Fillon se fait l'avocat des banquiers "caricaturés"

Par D.H. (avec agence), le 14 novembre 2008 à 18h10 , mis à jour le 14 novembre 2008 à 18h26

"Les erreurs" commises par les banquiers ne justifient pas pour autant qu'il soient "montrés du doigt" et "caricaturés", a estimé vendredi le Premier ministre.

François FillonFrançois Fillon, le 14 novembre 2008 à Montaban © TF1-LCI

"Je pense qu'on est dans un pays qui aime bien montrer du doigt telle catégorie, qui aime bien se trouver toujours des responsables aux difficultés." Lors d'un débat public avec des décideurs locaux de Montauban réunis au théâtre de la ville, François Fillon a pris la défense des banquiers. Certes, ils "ont leur part de responsabilités parce qu'ils ont fait un certain nombre d'erreurs, au niveau international en particulier, en développant des produits qui n'étaient pas suffisamment contrôlables", a-t-il affirmé. Mais, a-t-il enchaîné, "les banquiers, ils font aussi fonctionner l'économie française" et "je n'aime pas la façon dont on les montre du doigt et dont on les caricature".
 
"Au fond, il y aurait d'un côté les méchants banquiers et puis de l'autre il y a les bons journalistes, les bons responsables politiques, les bons élus qui ne font jamais d'erreurs naturellement, qui sont au dessus de tout soupçon, qui n'ont que le sens de l'intérêt général, qui ne se trompent jamais", a renchéri François Fillon. "Ce n'est pas comme ça. Il y a des banquiers qui font très bien leur métier, il y a des gens qui sont extrêmement dévoués, qui ont le sens de l'intérêt général", a-t-il plaidé. Il a jugé que si "des erreurs" avaient été commises, elles étaient aussi dues à une "régulation" pas assez "sérieuse".
 
Comme il l'a fait la veille à l'Ecole supérieure de gestion à Paris -où l'un de ses fils est scolarisé - François Fillon a endossé l'habit de conférencier pour expliquer la politique anti-crise de son gouvernement et répondre aux questions de ses interlocuteurs et à l"inquiétude" que certains ont exprimée. Il s'est dit ouvert aux "suggestions" et aux "propositions" pour "adapter" les décisions déjà mises en oeuvre.

Fillon "inquiet" que les USA attendent trop

François Fillon s'est en revanche plus facilement épanché sur le rôle des Etats-Unis. Le chef du gouvernement a souhaité que les Etats-Unis n'attendent pas l'investiture le 20 janvier du président élu Barack Obama pour "prendre un certain nombre d'orientations", se disant, dans le cas contraire, "un peu inquiet" de "devoir ramer". "Je n'ai pas de conseils à donner, mais si on pouvait déjà commencer à suggérer aux équipes en place de prendre un certain nombre d'orientations, ce serait quand même très utile, parce que le 20 janvier, ça fait très, très loin, par rapport à la nécessité de redémarrer l'économie américaine", a dit François Fillon. "On voit bien qu'on a joué de malchance avec le calendrier électoral parce qu'on s'est trouvé avec un gouvernement américain qui était en fin de course, qui n'avait plus vraiment d'autorité pour agir", a-t-il estimé. Selon le chef du gouvernement, "pour que le système redémarre (...) il faut
que les Etats-Unis redémarrent". "Les Etats-Unis, c'est 30% de la croissance mondiale. Si les Etats-Unis ne fonctionnent pas, on peut toujours ramer, essayer de faire le maximum, le moteur économique international, il lui manque 30% de son volume
", a-t-il avancé.

 

Par D.H. (avec agence) le 14 novembre 2008 à 18:10
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