G7, Eurogroupe : la réponse pour ce week-end ?

Par D.H. (avec agence), le 10 octobre 2008 à 15h37 , mis à jour le 10 octobre 2008 à 22h40

L'Elysée accueille dimanche un sommet de l'Eurogroupe. Les ministre des Finances du G7 sont à Washington. Le tout afin de trouver enfin une solution "coordonnée".

zapatero sarkozyJose luis Zapatero reçu le 10 octobre 2008 à l'Elysée par Nicolas Sarkozy © TF1-LCI

C'est confirmé : une sommet après le mini-sommet du G4, un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Eurogroupe se tiendra dimanche à partir de 17h à Paris afin de "définir un plan d'action conjoint de la zone euro et de la Banque centrale européenne face à la crise financière", a indiqué l'Elysée vendredi. Reçu vendredi à l'Elysée, le chef du gouvernement espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero l'avait réclamé à Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'UE pour une "action forte et coordonnée".

Plus d'infos

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, et celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso, y participeront. L'Eurogroupe compte 15 membres. A l'issue de leur mini-sommet le 4 octobre, les responsables du G4 (Allemagne, France, Italie, Royaume Uni), réunis à l'Elysée, avaient adopté une série de résolutions, sans toutefois parvenir à définir un véritable plan européen. Toute la semaine, les Bourses européennes ont continué de dévisser (lire notre article). On savait d'ailleurs, de source gouvernementale, que le président français "réfléchissait" à une nouvelle initiative européenne qu'il pourrait annoncer avant le Conseil européen des 15 et 16 octobre.

Le solution qui serait retenue dimanche, au lendemain d'une rencontre cruciale à Colombey-les-Deux-Eglises entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, pourrait s'inspirer du modèle du plan britannique annoncé en début de semaine, selon un haut responsable européen. Le plan du Premier ministre Gordon Brown prévoit à la fois une garantie d'Etat pour les prêts que se font les banques entre elles, afin d'éviter un assèchement de leurs liquidités, et une nationalisation partielle des groupes financiers en difficulté. Des discussions en ce sens auraient en effet déjà lieu entre les principaux Etats. Berlin, qui s'était opposé à un plan européen le week-end dernier, semble aujourd'hui prêt à assouplir sa position.

Au G7, sûrement des principes mais pas de plan d'action

Pour l'heure, ce sont les ministres des Finances du G7 qui sont réunis à Washington pour, eux aussi, tenter de trouver une solution "coordonnée". Les grands argentiers du Groupe des Sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon), réunis avec les dirigeants des principales banques centrales, "travaillent à l'élaboration d'une doctrine au niveau mondial", a indiqué une source européenne. Celle-ci devait consister en une "palette de solutions que certains pays ont commencé à mettre en place, d'autres pas, avec certains principes, notamment l'égalité de traitement, le fait de s'assurer que certaines décisions ne procurent pas d'avantage compétitif d'une zone par rapport à l'autre", a précisé cette source sous le couvert de l'anonymat.

"L'un des points de discussion c'est de savoir si (le secrétaire américain au Trésor Henry) Paulson est prêt à dire qu'il ne laissera pas un établissement financier de nature systémique couler et qu'il entrera si besoin au capital", a encore précisé cette source. La décision des autorités américaines de laisser la banque d'affaires Lehman Brothers déposer son bilan mi-septembre a été fortement critiquée en Europe.

Des principes donc, mais pas de plan unique pour "tous les pays", au risque de laisser sur leur faim des marchés traumatisés. La ministre de l‘Economie française Christine Lagarde, qui s'exprimait avant l'ouverture du G7 Finance, a estimé que la coordination devait impliquer "davantage que 7 pays". Mais il ne faut pas attendre "une réponse harmonisée" qui serait "la même pour tout le monde" à l'issue du G7, a-t-elle estimé. Car "chacun de nos marchés est différent en termes de taille, de réglementation, en termes d'acteurs (...) On ne peut pas appliquer la même méthode à des situations de marché différentes. Ce qui me paraît très important, c'est qu'on se mette d'accord sur des principes communs", a-t-elle ajouté. Le directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn a pour sa part plaidé vendredi pour un renforcement des institutions multilatérales à la lumière de la crise financière.

En attendant, les pays agissent seuls

En attendant, les pays prennent leurs propres mesures. En Italie, l'autorité boursière italienne a annoncé vendredi l'extension aux actions de toutes les entreprises cotées en Italie de l'interdiction des ventes à découvert, facteur de spéculation, jusqu'à la fin du mois d'octobre. Le même jour en Espagne, le gouvernement a entériné son plan de soutien aux banques, qui prévoit la création d'un fonds de 30 milliards d'euros en 2008 racheter les dettes bancaires et ainsi rouvrir le robinet du crédit fermé par la crise financière internationale, et de 20 autres milliards en 2009. Et le parlement danois a adopté en urgence un projet de loi portant sur un fonds de garantie bancaire de 35 milliards de couronnes (4,37 milliards d'euros) pour venir en aide aux banques. Et à son tour, le gouvernement belge a annoncé vendredi soir une série de mesures pour renforcer la stabilité des banques et ramener la confiance des marchés, y compris un plan destiné à faciliter les emprunts entre banques elles-mêmes. Le gouvernement allemand travaillerait de son côté à un plan de sauvetage des banques allemandes sur le modèle britannique, selon le quotidien Die Welt.

Aux Etats-Unis, George Bush a répété que les Etats-Unis allaient continuer à combattre la crise économique, assurant que les Etats-Unis travaillaient étroitement avec les autres pays afin de s'assurer que leurs actions étaient coordonnées et efficaces. Le président américain, qui s'exprimait peu avant la réunion ministérielle du G7 à Washington, a assuré que le gouvernement américain agirait de façon radicale pour résoudre la crise. Dans la foulée, Wall Street a plongé, de même que le CAC (lire notre article). "Nous pouvons surmonter cette crise et nous la surmonterons", a-t-il dit, ajoutant que le Trésor emploierait rapidement les 700 milliards de dollars du plan de sauvetage du secteur bancaire promulgué la semaine dernière. Le Japon a pour sa part proposé d'accueillir un sommet du G8 si nécessaire sur la crise financière.

Par D.H. (avec agence) le 10 octobre 2008 à 15:37
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9 Commentaires

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  • Kinou, le 10/10/2008 à 22h43

    Apres le g4 maintenant le g7 combien coute ses conneries il fallait deja s occuper des personnes qui perdait leur maison mais rien a ete fait

  • Fab, le 10/10/2008 à 22h02

    Conclusion va falloir encore se sérrer la ceinture d'un cran...perso j'ai déjà plus de ceinture depuis longtemps alors va falloir que ça bouge...

  • JP, le 10/10/2008 à 21h29

    De toute façon ce n'est un problème de riche qui ne touche que les riches !! Les 80% de la planète ont faim et la crise ne changera rien pour eux.

  • Jean-Pierre, le 10/10/2008 à 20h37

    Mon D.ieu Coluche, que tu nous manques ! On aurait eu un peu le sourire avec toi en ce moment...

  • Philou, le 10/10/2008 à 18h57

    Toutes ces gesticulations n'ont qu'un effet pervers sur la crise boursiere, preuve en est qu'a chaque intervention d'un acteur soit economique soit politique les marches degringolent.Gouverner c'est prevoir ! maintenant c'est deja trop tard.

  • Ludovic, le 10/10/2008 à 17h48

    Il y a une solution... Demandez aux 12 derniers pays entraient dans l'Europe de rembourser les aides de l'Europe et de nou renvoyer nos usines!!!!

  • François, le 10/10/2008 à 17h25

    Je suis tout à fait novice en la matière.Tout cet argent perdu...il va bien quelque part non? Merci de vos explications!!

  • CB, le 10/10/2008 à 17h11

    La situation est sérieuse mais devrait avoir le mérite d'une remise en question en profondeur des systèmes bancaire et boursier. Nous sommes confrontés à une crise du crédit et victimes de spéculations multiples mais n'oublions que le "crédit facile" et la spéculation boursière nous ont, par le passé, apportés richesses et amélioration de notre niveau de vie. Il s'agit aujourd'hui d'une correction, il est vrai sévère. Je pense par ailleurs que nous pouvons nous réjouir que cette crise éclate alors que N. Sarkozy occupe la présidence de l'Europe. On peut dire ce que l'on veut, lui reprocher tous les malheurs du monde mais il est indéniable qu'il ne reste pas les bras croisés et travaille comme un dingue pour trouver des solutions. Au final, je pense que les statuts de la France et de l'Europe en ressortiront grandis. Enfin, un souhait, pourvu que Barack Obama soit le prochain Président des Etats-Unis.

  • Plan de sauvetage a ne pas oublier, le 10/10/2008 à 16h53

    Taxer le 1pourcent logement et surtou mettre une amende a toute les agents administratif s'ayant donner un logement entre eu que justice soi faite faire sortir tout se qui n'on rien a faire dans ses logement et l'économie ira un peu mieu et redoner au rmiste c logement et au plus pauvre merci.

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