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le 04 novembre 2008 à 07h39, mis à jour le 04 novembre 2008 à 08:20
les ministres des Finances de la zone euro ont admis que l'objectif, fixé en avril 2007 à un moment de conjoncture favorable, devait "être revu".
Crise financière oblige, les ministres des Finances de la zone euro renoncent à l'objectif qu'ils s'étaient fixés d'un retour à l'équilibre de leurs comptes publics en 2010 au plus tard, a annoncé lundi soir leur chef de file Jean-Claude Juncker.
Au cours d'une réunion à Bruxelles, ils sont tombés d'accord pour dire que l'objectif en ce sens qui avait été fixé en avril 2007, à un moment où la conjoncture était favorable, devait "être revu", a-t-il déclaré dans une conférence de presse. "Il doit à présent être atteint au cas par cas par les Etats membres à des dates que nous devons repousser dans le temps", a ajouté M. Juncker, sans plus de précisions.
L'ambition d'éliminer les déficits à cette date n'était de toute façon plus jugée crédible depuis plusieurs mois. La France avait déjà obtenu un report de 2010 à 2012, et même cette nouvelle date-butoir paraissait difficile à atteindre compte tenu de la dégradation de l'économie.
Par ailleurs, les ministres des Finances de la zone euro ont rejeté l'idée d'un plan de relance généralisé face au risque de récession, mais sont prêts à prendre des mesures "ciblées" et "conséquentes" de soutien à l'activité. "Nous ne pensons pas qu'il nous faudrait un plan de relance généralisé, classique", car "l'heure n'est pas à laisser filer les déficits", a annoncé Jean-Claude Juncker. Mais "il s'agit dans les différents Etats membres de prendre des mesures ciblées, temporaires et conséquentes qui porteront sur le court terme" pour soutenir la croissance, a-t-il ajouté.
Idée française fermement rejetée
Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro a ensuite fermement rejeté lundi soir l'idée française de réunions régulières des chefs d'Etat des pays utilisant la monnaie unique, pour créer un véritable gouvernement économique européen. "Il n'y aura pas de structure permanente" de ce type, a-t-il sèchement déclaré. "Je pense qu'il serait peu utile d'institutionnaliser un Eurogroupe au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement", a-t-il ajouté. Pour l'heure, seuls les ministres des Finances de la zone se réunissent de manière régulière, chaque mois, au sein de l'Eurogroupe. Un forum au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement le relèguerait au second plan.
Mais la France a créé un précédent en organisant le 12 octobre, à la faveur de la crise financière, un sommet des dirigeants de la seule zone euro à Paris pour mettre au point un plan coordonné de sauvetage des banques de près de 2.000 milliards d'euros. Le président français Nicolas Sarkozy a suscité ensuite la polémique en souhaitant renouveler l'expérience sur une base régulière, peut-être même chaque année, et en dotant cette nouvelle structure d'un président. "On ne pourra pas passer les huit prochaines années sans se réunir à nouveau" au plus haut niveau, a-t-il dit.
(D'après agence)
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