défendu de mener la même politique que Lionel Jospin en son temps, il a d'ailleurs égratigné l'ancien Premier ministre un peu plus tard dans son discours. Le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, est chargé de préparer un plan d'action et de "veiller à ce qu'une véritable offre de services soit destinée aux bénéficiaires de contrats aidés, en cours même de contrat, pour leur donner le maximum de chances d'obtenir à la sortie un emploi dans une entreprise". Dans l'immédiat, Nicolas Sarkozy a dit qu'il veillerait "à ce que les 60.000 contrats supplémentaires récemment décidés pour 2008 soient bien au rendez-vous d'ici fin décembre".
 
Nicolas Sarkozy a également promis que l'expérimentation du contrat de transition professionnelle pour aider les licenciés économiques à se reclasser serait prolongée et étendue aux "bassins d'emploi qui seront les plus touchés par des difficultés économiques". "C'est cher, mais moins cher que de laisser des personnes au chômage pour une longue durée", s'est-il défendu. "On ne laissera tomber personne de ceux qui veulent s'en sortir et travailler. C'est donnant-donnant", a conclu le chef de l'Etat.
 

Par O. L. avec agences le 28 octobre 2008 à 13:02
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10 Commentaires

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  • Mémé, le 28/10/2008 à 18h20

    Ma femme etait infirmiere et travaillée le dimanche et alors moi aussi j'etais d'astreinte le dimanche 2 par mois et je suis pas mort les syndicats sont des imbéciles .

  • Serge, le 28/10/2008 à 18h17

    Il "offre" des milliards aux banques à 8%,et combien celles ci font elles preter aux particuliers ?? 12%,15% ,ou bien plus ?? Bravo "Monsieur le president du pouvoir d'achat" .....

  • Ariane1960, le 28/10/2008 à 18h12

    Juste une question ,la distance est elle si grande,qu' il faut tjrs dix ans aux hommes d' état pour se rendre compte de ce qu' il se passe sur le terrain ? (entre temps, on en change et le nouveau tombe lui aussi des nues )quoi !!l y a des chomeurs en France ?et les gens vont faire leurs courses a l' etranger ?ah mon vieux COLUCHE ,t' aurais encore de la matiére pour nous faire rire ! . courage a tous

  • Max, le 28/10/2008 à 18h10

    Quel président ! Quelle autosatisfaction ! Il va pas tarder à s'augmenter son salaire ! Il faut arrêter de nous prendre pour des demeurés.....

  • Tito, le 28/10/2008 à 18h06

    Le problème est qu'une large majorité de français ne comprennent rien au système financier? Ils croient fermement que les versements "fictifs" aux banques sont des cadeaux. Et les dirigeants politiques de l'opposition, dont l'honnêteté serait de rétablir la vérité, les confirme dans leur erreur. Ainsi, ce matin j'entendais un petit actionnaire qui disait: j'ai perdu la moitié de ce j'avais en actions ! Faux, il n'a rien perdu tant qu'il n'a pas vendu ses actions.

  • STEPH, le 28/10/2008 à 17h45

    Il ne laissera tomber personne ??? Qu'il le prouve alors avec les salariés de la CAMIF sur le carreau, et bientôt avec ceux de Renault, ARCELOR MITTAL, etc, etc .... Que de démagogie dans ce discours de façade, et que de nouvelles promesses qui ne seront (comme d'habitude) pas tenues.

  • Lilou, le 28/10/2008 à 17h29

    Mr le président devrait travailler une année en grande surface pour pouvoir comprendre que de travailler sur la base du volontariat le dimanche est une véritable blague!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! dans une grande surface on ne vous laisse pas le choix ou alors tant pis pour vos prochaines horaires si vous décidez de ne pas travailler le dimanche!!!!!!!!!!!!!!!!!! on est en train de perdre tout nos acquis sociaux c'est grave je trouve!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! nos grand parents se sont battut pour qu'on ai des droits et maintenant on va tout perdre c'est vraiment un manque de respect pour ce qu'on fait les anciens!!!!!!!!!!!!!!!! pour les banques laissez moi rire!! mais plus vous leur donnerai plus ils en auront besoin c'est pas comme ca qu'on remonte une économie qui se casse la figure!! exonéré plutot les entreprises qu'ils puissent embaucher au lieu de licencier et donnez du pouvoir d'achat aux concitoyens afin que l'économie reparte! enfin voilà c'était mon coup de gueule marre de voir notre pays mené n'importe comment ! merci

  • Popol, le 28/10/2008 à 17h27

    Les syndicalistes,et ceux qui sont contre en interdisant le travail le dimanche, sont bien heureux, d'ètre soignés,secourus,dépannés sur route et autoroute, transports divers, être en sécurité partout,trouver restaurants,hotels, spectacles, et j'en passe.Le travail le dimanche c'est pour les autres celà est normal pour ces personnes, il ne faut pas toucher à leur petite tranquilité de pauvres gens, qui se plaignant de ne pas gagner assez d'argent, ils ont que ce qu'ils méritent, de grâce, nous ne sommes plus en 1936 , où l'on évolue où l' on recule. Pour ma part j'ai fait partie de cette catégorie de personnes qui travaillant le dimanche, m a permis de mettre du ( beurre dans les épinards ) comme l'on dit. Je ne m'en porte pas plus mal !!!!!

  • HENEUCHE JEROME, le 28/10/2008 à 17h26

    Il semble qu'il n'y ait aucune proposition pour le CIE ? Qu'en est-il des résolutions du GRENELLE DE L'INSERTION, du Contrat Unique d'Insertion ? Quelle sera la prise en charge de l'Etat dans les contrats aidés (salaire, charges, poste d'accompagnement..) ? Quelle sera la répartition géographique des contrats aidés ? Quelle sera la priorité dans les contrats aidés entre le CAE, le CDDI ? Bref du flou ! Les exonérations sont elles maintenues ? CE N'EST PAS UNE POLITIQUE DE L'EMPLOI QUI NECESSITE DE REFFLECHIIR SUR UNE PROGRAMMATION PLURI ANNUELLE ECONOMIQUE. Des personnes en contrat aidé peuvent très bien intégré une entreprise avec un accueil, un tutorat et un financement adéquat. Le CIE a démontré son efficacité mais pas les contrats aidés. Si c'est pour repartir sur les mêmes erreurs !

  • JPR6991, le 28/10/2008 à 17h22

    Tres bonnes idées . Sarkosy ne fait que reprendre quelques idées des 21 propositions faites il y a plusieurs mois par DEBOUT la République et défendues par Nicolas DUPONT AIGNAN. Sarkosy serait-il converti de nouveau au gaullisme ? Mieux vaut tard que jamais. attendons les actes car jusqu'ici il n'y a que des promesses et des paroles comme pour la campagne présidentielle.

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