La TVA baissera à Londres, pas à Paris

Par F. L., le 24 novembre 2008 à 11h57 , mis à jour le 24 novembre 2008 à 18h35

Pour doper une économie minée par la crise, le ministre des Finances britannique a annoncé lundi un plan de relance comportant notamment une baisse de la TVA de plus de 2 points.

sarkozy brownNicolas Sarkozy et Gordon Brown, le 19 juin 2008 © TF1/lci

Comme prévu, le ministre des Finances britannique a annoncé lundi qu'un plan de relance allait être mis en place pour doper l'économie du Royaume-Uni, minée par la crise. S'il a reconnu que son pays connaîtrait un recul de son produit intérieur brut en 2009, à 0,75%, Alistair Darling a présenté les mesures qu'il entendait mettre en place pour compenser cette récession. Estimé à 20 milliards de livres (24 milliards d'euros), soit un peu plus d'un point de PIB, ce plan, qui sera partiellement financé par une hausse des impôts sur les plus gros salaires à partir de 2011, comprend notamment une baisse de la TVA de plus de deux points.

Au 1er décembre, la TVA passera ainsi de 17,5% au minimum autorisé dans l'Union européenne de 15%. Une mesure qui coûtera 12,5 milliards de livres. La TVA reviendra ensuite à son niveau actuel début 2010. Le ministre des Finances a également annoncé une exemption d'impôt sur les sociétés pour les dividendes étrangers, dans l'espoir de maintenir les grandes multinationales au Royaume-Uni. Des mesures qui seront partiellement compensées à partir d'avril 2011 par le passage de 40 à 45% du taux d'imposition pour les revenus supérieurs à 150.000 livres par an.

L'Allemagne et la France contre

Avant l'annonce officielle du plan de relance budgétaire, le Premier ministre britannique Gordon Brown avait déjà défendu lundi l'adoption d'un tel plan pour soutenir une économie britannique qui s'enfonce dans la récession. "En faire trop peu et trop tard dégraderait encore plus l'économie" et "la meilleure manière de diminuer les impôts à long terme, c'est de doper l'économie en soutenant la croissance", avait-il affirmé, devant un parterre de patrons réunis à Londres pour la conférence annuelle de la principale organisation patronale du pays, la Confederation of British Industry.

Difficile de savoir si d'autres pays européens vont suivre l'exemple du Royaume-Uni. La France et l'Allemagne se sont dit contre, même si la Commission européenne compte proposer aux Etats membres d'utiliser cet instrument pour soutenir l'économie.  "La grande incertitude quand on baisse le taux de TVA, c'est de savoir à qui ça profite (...). Si ça profite à l'ensemble des échelons de la chaîne entre le producteur et le consommateur, ça renforce les marges. Je ne suis pas sûre que ce soit l'impératif absolu aujourd'hui", a estimé Christine Lagarde.

Pour Nicolas Sarkozy, qui s'est exprimé après sa rencontre avec Angela Merkel à Paris, "cette baisse généralisée peut être, peut-être, adaptée pour certains pays". "En ce qui me concerne, nous constatons une baisse des prix. Faut-il faire une baisse de la TVA généralisée alors que nous constatons une baisse des prix ? Et est-ce qu'il faut mettre les marges de manoeuvres dont nous disposons sur la baisse des prix quand la baisse des prix a lieu, ou sur ce qu'on vient de dire Angela et moi, sur l'investissement, l'innovation, la recherche, les écoles, l'éducation, la formation ?", s'est interrogé le président français. "Je crois pouvoir dire, sous le contrôle d'Angela Merkel, que nous faisons plutôt ce choix-là."

(D'après agence) 

Par F. L. le 24 novembre 2008 à 11:57
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience